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Aline Wong : «Il faut faire l’éducation de l’électorat»
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Nazim Esoof  |  17/05/2010

C’est une Aline Wong toute riante, tout enjouée, qui nous a accordé cet entretien. En effet, son discours est comme ponctué des rires d’un enfant qui vient de vivre une formidable expérience. D’ailleurs, la chef d’entreprise et femme engagée dans l’«empowerment» des femmes confirme que c’est l’expérience d’une vie.

● Que retenez-vous de cette participation à une joute électorale ?

C’est un challenge que j’ai relevé. C’est une expérience extraordinaire en tant que citoyenne. J’ai eu la chance de découvrir la profondeur de mon pays. J’ai aimé ce voyage. Quelqu’un peut vous raconter son expérience, mais lorsque vous la vivez, c’est totalement différent. C’est un projet de ma vie qui sera profondément ancré en moi.

J’ai surtout découvert des zones vulnérables où il y a beaucoup de choses à faire. On parle souvent de cette nouvelle économie où le soleil brille pour tout le monde. J’estime qu’il y a encore du chemin à faire avant d’y parvenir. Ces élections m’ont permis d’être plus en contact avec la société. A présent, il va falloir assurer la mise en oeuvre de manière efficace du projet de société que nous avons proposé aux électeurs. Assurer aussi son monitoring et effectuer des évaluations. Pour ma part, je continuerai à oeuvrer pour l’empowerment des femmes et dans le secteur des Petites et moyennes entreprises afin que la femme obtienne plus d’indépendance d’un point de vue économique.

● Comment se sont comporté vos adversaires vis-à-vis de vous ?

Je déplore et dénonce toute cette campagne communale vis-à- vis de ma candidature. Malgré le code d’éthique que nous avons signé, je constate que nos adversaires ne l’ont pas respecté. J’espère qu’il y aura des sanctions sévères. Je note que cette année, nous avons eu des élections plus communales qu’avant.

● Soyons honnête. La campagne communale, tout le monde la pratique…

Justement, il faut des sanctions. J’espère qu’en 2015, nous aurons un code d’éthique qui aura force de loi. J’espère, de mon côté, contribuer à apporter des changements et que l’Electoral Supervisory Commission écartera les obstacles qui font que les candidatures féminines, mais aussi masculines, ne soient pas aussi difficiles. Quand on dit qu’on est des professionnels, il y a certains comportements qu’on ne peut pas avoir. Utilisons notre énergie pour un débat d’idées qui est bénéfique à la population.

● Pensez-vous réellement que les choses peuvent changer ?

En 2015, nous aurons quelque 100 000 nouveaux électeurs. Il y a plus de chances de faire avancer dans le bon sens l’espace politique car les jeunes n’accepteront pas certaines pratiques. Je crois beaucoup dans ce nouvel électeur.

● Pourquoi avoir choisi le Parti Travailliste pour votre baptême de feu ?

J’ai choisi la stabilité et un projet de société. Je trouve aussi que son leader est un rassembleur.

● Est-ce que le regard des gens a changé sur vous depuis que vous vous êtes engagée en politique ?

Une partie d’entre eux m’a demandé ce que j’étais allée faire dans cette toile d’araignée. Une autre a trouvé que j’avais bien du courage. Enfin, certains m’ont demandé si je vais bien pouvoir assumer mon image de politicienne. Pour moi, c’était un défi. En tant que consultante pour l’Organisation des Nations Unies sur l’empowerment des femmes, j’ai eu l’occasion de faire un Concept Paper sur ce thème pour les femmes de l’océan Indien l’année dernière. J’ai pu approfondir ma connaissance en politique à travers ce travail. Et lorsqu’on m’a proposé d’être candidate, je me suis dit que j’allais pouvoir vivre la politique en vrai. J’ai acquis de l’expérience empirique.

● Pensiez-vous que vous alliez vous engager en politique?

Mon prof de General Paper l’avait prédit lorsque j’avais 17 ans. Je gagnais à cette époque tous les prix des débats au collège et au niveau inter-collèges. Il m’a dit que je serais une grande politicienne !

● De quelle manière votre vie a-telle changé suite à votre engagement en politique?

Je suis beaucoup plus populaire ! Et les gens croient que j’ai une baguette magique. Moi, je leur dis que c’est à eux de se prendre en charge. Il faut qu’ils fassent le choix de s’en sortir d’abord. Lorsque des électeurs m’ont interpellée durant la campagne, c’est le discours que je leur tenais. Il arrivait à mes colistiers de me dire qu’il fallait simplement répondre qu’on allait voir tout cela plus tard. La politique à Maurice, c’est être complaisant. Moi, je ne la conçois pas de cette manière.

● Les électeurs sont souvent des opportunistes…

Maintenant, je comprends mieux lorsqu’on dit qu’on va recruter des colleurs d’affiches. Il faut faire l’éducation de cet électorat. Il a la responsabilité d’élire un gouvernement qui va diriger son pays. Si cet électorat ne connaît pas l’importance de ses trois croix, il se fait manipuler. Il faut qu’il prenne conscience que son droit de vote est sacré. Sincèrement, je suis confi ante que cela changera avec le temps. Cette expérience me permettra de contribuer à la sphère politique, en termes d’actions et de réflexion, sur ce que devrait être la politique en 2015 et 2020.

● On dit qu’il y a beaucoup d’argent qui circule durant les élections…

C’est la raison pour laquelle je dis qu’il faut renforcer le code d’éthique. Lorsque l’un ne dépense pas d’argent, l’autre le fait. Et cela devient un cercle vicieux. Pour réussir en politique, les critères les plus importants actuellement sont le communalisme, l’argent, les astuces électorales et en dernier, la compétence. Or, il faut que la compétence prime.

● Les candidats battus disent souvent qu’ils continueront à occuper le terrain. Est-ce votre cas également?

Je me vois plus citoyenne. J’ai toujours mis en avant des programmes nationaux. Je continuerai en ce sens. Des programmes pour toutes les circonscriptions. Et puis, étant au pouvoir, j’espère mettre un peu de mon grain de sel désormais.

● En tant que citoyenne, quelles sont aujourd’hui vos attentes de ce nouveau gouvernement?

J’espère une mise en oeuvre du projet de société que nous avons proposé et qu’il réponde aux attentes de la population. Pour ma part, je continuerai à contribuer en tant que simple citoyenne.

● Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet de société?

C’est un développement social inclusif. Il faudrait que toute la population ait accès aux ressources productives du pays. C’est-à-dire, à l’éducation, à l’emploi, à la formation, au crédit… Il y a un pont à construire entre les zones vulnérables et l’autre société. J’ai eu l’occasion, à travers cette campagne, de connaître des régions comme Vallée Pitot et Tranquebar. C’est un univers que je ne connaissais pas. Avec le porte-à-porte, j’ai découvert un autre vécu. C’est un plus pour moi aujourd’hui. C’est une expérience qui me permettra d’être plus attentive et au contact de la réalité lorsque nous préparerons des programmes. Ce sont pour des humains que nous les préparons. Or, nous ne passons pas assez de temps à leurs côtés. Si nous voulons les accompagner, il faut vraiment être à l’écoute de ce qu’ils ont à dire.

Propos recueillis par Nazim ESOOF
Photo : Veekash NARAINSAMI
(Source : l’express iD – lundi 17 mai)

 

    

Commentaires

Par:-Asani RAHIDI
C'est vraiment de L'inattendu! Demande a sadek Ruhmaly combien de réunion de la NPCC cette citoyenne indispensable a assisté depuis sa nommination sur le board et vous aurez une idée de sa "comitment" pour un changement d'hattitude a Maurice. C'est simplement de l'oppotunisme qui fait des entrepreneurs de vrais requins "gob tou". Pas plus ni moins..
Par:-Ti Kewal
Bien dit Le Sheriff. Pou ene fois mo d'accord evek toi.
Par:-Le Sheriff
Aline ma chere, tu devrais commencer pas eduquer les membres/candidats du PT pour qu'ils cessent de "bribe" les electeurs avec portables, laptops, tempos ou encore donner Rs1000 pour assister a des reunions ou encore payer Rs25,000 pour orgaiser une reunion ou encore gratter et payer les electeurs pour aller voter. Faut aussi eduquer les groupes comme VOH, et autres ... pour qu'ils cessent de se servir d'un langage sectaire, ou encore les musulmans pour qu'il vote pour un parti et non pour un extremiste. Merci et bonne chance.
Par:-Baltazar
Jincy, Aline Wong could join George Ah Yan in Mahebourg and Mauritians can have the first inter-communal experience from the smallest community. D'ont forget, there is also a big difference between town and village mentality. But you are right, not Triolet in 2015. It is too far from reality. But Aline has shown enough courage to have adventured for the first time outside the border of China Town.
Par:-Lélio Wong
Et je crierai, crierai Aline pour qu'elle revienne ( en 2015 ) Mais chère cousine, il ne faut pas aller de porte en porte dans les bidonvilles pour connaitre la pauvreté et surtout pas avec les poches vides et rien donner, même pas une assiette de mine. Voila la cause de ta défaite ! Mais je ressens de la franchise et la sincérité dans tes dires et tes intentions. Tu es la première d'un parti sortant gagnant qui parle de la pauvreté.Ton grain de sel c'est de commencer avec la société qui t' entoure ( je veux dire tous les Portlouisiens ) avant d'aventurer dans les autres circonscriptions dominées par le communalisme. Laisse ce boulot trop difficile à ton Big Boss qui se bat corps et âme contre ce fléau mais qui se laisse encore entrainé. Bon courage et bonne chance !
Par:-Jincy D'olo
Keep dreaming Aline if you think, in 2015 communal vote will be something of the past. Its here for a while, I mean a very long while. May be in 3015. That's how backwards the electorate is. The only certainty dreams will still be tax free for years to come. So keep on dreaming..lady. I would like to see you as a candidate in Triolet.
Par:-abedeen
aline wong a chaque fois ou ban collistier abdullah hossen et ossi vpm dire ki ou victime ene campagne communal de ou ban adverssaire,cest completement faux ,amene ene sel preuve lerla mo pou dakor avek zotte,mo fine alle plusieurs mitings de different parti zamais mo fine tane ene candidats mmm critik aline wnog .zotte ti p axer zot discours plitot lor a.hossen et r.beebijan.alors pas rode pretxte pou ou defaite..ou ti croire plouisien ossi bete pou vote ene dimune ki fine vine dan circonscription pendant ziste 3 semaines?.ziska ler ou pas encore conne v.pitot et tranquebar..mo ene candidats dan sa dernier election la .mo esperer ene jour mo dire ou sa la veriter en face devants le public.
Par:-SADEK RUHMALY
Bravo et domage Aline... bravo pour avoir oser... domage que il sest fallut dune campagne electorale pour que cette enfant originaire de Port-Louis decouvre lenfer des demunis de Vallee Pitot et Tranquebar.... je suggere un quota de soins medicaux gratuits aux demunis de ces bidonvilles dans des cliniques privees de la Capitale... Voile un CSR program qui injecterait une dose de credibilite' a nos neophytes qui vole au dessus des toiles daraignees parsemmees de scorpions impitoyables... bonne chance et bon eveil jqa 2015...et audela.... on voit mal ntr rassembleur emprunter la moralite dAline au sujet des financements malsains et autres instruments communal durant la campagne... la survie du Tricolore en depend que trop... sinon, les jeux etait deja fait...a ses depens....
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