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Alain Gordon-Gentil   |  02/04/2010

Sans cérémonie, il arrive, la démarche lente et prend place à son bureau dans l’aile droite du château du Réduit il attend la première question avec une certaine impatience. L’entretien commence lentement, tranquillement le président Anerood Jugnauth, serein, parle de généralités et puis les choses sérieuses s’amorçent. Son visage devient expressif au fur et à mesure qu’il parle du passé, des coups reçus, des traumatismes, mais aussi de la grande joie d’avoir contribué à construire l’île Maurice moderne. Graduellement, sa réserve pâlit et laisse place à cette parole verte et affirmée à laquelle il a habitué les Mauriciens. Il parle de tout : des dynasties politiques, de la presse, de son passage au «Hindu Congress », de son passage au MMM, de ses rapports avec Bérenger, avec SSR, de son enfance et par-dessus tout, du traumatisme vécu au sein du gouvernement de 1982, révélant du coup, certains faits inconnus jusqu’à l’heure et qui intéresseront sans doute les historiens.

● Entre le moment où nous avons pris rendez-vous pour cet entretien et le moment où se déroule l’entretien lui-même, il s’est passé beaucoup de choses sur le plan politique. Quel est votre sentiment devant tous ces développements ?

Je crois que tout va très bien se passer. Je suis très très optimiste. Je suis content pour l’avenir du pays.

● Vous êtes issu d’une famille très pauvre et il n’était pas évident pour un enfant issu de ce milieu social de se lancer en politique à l’époque. Qu’est-ce qui vous a poussé un jour à vous lancer en politique ?

Depuis mon enfance mon père était un bissoondoyaliste. Je veux dire qu’il admirait Basdeo Bisoondoyal. J’accompagnais mon père très souvent à ses causeries. Puis est arrivé son frère, Sookdeo, avec le IFB (Independent Forward Block) et tout naturellement je me suis rapproché. J’ai grandi dans cette atmosphère et cela m’a attiré vers la politique. Et même pendant mes études d’avocat à Londres, j’ai gardé contact avec la politique. Pour être franc, je dois vous dire que j’étais plus intéressé avec ma profession d’avocat qu’avec la politique. Et à un certain moment je voulais même entrer dans le judiciaire. Mais il y a eu les élections de 1963 où je me suis présenté et j’ai été élu sous la bannière de l’IFB.

● Vous regrettez de n’avoir pas fait carrière plutôt dans le judiciaire ?

Non, mais une chose est cependant claire. Si j’avais continué dans le judiciaire, dans la profession légale comme avocat, c’est certain : aujourd’hui, j’aurais une grosse fortune. Je n’ai pas de doute là-dessus. Je travaillais beaucoup et j’avais beaucoup de clients.

Vous voulez dire qu’aujourd’hui que vous n’avez pas de fortune ?

Enfin, non. Je ne dirais pas que j’ai une fortune, mais je ne suis pas pauvre.

Et beaucoup de choses que je possède aujourd’hui, ce sont des choses que j’ai acquises pendant que j’étais avocat.

● En 1977 vous m’accordiez un entretien au cours duquel vous me disiez que vous vous considériez comme un «politicien part-time» ce qui vous avait valu beaucoup de problèmes avec votre parti d’alors, le MMM.

Je m’en souviens tout à fait. Et d’ailleurs ensuite je l’ai dit et redit dans des meetings publics. Même quand j’étais leader de l’opposition, j’ai continué à le dire. Que j’avais une profession qui assurait l’avenir de ma famille et que c’était ça le plus important.

● Quand on voit votre carrière politique, 16 ans comme Premier ministre, 7 ans comme président de la République, c’est pas mal pour un politicien «part-time».

Oui, c’est comme ça. C’est mon destin. Je le dis toujours : vous ne pouvez pas échapper à votre destin. Je vous le redis : je n’ai jamais eu ni l’envie ni l’ambition de devenir Premier ministre ou président. Cela ne m’a jamais même effleuré l’esprit. Les circonstances m’ont emmené là. Quand je suis entré dans le MMM et qu’on me demandait de devenir le président du parti, j’ai tout le temps refusé. On m’a presque forcé à le devenir. Certains disaient que j’avais un rôle historique à jouer et des choses de ce genre. Moi, ce que je disais était simple : je suis venu pour aider autant que je peux, mais je garde ma profession.

Et alors on m’a dit non ! Il y avait Bérenger, De L’Estrac etc. Il faut prendre des responsabilités au sein du parti qu’ils m’ont dit.

● Avez-vous compris ce qu’ils voulaient dire quand ils parlaient de votre rôle «historique» ?

Quand je regarde en arrière maintenant, je dirais Excusez-moi, je vais être bien franc là-dessus, ma conclusion aujourd’hui c’est que, très probablement, Bérenger avait un hidden agenda et il se servait de moi. Et nous savons tous ce qui s’est passé après.

● Par «historique» on voulait dire que vous étiez un hindou et que vous pouviez jouer ce rôle. Est ce exact de le dire comme ça ?

C’est exactement ça. Ils trouvaient que j’avais le profil pour être présenté comme Premier ministre.

● Donc, on se servait de vous, vous en êtes conscient et vous jouez le jeu ?

Non. Je n’en étais pas conscient. Je vous fais cette analyse aujourd’hui plus de 30 ans après les faits. Mais, sur le moment, non, j’étais vraiment très sincère et je n’avais aucun doute sur la sincérité de Bérenger. Quand je look back je me rends compte que personne n’avait cette sincérité que j’avais moi. On se servait de moi. C’est pour ça que les frictions sont nées très vite quand nous sommes arrivés au pouvoir en 1982.

● Regrettez-vous cette cassure de 1982 ?

Non, non, non je ne regrette pas du tout. C’est le destin qui a fait cela.

Cette cassure a été un bien pour le pays. Un blessing in disguise. Pour être franc, le MMM essayait, tout en gardant notre constitution, notre système de gouvernement, de mettre en place parallèlement un autre système de gouvernement qui consistait à donner tous les vrais pouvoirs au Bureau Politique.

Le conseil des ministres devenant ainsi un Rubber Stamp. Ensuite comme Premier ministre, je n’avais plus aucune prérogative et je n’avais plus qu’à avaliser ce que proposait le bureau politique.

Je n’étais pas disposé à accepter ça. J’ai commencé à comprendre beaucoup de choses. Et puis, bien sûr je ne pouvais accepter de voir le ministre des Finances Bérenger dire oui, oui, oui, à tout ce que disait la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. Et puis le clou a été quand il a voulu enlever les subsides sur le riz et la farine ! Nous avions été élus pour améliorer la vie des gens et au lieu de cela nous proposions de les affamer ! C’était inacceptable ! Nous disions aux gens d’aller crever de faim !

● Avec le recul historique, peut-on dire que c’est au milieu de cette adversité que naît le nouveau Jugnauth ?

Quand j’ai réalisé ce qu’ils voulaient faire et ce qu’ils avaient en tête, j’ai été obligé de changer. J’ai pris des positions qui m’ont mis en conflit direct avec Bérenger.

J’ai vu les choses clairement.

● Vous aviez perdu votre naïveté ?

Vous appelez ça naïveté, moi non.

C’était ma sincérité. J’ai commencé à comprendre que ma sincérité n’était pas réciproque. J’ai commencé à m’affirmer, à tel point que nous avons dû aller jusqu’à la cassure. Vous disiez tout à l’heure qu’un nouveau Jugnauth était né. Pas du tout, j’ai toujours été comme ça. Les gens ne me connaissaient pas.

Et je dois dire que le premier à m’avoir mal jugé, c’était Bérenger lui-même. Il m’a complètement sous-estimé et pensait qu’il allait pouvoir me manipuler. Il pensait pouvoir faire n’importe quoi et que j’allais me soumettre.

● Pourquoi dites-vous que cette cassure était un mal pour un bien, alors qu’un gouvernement porté par un peuple tout entier, explosait alors qu’il venait d’être élu ?

Nous avons, à partir de ce moment, suivi une voie qui a sauvé ce pays. Nous avons sauvé notre système électoral alors que je peux vous dire, certains au MMM, avaient des idées bizarres sur la démocratie.

Vous voulez dire quoi ?

Peu de gens le savent et je voudrais en parler. A cette période le MMM avait de très bonnes relations avec l’Union Soviétique et la Libye. Quand je suis devenu Premier ministre, on m’a envoyé en mission dans ces deux pays, car le MMM dans sa majorité pensait que ces deux pays allaient nous aider. Je suis arrivé en URSS peu de temps après notre victoire de 1982. J’ai plaidé notre cause avec les Soviétiques.

Ils m’ont écouté avec beaucoup d’attention puis m’ont dit : «On peut vous aider, on peut vous donner beaucoup d’aide. Mais on ne peut pas donner de l’aide à un système de gouvernement qui favorisera les capitalistes et pas le peuple». Voilà la réponse que j’ai eu !

En clair, si nous faisions un système communiste, nous pouvions avoir de l’aide. J’ai été choqué ! Même chose pour la Libye, qui a proposé les mêmes choses. Et je suis revenu à Maurice avec ces réponses dans mes valises.

● Comment ont réagi les membres du gouvernement ?

Certains voulaient que nous changions notre système de gouvernement.

Non pas d’un seul coup, mais graduellement, à travers un système parallèle qui allait graduellement prendre la place de notre système westminstérien. J’étais farouchement opposé à cela. J’ai toujours dit au sein du MMM qu’il fallait accepter le système démocratique en place et que c’est avec ce système que nous allions arriver au pouvoir. Je ne voulais pas d’expériences inutiles où nous allions nous casser le nez.

● Quand on s’interroge sur votre passage au «Hindu Congress», mouvement fondamentaliste hindou, ça vous gêne maintenant que vous êtes Président de la République?

Pas du tout. Ce passage au Hindu Congress était purement stratégique.

J’étais avec l’IFB et en accord avec le Ptr pour l’indépendance. Le PMSD était le seul parti du pays qui était contre l’indépendance et il était très agressif sur le terrain. Il a fallu le Hindu Congress pour contrecarrer cette stratégie du PMSD.

J’ai rejoint le HC et j’ai me suis servi de cette plate-forme pour faire du canvassing sur la nécessité de l’indépendance.

Nous avons pu contrecarrer le PMSD.

Et puis quand cette action était terminée, je me suis retiré du Hindu Congress. Je suis revenu à l’IFB.

Y a-t-il une réalisation au cours de votre carrière politique dont vous êtes particulièrement fier ?

Rien en particulier, c’est plutôt un ensemble de réalisations que nous avons pu faire à partir de 1983 concernant le développement du pays, le progrès, le recul de la pauvreté. Je considère que cela a été un moment merveilleux de ma vie. En 1982 quand j’ai pris le pays, la situation était catastrophique. Si vous n’aviez pas de courage vous pouviez tout abandonner. Mais j’ai toujours cru dans l’avenir du pays. Dans sa viabilité économique. D’ailleurs j’étais ministre avec Sir Seewoosagur et souvent nous avons eu des divergences. J’avais l’impression qu’il était moins convaincu de la viabilité économique du pays que moi. C’est pour cela aussi que j’ai démissionné du gouvernement à l’époque.

Lui était plus concentré sur la lutte politique, sur l’indépendance. Et puis, je n’étais pas d’accord avec l’utilisation de l’argent public. Pour réussir, il faut croire dans ce que l’on fait et travailler dur. Discipline, détermination.

● Les Mauriciens sont-ils disciplinés ?

Enfin Disons qu’ils le sont un peu Pas aussi disciplinés que je le voudrais.

Je suis un peu déçu pour tout vous dire. Il n’y a pas l’enthousiasme au travail qu’il devrait y avoir. J’avais créé cette discipline je crois, mais je vois que les choses se sont calmées Il faut donner à cela un nouveau dynamisme.

Les Mauriciens connaissent votre enthousiasme, votre détermination et vos engagement passionnés. Une campagne électorale vient de commencer ce matin. Cela ne vous «démange» pas un peu de vous tenir loin de tout ça ?

Non, je connais mes responsabilités.

Et en plus j’ai fait beaucoup de campagnes

C’est bon, Assez !

● La réserve qu’impose le poste de Président vous pèse quelquefois ?

Pas du tout. Sauf quelque fois quand les journalistes m’agacent avec leurs questions, je peux sappe lor cale après dire kiksoz ki pas bizin ! ( Rires).

Vous avez toujours eu des relations très difficiles, souvent conflictuelles avec la presse. En connaissez-vous les raisons ? Méfiance naturelle de l’homme politique ou quelque chose de plus profond ?

