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« Un chef de gouvernement doit accepter les différences de vues »
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L’Express Dimanche  |  06/06/2010

Ambroise Pierre :Responsable du bureau Afrique de Reporters sans
frontières (RSF
)

Comment réagissez-vous au boycott dont le groupe La Sentinelle fait  actuellement l’objet ?

Nous étions conscients des formes de boycott que subissait la Sentinelle depuis 2006, mais nous n’avions pas réagi publiquement jusque-là, estimant que la situation pouvait un jour s’arranger. Au début de cette semaine, nous avons été alertés sur les nouvelles mesures discriminatoires touchant votre groupe de presse (atteinte au droit d’accès à l’information pour vos journalistes et annulation des abonnements à l’express pour nombre de services de l’Etat). Dans un communiqué rendu public, nous avons  évidemment apporté notre soutien au groupe La Sentinelle et avons appelé les autorités à cesser de vous stigmatiser.

L’île Maurice a toujours été un bon élève de l’Afrique en matière de démocratie. Comment expliquez-vous cette tendance à la restriction de la part de l’Etat ?

En matière de respect de la liberté de la presse, l’île Maurice ferait presque figure de modèle sur le continent africain. Mais la crise qui oppose les autorités et La Sentinelle prouve cependant que les acquis sont fragiles. Le contexte postélectoral explique en partie la tendance du gouvernement au contrôle de l’information. Mais en partie seulement. En réalité, le différend entre les  responsables du groupe La Sentinelle et les autorités, au premier rang desquelles le Premier ministre, date depuis un moment. Et ce à quoi nous assistons n’est qu’une aggravation d’une situation déjà problématique. Nous avons la ferme impression que le Premier ministre souhaite régler ses comptes avec ceux qui le dérangent. Ce n’est pas une attitude qui l’honore. Un chef de gouvernement doit prendre de la hauteur et accepter les différences de vues. C’est pourquoi nous l’appelons à revoir son attitude actuelle.

Quelle est l’attitude responsable que les uns et les autres (Etat et groupe de  presse) devraient adopter pour évoluer vers une solution saine ?

Pour le groupe de presse, l’attitude la plus saine est de poursuivre dans la voie d’un journalisme responsable, non-partisan et respectant l’éthique de la profession. Nos recommandations se tournent plutôt vers les autorités qui doivent être conscientes que leur comportement actuel est dangereux pour l’état des libertés à Maurice. Une démocratie saine est une démocratie dans laquelle les opinions, aussi critiques soient-elles, peuvent s’exprimer  librement. En boycottant ainsi un groupe de presse important, le pouvoir démontre sa crispation et les limites de sa tolérance. S’il veut être en accord avec l’image de modernité qu’il véhicule, le gouvernement de Maurice ne doit pas céder à ce genre de tentations répressives.

    

Commentaires

Par:-jacky
Cher ami, sache que le PAPA de notre PM qui était aussi PM disait a un proche collaborateur, en l'occurence le défunt Marcel Mason, qu'il ne fallait pas permetre a son fils de faire de la politique et de devenir eventuellement PM.
Par:-Mario
Le PM ne peut rien faire car c'est Pravin qui a le pouvoir dans ce nouveau gouvernement là.Ecoutez, c'est facile de voir les choses,si Sithanen a eu un coup de pied ........sans aucune bonne raison,c pas le pm qui est en derrière tout ça, c'est Pravin avec le pouvoir de son argent. Ddsi Pravin dire, nou boycott la sentinelle, Navin pas capave dire non,sinon tibonome leve paker aller avec so banne ministres.Just too bad Navin, you are stuck.
Par:-Jacques
Je considère qu'un gouvernement qui boycotte ou qui fait pression sur la presse est un gouvernement faible. Quand un gouvernement est fort, il ne craint pas les critiques, car il sait qu'il peut répondre.
Par:-Patriote
Depuis 2006, les publications du groupe La Sentinelle font l’objet d’un boycott systématique de la part du gouvernement. Elles n’ont plus droit à la publicité de l’État. Les ministères, les corps para-étatiques, les bibliothèques, Air Mauritius, Mauritius Telecoms, et autres organismes gouvernementaux n’achètent plus l’Express et autres publications du groupe. Et pour couronner le tout, les journalistes sont interdits d’accès au Ministère des finances pour couvrir une conférence de presse du ministre. Toutes ces mesures ont foncièrement un caractère anti-démocratique. Ces actes d’intolérance constituent une violation de la liberté d’expression. C’est aussi une atteinte directe aux droits et libertés des citoyens car ces derniers ne peuvent avoir accès à l’information diversifiée. Est-ce qu’on veut instaurer l’homogénéisation de la pensée collective? D’autre part, on oublie que c’est l’argent des contribuables qu’on utilise pour payer des espaces publicitaires dans les journaux. Ce sont les impôts prélevés des citoyens et des entreprises que l’État utilisent pour financer ces mêmes publicités dans la presse. La discrimination envers un groupe de presse ne devrait donc pas se faire. La liberté d’expression, le droit à une opinion différente et la libre circulation de l’information sont des principes fondamentaux des systèmes démocratiques. Une presse libre et indépendante est une des conditions nécessaires pour le bon fonctionnement de la démocratie. C'est, en tout cas, du pouvoir politique que viennent, partout dans le monde, quelques-unes des pires menaces à la liberté de la presse. Non. On n’est pas en Afrique, où certains dirigeants politiques utilisent le même procédé pour museler la presse. Le pouvoir politique en place, applique comme promis, une politique «de retour de manivelle» contre ses opposants. On ne peut pas accepter cela dans une démocratie. La liberté de critiquer ses opposants doit être respectée. Les politiciens qui se disent démocrates doivent montrer leur grandeur d’âme et accepter la critique avec aisance. Vive la liberté de la presse Vive la démocratie Patriote
Par:-jean
M. Ambroise Pierre a raison, sauf que les princes qui nous gouvernent n’ont pas intérêt à consolider la démocratie telle qu’elle existe dans les vraies démocraties. Ils ont plutôt tendance à imiter la République ‘démocratique’ de la Corée du Nord. Nous avons déjà la MBC qui ressemble plus à Radio Pyongyang que la BBC ou CNN. Nos dirigeants politiques de tous les bords s’inspirent plutôt de Mugabe, Ahmadinejad ou Khadafi. Combien se comportent comme des hommes d’Etat dignes de ce nom ? Combien de nos ministres pourraient faire face à Larry King, Tim Sebastien ou Stephen Sackur ? Oh pardon ! J’ai oublié de préciser que ces messieurs sont de CNN et la BBC car la majorité de nos ministres ne connaissent pas ces journalistes étrangers qui font leur métier avec honneur et dignité…. sans les fils des marionnettes
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