| | L’horreur | | | | Modifier la taille du texte: | A | | | A | | |
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| | Par:- Nad SIVARAMEN
On 18/01/2010 |
La vie pullule sur ce cadavre qu’est devenu Haïti. Comment, sinon, décrire l’horreur ? Ce pays, déjà en haillons, enchaîné pendant plus de deux siècles, considéré hier encore comme un mauvais élève par l’élite internationale, nous renvoie ces jours-ci des images épouvantables. Haïti nous fend le coeur en jetant ses cadavres sur la table.
Ceux qui sont sur place, au milieu des débris de béton et de chair, ont tous ce premier réflexe : devrait-on censurer ces scènes apocalyptiques ? Et puis, ils arrivent à cette double interrogation : pourquoi détourner le regard ? Et puis comment, dans pareille situation, regarder ailleurs ?
Sous les décombres des anonymes, on distingue des familles décimées, des visages d’enfants, des missionnaires, des chercheurs(dont Georges Anglade), des diplomates (parmi Victoria DeLong), des compatriotes, des miraculés (Philippe Hein, entre autres), des voix qui s’étouffent, des personnes qui meurent à petit feu, faute de soins, dans une agonie totale. La plupart des victimes seront acheminées dans des fosses communes, séparées à jamais de leurs proches, enterrées n’importe comment, dans la vitesse et le désespoir.
Cette centaine de milliers de morts et ces millions de blessés livrés en boucle au regard du monde viennent nous rappeler que nous sommes tous vulnérables face aux forces de la nature. Certes ce qui s’est passé n’a rien à voir avec le changement climatique – le tremblement de terre étant un aléa de la terre (géophysique) alors que le changement climatique fait partie des aléas atmosphériques – mais Haïti vient brutalement démontrer le traitement qu’on réserve aux démunis de ce monde, livrés à eux-mêmes quand tout est calme, et qu’on secourt en temps de crise.
Le drame de ce monde, c’est que la voix des pays pauvres n’est pas tellement audible en l’absence d’une catastrophe. Récemment à Copenhague, par exemple. Aujourd’hui, la détonation haïtienne vient secouer le coeur même du système international.
L’ONU, déjà désorganisée, est aujourd’hui meurtrie dans sa chair. Désemparée, endeuillée, elle ne sait plus comment coordonner cette panoplie d’aide internationale et tous ces acteurs qui veulent participer à la course aux opérations de secours…
Dans une interview qu’il nous avait donnée l’an dernier, notre compatriote Philippe Boullé, qui a longtemps travaillé pour les Nations unies, nous rappelait l’importance de se tenir prêt face aux aléas de la nature.
En amont. Il nous racontait alors cette savante anecdote qui date de 1755. A la suite du tremblement de terre de Lisbonne - combiné avec un tsunami - il y eut une controverse entre Voltaire et Rousseau. Rousseau affirmait : c’est la volonté divine, on n’y peut rien. Voltaire répondit à peu près ceci : ce n’est pas Dieu qui a construit la ville de Lisbonne mais l’homme ! En termes plus modernes, ne dit-on pas « earthquakes do not kill people: buildings do».
Aujourd’hui, au 21e siècle, la science a évolué certes et nous avons des instruments et des connaissances scientifiques nécessaires pour réussir à réduire l’impact des aléas naturels, comme le Tsunami, les cyclones, etc. Mais, malgré plusieurs travaux poussés, le tremblement de terre demeure le seul aléa que l’on ne peut prévoir avec précision. En ce sens la tragédie en Haïti soulève la question de la prévention et de la gestion des risques majeurs.
Haïti n’avait rien prévu en amont. Ses bâtiments (y compris ses hôpitaux, son aéroport, son palais présidentiel) n’ont pas été construits pour résister aux séismes. Il n’est pas le seul au monde à n’avoir pas les moyens de sécuriser ses structures. Et aujourd’hui, a posteriori, avec l’élite internationale à son chevet, on ramasse les morts et on met sur pied une politique de réponse à ces risques. Et comme pour le tsunami de 2004, les promesses de dons affluent avec un mécanisme de soutien aux victimes ni efficient ni transparent.