Je n’ai jamais eu de bonnes relations avec la presse. Et ce, depuis toujours, mais surtout à partir du moment où j’ai été au pouvoir. Nos relations étaient difficiles, beaucoup de frictions. Pour tout vous dire, j’ai toujours eu l’impression, je l’ai vécu, que la presse a toujours été contre moi pendant tout le temps où j’ai été Premier ministre. Je ne sais pas pourquoi.

Mais je suppose que cette presse doit avoir ses raisons.

● Trois Premiers ministres, Sir Seewoosagur, Anerood Jugnauth et Navin Ramgoolam ont tous les trois toujours affirmé que la presse était contre eux ?

Quoi vous dire ? Peut-être que c’est une tradition de la presse Mais elle publie tellement de choses fausses

● Le père de famille, l’homme politique, est-il heureux de ce qui s’annonce pour son fils en politique ?

J’ai une autre manière de regarder l’avenir. Quand je vois mon enfance, quand je vois d’où je viens et où je suis, je me dis que c’est mon destin. Je suis heureux pour Pravind, pour ce qui se déroule.

Mais c’est lui, c’est chacun qui doit savoir conduire son destin. Chacun doit savoir faire son chemin. Et chacun atteindra ce que son destin avait prévu. Ni plus ni moins. Je crois à 100 % au karma.

Peut-on pressentir son karma, pressentir la route de son destin quand elle se présente à vous ?

Oui. Je le pense. Quelquefois il y a des choses qui vous paraissent impossibles, mais vous ressentez en vous comme un urge, une urgence à vouloir les faire, je pense que cette sensation quand vous l’éprouvez, c’est celle du destin qui vous pousse à aller plus loin.

Si vous aviez à refaire votre route, quel est le chemin que vous n’emprunteriez pas ?

En politique, je crois que je choisirais, si c’était à refaire, de ne pas entrer dans le MMM. Vous savez, j’ai dit à Pra- vind : il vaut mieux être dans caro cannes que d’aller travailler avec le MMM et Bérenger.

Ah oui ! Si j’avais à refaire une carrière je ne serais pas entré dans le MMM.

Je ne sais pas quelle autre alternative il y aurait. Mais passer encore ou je suis passé avec le MMM, jamais, plus jamais.

● C’est quelque chose qui vous a traumatisé ?

Ce que j’ai vécu de juin 1982 à octobre 1983, je n’oublierai jamais comment j’ai été traumatisé. J’aurais pu devenir fou avec ça. Il y avait des camarades qui m’ont soutenu..

● La main tendue de Sir Seewoosagur à l’époque vous a aidé ?

Oui il a été très helpful. C’est lui qui a fait le premier pas. Il a envoyé, je me souviens, Michael Glover me voir de sa part. Il m’a fait dire qu’il offrait de nous aider, il m’a dit de continuer la route, de ne pas se presser à organiser des élections et que nous allions ensuite discuter.

C’est ainsi que Sir Seewoosagur a ouvert les portes. Nous nous sommes rencontrés, nous avons discuté d’alliance avec les Travaillistes. SSR a tout de suite été d’accord avec l’idée. Et il y a eu l’alliance bleu, blanc, rouge en 1983. Et je vois aujourdhui se répéter l’histoire. SSR était à l’époque le father figure et aujourd’hui je suis un peu dans cette situation.

Vous avez été le compagnon d’armes de Paul Bérenger, vous avez longtemps cheminé côte à côte. Quel conseil l’homme de 80 ans que vous êtes donnerait-il à son ancien lieutenant ?

Aio ! Un conseil que je lui donnerais: il faut être honnête et sincère dans la vie.

Il ne faut pas avoir de hidden agenda dans les relations avec les gens. Et puis il faut pas faire du tort aux gens. Je trouve qu’il est rempli de méchanceté.

Et vous pensez, vous, qu’au cours de votre carrière vous n’avez pas fait de tort aux personnes ou à personne?

Sans doute oui. Mais jamais intentionellement.

Il ne faut pas faire à son prochain ce que vous n’aimeriez pas qu’il vous fasse. Il y a tout dans cette phrase.

C’est une philosophie que j’essaie d’appliquer dans ma vie.

● Avez-vous eu de l’admiration pour un homme politique mauricien?

Oui. Il y a un homme pour qui j’ai enormément d’admiration et d’amitié pour son intégrité, sa droiture, sa sincérité. C’est Karl Offman. Il est là dans les temps  faciles, les temps difficiles. Nous avons eu des différends, mais chacun respecte l’autre. C’est un homme rare. Très rare.

Que pensez-vous de ce qu’on appelle les dynasties politiques à Maurice. Nombreux sont ceux qui y trouvent les premices d’une république bananière ?

Je ne sais pas pourquoi on appelle cela des dynasties…

Entre les Jugnauth, les Ramgoolam, les Boolell, et peut-être bientôt les Bérenger, si son fils, Emmanuel, décidait de se lancer, il est permis de s’interroger, non ?

Je ne suis pas d’accord avec cette interprétation.

Tout simplement parce que tout cela est démocratique. Imaginons que dans une famille il y ait un père médecin, ou avocat ou professeur, souvent on voit les enfants prendre le chemin du père.

C’est normal quand on a grandi dans un milieu et que l’on a appris à aimer, à apprécier.

Alors on fait quoi ? On empêche un enfant de suivre les traces de son père et devenir médecin par exemple ? La politique c’est pareil. Sauf que pour la politique, il peut choisir ce qu’il veut, c’est la population qui choisit, par ce que c’est elle qui vote. Quand j’ai quitté le MSM, ce sont les instances qui ont choisi Pravind pour devenir leader. Je n’ai rien imposé.

Que Navin soit leader du Ptr et Premier ministre je ne trouve pas cela anormal. Demain si le fils de Paul veut suivre les traces de son père, vraiment je n’aurais rien à redire.

Vous auriez souhaité qu’il fasse de la politique ?

J’aurais souhaité qu’il en fasse, il est jeune. Ne serait-ce que pour l’avenir du MMM. Sinon ce parti n’aura pas d’avenir.

C’est bien possible que l’avenir du MMM passe par le fils de Paul Bérenger. Je n’y verrais rien à redire.

● Si la famille Jugnauth est toujours à la tête du MSM est-ce à cause du Sun Trust ? Cela vous agace cette ²question ?

Non, ça ne m’agace pas. Ma conscience est claire là-dessus. Vous savez, tous les partis politiques ont des contributions. J’ai préféré utiliser cet argent pour le parti. Je l’ai fait au vu et au su de tout le monde. Il n’y a pas de secrets dedans. Je ne comprends pourquoi les gens disent toujours: Sun Trust ! Sun Trust, Sun Trust ! Il n’y a rien de mal dans ce que j’ai fait. Les autres partis n’ont qu’à faire la même chose.

Vous avez parlé avec une certaine amertume de vos rapports, de vos differends avec Paul Bérenger. En 2000 vous vous retrouvez avec lui et vous avez gouverné ensemble Comment faire comprendre ces choses à un homme normal ?

C’était purement tactique. En 1991 Bérenger voulait contracter une alliance avec Boolell. Uteem, De L’Estrac et Nababsing n’en voulaent pas. J’ai envoyé Satcam en mission à l’étranger et pendant qu’il n’était pas là, j’ai signé un accord avec le MMM et Bérenger.

Quand vous concluez cette alliance, vous faites la même chose que vous reprochez à Bérenger: vous avez un «hidden Agenda»

Je n’ai pas honte, oui, je dois le reconnaître.

Mais c’était une question de survie politique. C’était purement tactique, je le redis. Concernant nos rapports, ils étaient corrects. Vous savez en politique, on oublie ce qui s’est passé On essaie de prendre un nouveau départ. Mais ça n’a pas réussi:

Pendant qu’il était mon ministre, il négociait avec Navin Ramgoolam. Je l’ai mis dehors.

Quand vous avez perdu les élections de 1995, vous vous êtes dit : peuple ingrat ?

Non , je ne veux pas me servir de ce mot. Mais je me suis dit quand même que la population n’avait pas beaucoup de reconnaissance.

Malgré tout ce que nous avions fait: transformer un pays agricole en un pays moderne avec une économie solide. Mais je vais vous dire une chose. Je reviens à ma notion de destin. J’ai compris après cette défaite que c’est le travail de Dieu. Ma santé était complètement foutue. Si j’avais remporté encore une élection, j’aurais continué avec mon rythme de travail et je serais mort. J’ai réalisé ces choses après. J’ai pris du temps à retrouver une bonne santé.

Quelle est la première qualité que doit posséder un homme politique ?

Il faut de l’amour, de la conviction. Si vous n’avez pas ces qualités, il vaut mieux ne pas en faire.

● Etes-vous, à 80 ans, un homme heureux ?

Ah oui ! Franchement. Je suis en bonne santé, ma famille, mes enfants, les gens que j’aime vont bien, que demander de plus ?


Source : Apartés avec Alain Gordon-Gentil
L’express du vendredi 2 avril 2010.

 

    

Commentaires

Par:-Clency
Mone blié dire ki mo croire vraimeme la monnaie péna lodeur ek faire ou péna lamour propre ni dignité
Par:-mikm
Vraiment ene President Malhonetre. C'est Paul beranger ki fine prend toi dans MMM pu zordi to reussi rentre reduit. Sa montrer ki kalité dimoune , ki kalité sentiment malpropre li ena dans so l'esprit et lecoeur. Msm fine faire so preuve dans le passé par l'aide Lutchmenaraido, pas a cause jagnuth. la honte kan ene president causer cumsa. Msm seul dans election zamain pas fine prend pouvoir dans ile maurice.
Par:-savez vous??
SAVEZ VOUS, QUE LA CAPACITE D'UN HOMME DIMINUE AVEC LE VIELLISSEMENT??????? ET DIRE QU'UN HOMME DE 80 ANS EST A LA TETE DE NOTRE PAYS QUI VEUT ETRE UN LEADER DANS LE CONTINENT AFRICAIN... GROS LOL
Par:-ti rouge
Moi mo trouve l'avenir SAJ tres en rose...Pense sa ou-meme....Ene pension PM, ene pension President.. garcon Vice-pm et peut-etre PM(grace so banne trikmardaz)..tous party tout grand evenements li pou present....Et pourquoi pas,peut-etre ene so statue quelque part...la vie capav pas en rose? C'est sa ki appelle Republique Bananiere!
Par:-PLOUM PLOUM- 2 WORLD CLASS OWN GOALS
DOES ANYONE STILL BELIEVE THE PRESIDENT IS ABOVE POLITICS? Pas Bizin SAJ pou explique nous personallité et mové caractere Berenger. et ene grand merci, Monsieur le President, ou meme ou finne montrer nou ou propre caracteur et ou personalité. SAJ interview in Lexpress is the worst OWN GOAL scored by SAJ. I have never seen a Politician, de surcroit a former PM and a sitting President, shooting himself so cataclysmically in the foot. Why? This was definitely a case of one interview too many. On the positive side, at long last, the interview has proved my case , which is, THE PRESIDENT HAS NEVER BEEN ABOVE POLITICS. ( We heard it from the Horse mouth, comme dit le dicton!!)- Now with regard to Navin and his new MSM alliance, in particular his generous 18 carats Tickets to Pravind, by the same token as above, I consider this decision of Navin to be worst OWN GOAL NAVIN HAS EVER SCORED. This may even prove to be more fatal than Man U defeat by Chelsea today ( Saturday 03 April) I have said before, I accept that Mathematics is not Navin's cup of tea. He is a Doctor by Training after all. Every single Ticket given to Pravind, is one ticket sacrificed from a Hardcore labour prospective candidate who may have been working his " Terrain " for the last 5 years, only to see his dream turn into a nightmare by dodgy deals concocted in secret. What other secret deals our politicians have concocted against the interests of the State that we shall never know? Give me a good reasons why a Labour prospective candidate should make way for Pravin. Someone who could not even get elected in 2005 and who only got in parliament in a by-election so overtly manupilated by Labour( Pravin has finally admitted the help he received). Now what added-value will Pravin's MSM bring to the Labour Party, is anybody's guess. Oh, yes Navin, do tell us how Pravin will bring stability in the country? Are you suggesting then that in the last 5 years, the country was UNSTABLE? Perhaps you have forgotten you were also the interior Minister during that same period! Finally, as Leader of the MSM, is it not, the ultimate goal of Pravind ( not withstanding his Sun trust Millions) to assert himself as the un-disputed leader and politician within or outside an Alliance in order to achieve his dream of becoming PM. OK, he may need to play safe while Navin is still around, but surely this will act against the interest of a successor to Navin in the Labour party. Now why none of the Labour Top Brass have thought this through? Or it a case , like in the MMM, the leader is ALWAYS RIGHT. AFTER ALL. IT IS THEIR KARMA. Ask SAJ, if you are in doubt!!
Par:-Prab
Tous politiciens pareil. Zot cauzer d'apres circonstances. Zot tou menteurs ziska zot la mort. Zordi Ramgoolam bon, hier Paul etc. Zot causer cot sa arrange zot. Mais nou pa bisin hipocrite, nou, nou bisin cause vrai, nou bisin reconet ki SAJ fine faire bokou dibien pou nou pays. Si nou compare nou avec les zot pays Afrique, noune arrive bien bien loin. Dans ene fason ou l'autre, Kiso Duval, Ramgoolam, Berenger Jugnat avec lepep, noune bien progresser.
Par:-daniel
C est une honte la declaration du president Jugnauth a Gordon Gentille. A mon avis c est le pire des presidents que Maurice ai eu. Il me fait pitié. Cest choquant de voir cet homme s'acrocher a son poste comme cela. Il y a aucun doute Gordon Gentille a commencé le marketing de Ramgoolam . Desolant, degoutant cela, Un peu de dignité Mr Le President . Soumettez votre demission pendant qu il est encore temps.
Par:-Asani RASHIDI
La mediocrité et les insanités debitées dans cette interview confirment deux principales faiblesses des leaders politiques mauriciens et Rodriguais: ils vieillissent mal et n'ecrivent pas. Certains detruisent leurs parti respectif avec leur malvieillissement, d'autres a la presidence detruisent les plus hautes institutions de l'Etat. Avons nous une race de leaders politiques kamikaz a Maurice et a Rodrigues? Ils n'ont vraiment rien appris de Mandela.
Par:-ksq
Zott' ti l'esprit ' sa! Quel honte.
Par:-Veriteserum
Le plus 'cheap' des Présidents de la République de Maurice. Des politiciens comme Aneerood Jugnauth (je préfère éviter 'Sir') attisent notre pitié. Cette entrevue est pittoyable.
Par:-Rabin
Rappellez vous de l'episode ou il avait mis la photo de sa femme sur les billets de banque.Il croyait que l'ile appartenait a sa famille.C'est lui qui se comportait comme Bokassa.Il croit toujours que l'ile Maurice appartient a sa famille .
Par:-Rabin
Il a raison sur un point important: ce sont les circonstances qui l'ont amené la ou il est.Ces circonstances s'appellent son caste,Paul,Luchmeenaraidoo et un contexte economique mondial favorable.Pout moi, il n'a jamais été un grand leader ou un bosseur.Il restera un grossier personnage.Une honte pour l'ile Maurice.C'est lui qui a le plus encouragé l'instinct communaliste depuis 1983.
Par:-kiki
I think it's high time that Jugnauth retires as he has favored nepotism and has been one of the worst rulers of Mauritius . Jugnauth should start singing lullabies to kids now . LOL
Par:-TINA
Decidemment ce gars decoit de plus en plus et devient recidiviste dans la petitesse, ceci a son age .Au lieu de preparer son entrée dans l'histoire par la grande porte, on constate helas sa bassesse. Après ses diner/dejeuner soit disant privés mais payés de nos poches d'eternels contribuables tondus, voila ses dernieres trouvailles. Il ramene l'institution de la Presidence a un niveau de caniveau. Shame on him !
Par:-la verite
Les gens qui croient encore en Paul Berenger n`arrivent toujours pas a comprendre que cet homme,malgré tous ses qualités,a beaucoup de defauts et principalement est un homme sans coeur.Il a humilie beaucoup de gens durant sa carriere et a mene une grande partie de la population dans caro cannes.Le monsieur qui pretends avoir des principes et la droiture n`es au faite qu`un arriviste.Il utilise les gens et ensuite il les ecrase.Son plus grand probleme,c`est son instabilite,il n`arrive pas a savoir ce qu`il veut.Quand il es ministre de JUgnauth,il veut travailler avec Navin Ramgoolam et quand il travaille avec celui ci,il fais croire qu`il es plus travailleur et competent et que Navin Ramgoolam es lent.Je crois a 100% de ce que revele SAJ,Berenger voulais l`utiliser pour avoir le vote hindou et ensuite diriger le pays a travers son Bureau Politique.Berenger es si ingrat que meme quand SAJ lui donne le fauteil de Premier ministre en 2003 ,il n`est pas reconnaissant.Il cree une division dans la famille Jugnauth en faisant croire a Ashok qu`il va le presenter comme Premier ministre au prochaine election.On ne peut pas diriger un pays si on n`a pas de coeur.At`on oublier ce qu`il a dis quand les travailleurs d`une usine voulaient se mettre en greve,il a dis `SMF pas vine donne briberon.
