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Jean Daniel Camoin : « Les dettes liées aux cartes de crédit ont augmenté de façon considérable »
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(Source : l’express iD – mardi 22 juin)   |  22/06/2010

Le président de l’Association pour la protection des emprunteurs abusés (APEA) tire la sonnette d’alarme sur le surendettement des familles mauriciennes. 

● Quel est le rôle de l’APEA ?

JDC: L’APEA est une organisation qui a été fondée il y a une vingtaine d’années par Marga Koenig et Gérard Maillaté et qui regroupe des bénévoles engagés dans la lutte contre le surendettement. Notre mission est essentiellement de sensibiliser la population aux causes du surendettement mais également aux conséquences néfastes qu’il peut avoir. Nous avons, grâce à la collaboration du ministère de la Femme, la possibilité d’animer des causeries dans les Women Centres à travers l’île mais également au sein d’entreprises privées. Nous avons l’intention de démarrer une vaste campagne de sensibilisation contre le surendettement dans les semaines à venir et nous bénéficions de l’apport de quelques sponsors pour mener à bien ce projet.

● Comment définiriez-vous le surendettement ?

Une dette n’est pas un mal en soi si elle est contractée par une personne en fonction de ses moyens et si elle est utile, par exemple, à investir dans un logement ou des études supérieures. Le surendettement survient quand les dettes s’accumulent et que les difficultés financières deviennent insurmontables. Si l’on se fi e aux normes internationales, une personne est considérée comme étant surendettée lorsque les mensualités qu’elle doit payer pour s’acquitter de ses dettes sont supérieures à 40% de ses revenues ou quand elle est contrainte de contracter un autre emprunt pour payer une partie de ses dettes. Une telle situation donne lieu à un cercle vicieux duquel il est très difficile de sortir.

● Quelles sont les causes principales du surendettement à Maurice et qui en sont les principales victimes ?

Les achats à crédit représentent, selon moi, le facteur principal qui mène au surendettement. Des campagnes publicitaires efficaces poussent un grand nombre de consommateurs à faire des achats impulsifs. Ceux-ci font souvent preuve d’un manque de discernement et de responsabilité et certains d’entre eux ont tendance à contracter des dettes de plusieurs magasins ou compagnies de crédit en même temps. Ce sont majoritairement des individus à faibles revenus qui sont malheureusement victimes de cette situation.

L’on note également que les dettes liées à l’utilisation des cartes de crédit ont augmenté de façon considérable ces dernières années. Selon une étude de l’Institute for Consumer Protection, 77% des utilisateurs de ces cartes seraient endettés. Les cartes de crédit sont très pratiques mais il faut les utiliser avec prudence, surtout quand on a plusieurs cartes, vu les taux d’intérêt très élevés sur les facilités de caisse.

(Source : l’express iD – mardi 22 juin)

    

Commentaires

Par:-creditslip
L’APEA devrait axer sa campagne sur les pratiques abusives des émetteurs des cartes de crédit. S’il y a une réforme des plus pressantes c’est bien une législation sur les cartes de crédit pour encadrer les modalités de cet important canal d’allocation et de distribution de crédit. Le nouveau Ministre pour la protection des consommateurs devrait s’y atteler sans tarder. A présent, l’octroi des cartes par les banques à Maurice se résume à un contrat avec de petits caractères, à peine lisibles que la majorité de [futurs] détenteurs ne fait que le signer sans prendre connaissance des nombreuses conditions qui y figurent…. Leur facturation et tarification se font par cycle mensuel et le taux de remboursement minimum est de 5% de la créance. Avec cette dernière facilité il faut faire donc très attention aux conséquences du taux d’intérêt [composé] qui est en moyenne de 2% par mois, frappé sur le solde quotidien, lesquels intérêts sont facturés au bout du cycle. Et que dire des commissions additionnelles perçues pour les retraits en cash (presque 2%) et les pénalités imposées pour excès des plafonds autorisés (même par une roupie) et pour les retards de remboursement (même d’un jour). En outre, les commerçants se plaignent des commissions perçues par les banques qui sont calculées ad valorem sur les transactions par carte. Peu importe la valeur, qu’elle soit de Rs 1000 ou Rs 50000, cette commission devrait fixe, puisque le coût d’opération par transaction reste uniforme. Pour rappel, la banque centrale indique qu’au 31 mars 2007 l’encours de dette personnelle des cartes bancaires était de Rs 1,040,569,582 pour atteindre Rs 1,279,790,517 [2008] Rs 1,371,111,650 [2009] et Rs 1,438,070,416 [2010] soit une progression de 38% en 3 ans, ce qui dépasse de loin le taux d’augmentation des salaires individuelles…..
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