D’où la révolte initiale dans les rues de Port-au-Prince. Haïti se doit d’être une leçon à retenir pour nous tous : on doit planifier en amont et s’attendre à ce que l’imprévu frappe. Le monde, on le constate avec les déploiements internationaux tous azimuts, semble avoir suffisamment de moyens pour aider ses habitants. Il suffit juste qu’on regarde ensemble les choses en face, sans détourner le regard. Et en passant, quelle est la politique en termes de prévention des risques naturels à Maurice ? Avons-nous, seulement, déjà songé au pire ?
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| ERIC BAHLOO | | | La catastrophe qui a frappé Haïti de plein fouet causant au moins 100 000 morts, est le pire que l'homme puisse vivre. Une horreur qui n'a d'égal qu'un génocide style Rwanda ou autre (700 000 morts).
La différence, est que la première n'était pas prémédité.
Espérons tout de même que du fond de leur malheur, toute l'aide et tout l'argent déversés sur Haïti ne servent pas à réinstaller un autre PapaDoc entouré de ses coupeurs de tête à la machette tranchante ou aille gonfler les comptes en banque d'une bande de rapaces sans scrupule. | | | Nad Sivaramen | | | C'est toujours très encourageant et enrichissant de lire les commentaires des lecteurs. Notre fidèle lecteur Yul a raison sur le prénom de notre compatriote : il s'agit bien de Patrick Hein et non de son père Philippe, aussi un ancien de l'Onu. Durant ces moments tragiques, nos pensées vont à l'un et l'autre ainsi qu'aux proches de notre autre compatriote Bhojraj Lutchmun. Quant à Georges Anglade, comme chercheur, il a fait d'Haïti le premier de ses sujets. Sa méthode pour ses recherches demeure l'approfondissement d'un cas jusqu'à atteindre sa part d'universel, puis généralisation des méthodes et théories. La question du développement et celle de la démocratie se retrouvent ainsi au cœur de sa réflexion de géographe. Il a dirigé des travaux importants, qui se situent au confluent de la géographie, de l'économie, de la démographie et de la cartographie. Anglade aussi était, entre autres, un expert international en politique d'aménagement auprès des Nations-Unies...
NAD SIVARAMEN
| | | Nad Sivaramen | | | From Nad Sivaramen
Notre fidele lecteur Yul a raison sur le prenom de notre compatriote : il s'agit bien de Patrick Hein et non de son pere Philippe, aussi un ancien de l'Onu. Durant ces moments tragiques, nos pensees vont a l'un et l'autre ainsi qu'aux proches de notre autre compatriote Bhojraj Lutchmun. Quant a Georges Anglade, comme chercheur, il a fait d'Haïti le premier de ses sujets. Sa méthode pour ses recherches demeure l'approfondissement d'un cas jusqu'à atteindre sa part d'universel, puis généralisation des méthodes et théories. La question du développement et celle de la democratie se retrouvent ainsi au cœur de sa réflexion de géographe. Il a dirigé des travaux importants, qui se situent au confluent de la géographie, de l'économie, de la démographie et de la cartographie. Anglade aussi etait, entre autres, un expert international en politique d'aménagement auprès des Nations Unies...
Nad Sivaraemen | | | Yul | | | @ JCC
Vous faites erreur. Pas de communalisme en Haiti¡ Mais il y une grande DIVISION entre les métis ( descendants des esclaves noirs mixes avec des Français ) et les descendants des esclaves tout court. | | | Choux | | | Que fallait-il faire face à ce risque évoqué le 25 septembre 2008...? Ce qu'il n'est pas possible de prévoir c'est le lieu exact du sinistre.
Aurait-il fallu :
- Evacuer la totalité d'Haïti et laisser ce territoire vide de tout occupant...?
- Faire vivre tout le monde dans des villages de toile en attendant que la catastrophe se produise...?
- Débâtir toutes les constructions ne respectant pas les normes antisismiques...?
Le délai est bien trop court entre le moment où l'on soupçonne un séisme imminent et l'instant où il se produit. Même si l'on dispose de 5 ou 10 ans, je ne vois pas trop comment protéger la population de l'ile d'Haïti.
| | | Sosie | | | Merci M.Sivaramen,il fallait quelqu'un comme vous pour dire certaines verites,esperons que votre message ne sera pas mis en veilleuse...........par les autorites........... | | | Yul | | | How to edit , if any
Cet article a beaucoup d'erreurs . C'est Patrick hein qui est le MIRACULÉ et non son père.
George Anglade , double nationali†é, est un écrivain et était professeur de géographie sociale à l'UQAM
NOTRE REPONSE: Vos observations ont été envoyées par courrier electronique a notre ami Nad. | | | JCC | | | La leçon qui bisoin tiré dans sa drame qui Haiti ine conné là c'est sa solidarité entre peuple Haitien même. Péna division ni communalisme couma éna dans nu pays. Là bas banne Haiteien , même si sotte mari pauvre, sotte fière de sotte identité et sotte pas divisé couma nu icià Maurice. Pourtant éna plusieurs réligions qui banne haitien partiqué, mais zotte p appel zotte toujours Haitien, zotte pas dire qui zotte malbar, créole ou d'autres nationalité. Sa peuple là fière de so nation, zotte éen seul peuple éne seul nation. Mauricien bisoin prends l'exemple lors patrotisme Haitien, guette sa accorité quand il sagit zotte identité. Voilà ce qui nu aussi nu bisoin faire..., vraiement éna tout enn éducation à faire à Maurice pour nu identité MAURICIEN | | | Menon R. | | | Sa text-la kpav fer nou pran consciens a ki point nou p monte batiments nimport commen dan Moris ek Rodrigues. Alle Flic en Flac ek Grand Baie ou guette enn coup ravages ki zot finn fer...si nou pa p kapav respect plan urbanist eski aster ou croire ki nou pou respecter enn strictire anti sismik...pourtan kuma Voltaire dir dan sa text la, cest zom ki construire san pens a la natir... | | | Baltazar | | | Tant que l'homme ne reconnait pas la loi du surnaturel et continue à créer des lois pour protéger ses droits il y aura des signes qui le forcera à croire. Juste ou injuste la punition est pour tous, et sans jugement .Si on peut identifier les riches et les pauvres, les justes et les injustes parmis les cadavres de Haiti, leur mort a été la même et ils sont enterré dans les mêmes fosses. Avant ce désastre Haiti a toujours été victime de la dictature, de l'exploitation et de la pauvreté. Ou étaient les anges sauveurs ? Maintenant on les voit faire la course pour mieux se positioner, l'Amérique en premier. Aimons nous les uns les autres, aprés la mort nous sommes tous poussière.Esperons que les Mauriciens prennent l'exemple ! | | | Christine Ythier | | | Texte intense et agreable a lire. Cela fait longtemps, trop longtemps, qu'on ne trouve plus les textes de mons. Nad Sivaramen en ligne...a mon humble avis, je pense que cela en vaut la chandelle...Merci Nad! | | | sabrina | | | En plus dea tempetes tropicaux, Haiiti vient d'heriter le tremblement de terre. "Ce n'est pas Dieu qui a construit la ville de Lisbinne mais l'homme. Il faut prendre des mesures de prevention apres la lecon du Tsunami et du seisme d'Haiti. Que peut on faire pour controler la nature? Il y a aussi les volcans, le rechauffement de la planete et la SECHERESSE. Les prieres a Dieu pour cette derniere n'ont pas produit un grain de pluie dans certains pays d'Afrique. On se demande si Dieu peut controler la nature. Quant a la sacheresse c'est a l'homme de trouver une solution. Mr Sivaramen, il faut laisser faire la nature. | | | s khan | | | may be this is a lesson for all islanders to bear in mind especially when mauritius seems to be going for another election with only one aim- power and money | | | Pantheon | | | Bravo Nad ! Au moins toi, tu sais de quoi tu parles, Encore une fois bravo ! | | | Burn-it | | | Je suis tout à fait daccord avec vous Nad, mais certains diront qu'il faut traiter les problèmes présents sur notre île avant de s'intéresser aux problèmes des autres. Dans ce cas-là cependant, ce n'est pas une crise qui est due à des facteurs sociaux-économiques, mais plutôt à des facteurs naturels. Et cela doit nous pousser à réfléchir étant donné que nous aussi, nous habitons sur une île... | |
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