Par:-Clency
De 1977 à 1982, li dire Bérenger ti couillonne li. Abé ki faire li pas coz 2000 à 2005. Encore ti couillonne to mem? To ti même faire Bérenger vine Premier Premier Ministre ( 2003). Zordi toi, Anerood Jugnauth, to crache lors tout sa banne militants ki fine travaille la nuit li zour pou toi. Dégoûtant
Par:-rekonet
Eski bolome la pé koumans radoter?Dire li rekonet listoire et pa blié ki sane la ine fer li ek Navin vine premier minis?Li pe fer tout pou petit jagnat réeli.Li né pli rapelle ki Navin ti fer boufon ar li lor prestation serment en 2005.So mémoire ine vine courte.Pa kasse la tete,le pep pé atanne élection vini pou néttoye ca bane ... la.
Par:-malin
pou tou respect ki mo ena pou bolom jugnauth mo pa ti pou croire ene jour li tombe dan basesse coume sa...ene acte d'hypocrisie de premier grade...pa blier ki berenger ki ine fer li vine premier minis
Par:-Jeff
Si l'on devrait faire le bilan de Anerood Jugnauth, il n'y aurait pas grand chose à dire.Qu'est-ce que cet homme a fait exactement pour Maurice??? J'en tire que des conclusions négatives depuis son avènement en politique, il n'a fait qu'endetter le pays encore plus qu'il n'était et il a protéger une communaut?0 en particulier...et j'en passe et des meilleurs. Donc il est temps qu'il aille prendre sa retraite...
Par:-TonyBoy
De dire Paul ki fine faire sa vine premier ministre, quel manque de pudeur.
Par:-lalit
Il semble qu'il a oublié certains evenements: 1. if fut humilié a La Place D'Armes 2. On avait dit ceci sur sa famille en 2005: Baap betchwa, maa natchwa, beta chatwa
Par:-sniper
Si SSR est le pere de la nation, alors Sir Aneerood est definitivement le pere de l'ile Maurice moderne! c navrant qu'il n'y ait plus de politiciens de sa trempe de nos jours!
Par:-jimmy
C est grace aux militant MMM qui to finn reussi..., astere to decide pou alle tombe dans lipeid Navin pou to garcon gagne ene strapontin a l assemblee. To ene vrai independant forward bloc toi?
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L’ex-vice chancelier (VC) de l’université de Maurice (UoM) qui vient de soumettre sa démission de l’institution début janvier, estime à propos de son plan de restructuration, que seulement « quelques mesures cosmétiques seront une nouvelle fois adoptées ».
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Rama Sithanen : « Je suis triste pour mon pays »
La réforme électorale, pour lui, c’est cuit. Rama Sithanen n’y croit plus : « Si je devais parier, je dirais que c’est terminé. » Ni rancoeur ni amertume pour autant. Juste du « chagrin » et un énorme sentiment de « gâchis ».
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Sudhamo Lal : « La MRA veut s'assurer que chacun paie sa part d'impôt »
Le directeur de la Mauritius Revenue Authority (MRA) a pour ambition de s’assurer que chaque contribuable paie sa part d’impôts. Les récalcitrants devront sinon faire face à « des actions musclées ».
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Pr Vic Rayward-Smith : “Mauritian students are generally bright and they have a work ethic”
Professor Vic Rayward-Smith, of the University of East Anglia, UK, talks of the services offered by his campus and gives his opinion on degree subject choices which will no doubt interest students in search of the right university course.
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Joseph Vaudin : « FUEL accroît sa capacité de broyage »
Le Chief Executive Officer de Flacq United Estates Ltd explique que le projet d’extension de la centrale thermique à FUEL « demeure un développement essentiel dans le contexte de la bagasse et du charbon ».
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