jeudi 24 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Rajen Suntoo : «Le vieillissement physique survient de plus en plus tard »
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Ludovic AGATHE  |  24/06/2010

Le sociologue et maître de conférences à l’université de Maurice analyse le comportement de la société vis-à-vis des personnes âgées.

Un nombre grandissant de personnes âgées sont envoyées en maisons de retraite, ashrams ou autres couvents. Cela n’indique-t- il pas que le Mauricien devient de plus en plus individualiste, pour ne pas dire égoïste ?

De nos jours, le vieillissement de la population prend de plus en plus d’ampleur. Il est de l’ordre de 10% actuellement. De ce fait, avec la modernisation, on voit que le modèle de la famille traditionnelle évolue vers un modèle nucléaire, avec le papa, la maman et les enfants. Ce changement donne lieu à une situation difficile pour nos aînés, où personne ne peut s’occuper d’eux. C’est tout à fait normal que les gens se tournent vers les maisons de retraite. Ce phénomène d’individualisme est un phénomène mondial. Dans les pays développés, comme la Chine, il est lié au rythme de développement. Le groupe le plus vulnérable, c’est celui des personnes âgées. La transformation économique amène également une transformation sociale. Elle apporte un changement d’attitude envers les aînés. Il devient de plus en plus difficile de concilier la vie de famille, le travail, le développement personnel et la prise en charge des aînés. Dans les années 70 et 80, la proportion élevée des femmes au foyer faisait qu’il y avait toujours quelqu’un à la maison pour s’occuper d’eux. Maintenant, tout le monde est obligé de travailler.

Les pensions ou autres allocations financières sont-elles nécessaires pour assurer la prise en charge des personnes âgées, qui est, pour certains, un devoir moral ?

S’occuper de ses aînés est une chose normale. C’est une formule de Welfare State que nous devons garder. Ces personnes ont travaillé pour moderniser le pays. Il serait normal que maintenant on s’occupe d’elles. Je suis d’avis que l’aspect économique et social doit revenir à l’Etat. La famille mauricienne change et l’Etat doit s’en rendre compte et composer avec ce changement.

Même si des aides financières sont allouées, il n’y a pas moyen de garantir que les vieilles personnes touchent leur pension, d’où le besoin de sensibiliser la population, surtout les jeunes à l’école. Il faut leur montrer la valeur de ces vieilles personnes. Il faut changer les attitudes par rapport au bien-être des personnes âgées. Un travail qui nous concerne tous. Il s’agit de nous, Mauriciens de la société civile, dans les organisations non-gouvernementales, et ce à travers les médias, entre autres.

Comment le rôle joué par nos aînés dans la société est-il appelé à changer ?

Nous devons réaliser que si le vieillissement est quantifié d’après l’âge de la personne, il n’est pas psychologique. La preuve : nos principaux leaders politiques ont plus de 60 ans et sont toujours fi t for duty, comme on dit. Le vieillissement physique lui-même survient de plus en plus tard. Nous devons donc trouver de nouveaux systèmes pour les «recycler». Par exemple, dans le cadre de la campagne nationale de computerisation, on aurait pu former nos aînés au tele-working, comme c’est le cas à l’étranger. On pourrait également permettre aux gens de choisir de prendre leur retraite plus tard. On peut aussi créer un Crisis Management Team, sorte de comité des sages. Ils ont l’expérience, ayant vécu des situations difficiles. On pourrait se servir de leurs idées, car ils ont encore les aptitudes pour agir en conseillers.
Je ne dis pas qu’il faut exclure les jeunes mais considérer les idées des aînés comme des garde-fous pour lutter contre les fléaux qui rongent la société. Ces personnes âgées ne doivent plus être considérées comme celles qui vont déposer les enfants à l’école. Dans un pays en pleine mutation, nous avons encore besoin d’eux.

Propos recueillis par Ludovic AGATHE

    

Commentaires

Par:-Tryptophan
We have to look at the statistics which indicate that people are living longer, and also that there is an increasing number of the elderly people whose off springs have become too old to look after them. Our attitude should be one of accepting the facts that such people (or families) will need to be cared for by the state, or private care sector.
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus