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Le bout du tunnel
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Par:-  par Raj MEETARBHAN

On 18/03/2010

Il aurait été irresponsable de bloquer plus longtemps la situation à Triolet. L’exaspération des esprits était à son comble vis-à-vis d’un Premier ministre qui demeurait intransigeant face aux revendications des planteurs en grève de la faim depuis 29 jours.

La nervosité s’est manifestée notamment à travers un incident qui a opposé, hier, un jeune habitant du Nord, Parvez Rostom, à Navin Ramgoolam. Cela s’est passé alors que le Premier ministre quittait l’auditorium du Lady Sushil Ramgoolam SSS à Triolet, après une cérémonie offi cielle. Le jeune homme l’a apostrophé pour le convaincre de négocier avec les grévistes. La conversation a dégénéré et l’interlocuteur du Premier ministre a dû être embarqué par la police.

En vérité, le Premier ministre a levé le verrou, hier, et ouvert la voie à une sortie de crise. Bien sûr, le gouvernement devait sauver la face et éviter des négociations directes avec les grévistes de la faim. Il a donc proposé un mécanisme ingénieux pour sauver les apparences mais l’objectif principal des grévistes est atteint. Leurs griefs seront entendus par les autorités. C’est une infl exion signifi cative de la position gouvernementale. La crise est vraisemblablement désamorcée. Il y a deux semaines, le Premier ministre tempêtait encore: «To pa koné ki si to pa manzé to pou crevé.»

La solution annoncée est la mise sur pied d’une instance de médiation. Deux techniciens, Alain Noël et Jairaj Ramkissoon, respectivement président et directeur du «Food and Agricultural Research Council» (FARC), un organisme public, ont été délégués par le gouvernement pour vérifi er si les planteurs grévistes avaient effectivement cultivé leurs terrains avant leur réappropriation par l’Etat. Si seulement ces deux assesseurs avaient été nommés depuis que les planteurs ont commencé à réclamer un dialogue, il y a bien des souffrances humaines que l’on aurait évitées.

Il y a deux enseignements importants à tirer de ce psychodrame qui aura poussé un grand nombre d’entre nous à retenir notre souffl e car on a pensé au pire. D’abord, cette petite poignée de planteurs anonymes n’a bénéfi cié d’aucun relais d’opinion. Ni les syndicats, ni les partis d’opposition, et encore moins les « sabhas » et les ONG socioculturelles, ne se sont montrés solidaires de manière active avec les grévistes. De peur de se mettre à dos un pouvoir revanchard ? Il faut, tout de même, souligner la position forte adoptée hier par un collectif mené par Jean-Maurice Labour et Jack Bizlall.

Ensuite, nous avons pris conscience d’une faiblesse importante de notre démocratie. Le dialogue social est en panne. Il n’y a pas de canaux de communication effi caces entre le pouvoir politique et la société civile. Les personnes lésées doivent disposer d’autres moyens de se faire entendre que
de risquer leur vie.

 

 


