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Pierre Dinan: "Sortir du mode du projet pour passer à l'action"
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Nazim Esoof  |  21/12/2008

Les mesures annoncées par le ministre des Finances ne porteront des résultats que si le pays passe du mode du projet à celui de la réalisation effective de ces projets, au mode de l’action. C’est l’avis émis par l’économiste Pierre Dinan.

Estimez-vous que nous sommes suffisamment armés, avec les mesures annoncées par le ministre des Finances, pour contenir la crise?
Il est difficile à ce stade de savoir si ces mesures vont être suffisantes car nous ne savons pas quelle va être la durée de la crise. Je rappelle, comme l’a dit le ministre de tutelle, que ce sont des mesures ciblées, flexibles et temporaires. Ce qui implique, qu’en cours de route, elles peuvent être modifiées. Elles sont fondées sur le fait que la crise pourrait arriver à terme vers la fin 2009 ou le début 2010. Elles s’alignent aussi sur les recommandations du Fond Monétaire international (FMI). Soit une politique fiscale de l’ordre de 2% du Produit intérieur brut (PIB). Dans son programme, le ministre des Finances prévoit 3.8% du PIB sur deux ans. Ce qui rejoint ce que recommande le FMI.

Est-ce que le soutien au monde des entreprises peut être efficace?
Il faut d’abord préciser que l’utilisation des finances publiques pour aider le monde des entreprises, c’est quelque chose d’exceptionnelle. Et on est dans une période exceptionnelle. De loin, il me semble que le gouvernement a ciblé les entreprises qui sont les plus touchées. Reste désormais à savoir si ce n’est pas quelque chose qui est juste jetée en l’air.


Concrètement, de quelle manière ces mesures vont-elles aider le pays?
Il y a un effort pour réduire la pression sur la population. De surcroît, il y a les gros projets d’infrastructures. Mais, je le souligne, il ne suffit pas d’aligner les chiffres. Il faut que les projets se réalisent. Qu’ils ne soient pas indûment retardés.


Est-ce que le gouvernement va pouvoir atteindre son objectif en termes de croissance?
Je ne peux répondre qu’avec des si. Si les projets d’infrastructures se font le plus rapidement possible, si les mesures offertes aux entreprises contribuent effectivement au maintien des entreprises les plus fragilisées et provoquent également des investissements nouveaux, si les banques jouent le jeu… Si toutes ces conditions sont remplies, il y a certainement de l’espoir. Il faut un effort collectif, du gouvernement, du secteur privé, des employés et du citoyen lambda.

    
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