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Gérard Louise: «Le ministre de la Culture ne juge pas important de rencontrer la MASA»
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Julien TUYAU  |  17/12/2008

Gérard Louise, directeur de la Mauritius Society of Authors (MASA) dresse un bilan de son secteur. A un moment où le piratage gangrène Maurice, il dénonce les coupables de cette propagation. Entre dénonciation et nouveaux projets, il se livre sans langue de bois.

2008 touche à sa fin. Quel bilan faites-vous de cette autre année à la tête de la Mauritius Society of Authors?

Cette année a été très dure pour la MASA. Tout d’abord, il y a eu le départ du président, Zul Ramiah. Et l’arrivée, trois mois plus tard, de son suppléant, Gérard Telot. Certes, tous ces événements ont quelque part chamboulé la structure de notre société. Mais, nous avons surmonté cette épreuve avec brio.

Cependant nous déplorons la lenteur du gouvernement à mettre en pratique les nouveaux amendements au Copyright Act. Cette inertie nous cause beaucoup de problèmes. Et, sans ces modifications, la lutte contre le piratage deviendra infernale.  

 Parlez-nous de ces amendements dont vous faites souvent allusion?

Ces amendements faciliteront le travail de la MASA et de l’Anti Piracy Unit (APU) de la Police. Grâce à eux, nous aurons davantage de contrôle sur toutes les œuvres artistiques en vente à Maurice. Actuellement, les timbres de la MASA sont obligatoires sur toutes les œuvres musicales. Cette démarche a permis de diminuer le nombre de pirates dans ce secteur. Avec les nouveaux amendements, les timbres de la MASA seront obligatoires pour toutes les œuvres, y compris les DVD. Ainsi, tous les DVD sur le marché local devront porter ce timbre, qui ne sera pas distribué aux pirates. Ces derniers se retrouveront piégés et la police aura le pouvoir de saisir tout leur stock ne portant pas de timbre.

Mais qu’est-ce qui empêchent les autorités concernées à amender le Copyright Act?

Franchement, je ne sais pas, car tout est déjà prêt. Le dossier croupit dans les tiroirs du ministère de la Culture. D’autant plus que le ministre ne juge pas important de rencontrer la MASA pour en discuter. Cela fait quelque temps que nous essayons d’obtenir un rendez-vous avec lui, mais en vain. C’est à se demander s’ils veulent éradiquer le fléau qu’est le piratage. Il ne faut pas oublier que le piratage est un crime, qui hélas demeure impuni à Maurice.

Vous avez l’air découragé…

Il y a de quoi à être découragé. La MASA travaille dur, mais on se retrouve souvent à la case départ. Car il n’y a pas d’harmonie entre les différents ministères concernés et notre société. C’est à se demander à qui profite le piratage à Maurice. Les pirates doivent être très influents et puissants, car ils n’ont peur de rien. 

Il y a un flou au sujet des DVD piratés. Les autorités disent qu’elles ne peuvent rien faire, tant que les Copyright Owners ne déposent pas de plaintes auprès de la police. Qu’en est-il?

C’est vrai que c’est confus. Les films bollywoodiens ont des représentants à Maurice. C’est pour cette raison qu’on ne voit pas autant de contrefaçons de ces produits sur le marché. Mais, on aurait pu en faire autant pour les films occidentaux. Il ne faut pas attendre que les Copyright Owners déposent plainte pour agir. Il ne faut pas oublier que Maurice est signataire de la Convention de Berne. Ce traité stipule que les pays signataires de ce traité se doivent de protéger les œuvres des autres signataires à l’intérieur de leur territoire et vice versa. Cependant, tel n’est guère le cas à Maurice.

Vous avez récemment été élu président du comité africain de la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs (CISAC). Qu’est-ce que cette nomination représente pour vous?

C’est un grand honneur. Grâce à cette nomination, la MASA a acquis une réputation sur le plan international. Cela nous aidera à étendre notre réseau de contact.

Mais quels sont les avantages que la MASA et les artistes mauriciens tireront de votre nomination?

Je pourrais plus facilement aider les artistes en leur procurant des facilités telles que la possibilité de participer à plusieurs festivals en Afrique. Mais, je n’ai pas attendu d’être nommé président du comité africain de la CISAC pour aider les artistes mauriciens. Grâce à la MASA, ces derniers bénéficient déjà de subventions pour leurs enfants qui prennent part aux examens de la School Certificate (SC) et de la Higher School Certificate (HSC). Nous avons aussi un plan santé et, nous étudions d’autres possibilités.

2008 aura été une année plutôt mouvementée pour la MASA. Comment s’annonce 2009?

2009 sera l’année des grands changements. Tout d’abord je serai davantage exigeant envers moi-même et les autres. La MASA arborera un nouveau visage, plus professionnel et nous n’allons pas attendre que les choses empirent pour agir. On organisera aussi la prochaine édition des MASA Awards, un événement qui aura une portée internationale. Il y aura des séminaires, des ateliers animés par des artistes étrangers et mauriciens. La MASA entre dans une nouvelle ère.

    
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