Commentaires

Par devo
Mar 20, 2010
Etes-vous profondement sincere pour souhaiter que les sabhas ou autres groupes socio - culturels apportent leurs soutiens a ses irresponsables parce que quelqu'un de quelque part aurait eu un parfum de communalisme la-dedans ?
Par rabin
Mar 19, 2010
Effectivement Burn-it ,et de la germera l'esprit du terrorisme
Par democrate
Mar 19, 2010
Quand les victimes de l’injustice étatique sont mises au pied du mur, elles ont trois options : recourir à la violence, se résigner à leur sort ou protester par une forme de non-violence comme la grève de la faim. Le recours à la violence n’est pas imaginable dans notre société parce qu’elle n’a pas de tradition de lutte armée contre les oppresseurs. La résignation est une voie suicidaire. Alors il reste l’arme de la protestation non-violente, laquelle est utilisée en dernier recours après l’échec de toutes les démarches de persuasion, de négociation ou de médiation. Nos gouvernants ont tout à apprendre en matière de résolution de contentieux ou de conflits (dispute or conflict resolution). Les ex-planteurs de Riche Terre ont eu recours à la grève de la faim parce que le gouvernement n’a jamais voulu dialoguer avec eux. On leur a fait une offre de compensation dérisoire: à laisser ou à prendre. Le gouvernement pense qu’il a toujours raison et que c’est lui qui dicte le montant de compensation en cas d’expropriation de terres pour des besoins de développement. C’est une attitude arbitraire. Le plus grave, c’est que cette approche unilatérale est toujours utilisée contre les gens faibles dont les moyens de subsistance sont menacés par un Etat dominateur. Les victimes de la vente à la barre de maisons hypothéquées ont abandonné leur lutte pour la justice parce que le gouvernement s’est résolument placé dans le camp des usuriers rapaces. En revanche, lorsque des entreprises poussées au bord de la faillite par la mauvaise gestion ou les malversations financières de leurs gérants demandent l’aide de l’Etat, le gouvernement vient à leur secours sans poser des questions. Le prétexte utilisé est qu’il faut sauvegarder l’emploi. Pourquoi ne veut-on pas sauvegarder la subsistance de certains planteurs ? Ils ne demandent pas la terre et le ciel, mais une compensation juste qui leur permettrait de survivre. Ce même gouvernement ne rate aucune occasion de donner gratuitement à ses partisans des terrains de l'Etat, lesquels sont par la suite reloués ou revendus à des étrangers dans des transactions louches qui rapportent des millions de roupies à leurs bénéficiaires.
Par Emiliano Z
Mar 19, 2010
Maybe a team of troubleshooters comprising retired citizens of good repute could be retained to mediate and report to government on sticky situations such as this in the future. To nip it in the bud, so to speak. Again, Bizlall is in the eye of the storm lending a hand. Good to see. Hope this sad and sorry affair can be resolved soon for the sake of the desperate few risking their lives.
Par brijjb
Mar 18, 2010
If only Ramgoolam had taken this wise decision to negociate and review the matter with the “grevistes” ealier, he would have been praised by many. But today it is only proving that government shows signs of giving up when pressure is exerted upon it. Thus, exerting pressure is quite fruitful in our system! To be remembered that this is not the first time. Sometimes back, we witnessed a comparable situation when Jayen Chellum went on strike. Concerning the Azaan case, the government had to even go against the verdict of a magistrate when pressure was exerted.
Par Triptophan
Mar 18, 2010
Le bout du tunnel, je le crains, reste plus sombre que minuit. A moins que nous tournions le dos au capitalisme global.
Par Baltazar
Mar 18, 2010
Céder quand on est fort ne veut pas dire s'abaisser. D'après les derniers sondages, la côte de Navin Ramgoolam a pris l'envergure d'un "banker", ce qui lui est méritoire et il a commencé trop tôt de se flatter qu'il se sent vraiment fort , va résister aux chantages . L'inaction de l'opposition, des syndicats, des ONG's et les Sociaux-Culturels ne fait qu'approuver cette force. C'est aprés 28 jours de grêves de la faim qu'un comité de sauvetage se présente et Navin ne résiste plus. Pourquoi avoir attendus aussi longtemps ? C'est l'opinion, la solidarité du peuple et la volonté déterminée des grêvistes qui se sont montrés plus fort, non pas ces hypocrites qui nous dirigent . Espérons que ces mêmes citoyens apprendrons à choisir ceux qui ont le sentiment humain de diriger.
Par PLOUM PLOUM - HUNGER STRIKE = BLACKMAILING
Mar 18, 2010
There is only ONE outcome for those on Hunger strikes. You MUST GIVE in to their BLACKMAIL. HOW CAN YOU NEGOTIATE WITH A KNIFE UNDER YOUR THROAT? Sadly there will be no end to this despicable behaviour. There is no place and should never be a place for Hunger strike in a TRUE DEMOCRACY because as we have seen, there is no other way BUT to GIVE IN to the BLACKMAIL. THE IMPRESSION I GET FROM READING YOUR PIECE RAJ, is that you are advocating COMPULSORY HUNGER STRIKE to resolve socio-political problems.. What kind of society and democracy we live in, if the two sides in any disputes cannot talk to each other around a Table but one side deems it convenient to blackmail the other side by having recourse to Hunger strike.
Par Garam Masala
Mar 18, 2010
Un petit groupe de planteurs sans voix, démunis et frêles a pu faire trembler et fléchir le seigneur léonin qui nous gouverne du haut de sa puissance et de son intransigeance. Lire le texte intégral dans notre rubrique TRIBUNE (voir notre page d'accueil).
Par Eglise
Mar 18, 2010
Eski L'Eglise et Bizlall fine reveillé seulement lere zotte pe comprend ki negociation alliance Ptr-MMM pe alle dans maillé. Et lere la decide pou mette presion lor Gouvernement? La coincidence est drôle. C'est la question que l'on se pose. Eski si causer alliance ti pe continuer Bizlall ek l'Eglise ti pou leve la voix? D’autant ki tou dimoune conner ki quelques temps de cela, L’Eglise tip e mette pression lor GM lor zaffaire langage creole dans l’ecole et lor la aussi ti ena silence l’ Eglise lere causer alliance ti pe derouler.
Par Prakash
Mar 18, 2010
Il est vrai que cette greve de la faim des ex-planteurs de Riche-terre n'a pas attité la sympathie auprès de la grande majorité de la population ou des autres 'sabha' pour divers raisons, et qui ne veulent pas tourner le dos au regime, selon les dires memes de Raj Meertabhan. Mais que s'est-il passé au sein des oppositions? Eux aussi ont presque tourné le dos a ces pauvres grevistes de la faim. La seule question que je me pose: pourquoi l'opposition ne veut pas tourner le dos au gouvernement ?
Par citta
Mar 18, 2010
Enfin on peut dire qu'on pourra enrichir et satisfaire ceux qui ont de l'audace . Bientot je vais payer les impots . Quel exemple pour les autres citoyens !
Par Burn-it
Mar 18, 2010
C'est bien triste à dire, mais la grève de la faim est devenu le seul moyen de se faire entendre, surtout pour ceux qui n'ont pas de pouvoirs...
Par jimmy
Mar 18, 2010
Tout a fait. Il faut d'autres moyens que des greves de la faim a repetition..Qui est derrière cela, a qui profite tout cela? Voila a chaque fois que des etrangers investissent a Maurice, les gros palto locaux , notamment blancs, sement le macadam... on peut rien faire ici, car tout est entre les mains du grand capital. Voila que les touristes commencent a comparer avec la Martinique, et sont peu enclin a venir sur notre ile...bientot pas greve de la faim, mais mort de la faim pou ena, Raj
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