jeudi 24 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
José Arunasalom « La dérive révélée par la chaîne télé M6 a commencé il y a trois ans »
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

La Rédaction  |  20/02/2010

L’Ex-ministre du Tourisme et  Président de la Commission Tourisme du MMM revient sur l’émission télévisée qui a fait polémique dans les milieux touristiques. 

Le reportage diffusé dans l’émission Capital sur Maurice laisse l’impression que Maurice change de stratégie en ce qui concerne sa politique touristique. Le ministre du Tourisme a démenti cela. Qu’en pensez-vous ?

Si le ministre pensait obtenir un reportage de complaisance style MBCTV, c’est qu’il doit encore apprendre à connaître la presse française. Il aura beau démentir, il ne pourra pas continuer à nier une évidence qui inquiète beaucoup de partenaires  tour opérateurs étrangers fidèles à notre pays depuis plusieurs décennies. Cette dérive révélée au grand jour par M6  a commencé il y a trois ou quatre ans et se poursuit à une cadence plus rapide. M6  n’a fait qu’attirer l’attention sur un phénomène que les autorités ont essayé de pousser vainement sous la moquette. La vérité nous saute au visage aujourd’hui. 

Pourquoi se retrouve-t-on dans cette situation, aujourd’hui ?

Parce qu’on ne peut pas cacher la vérité et que les effets pervers commencent à agacer beaucoup de partenaires tant locaux qu’étrangers alors que les prédateurs s’en frottent les mains. J’ai dénoncé ces pratiques il y a plus de trois ans mais le ministre du Tourisme, Xavier Duval, a esquivé une invitation à débat sérieux sur la question.

N’est-ce pas normal que des hôtels cassent les prix afin de contrer les effets de la crise internationale ?

Cette affaire n’a rien à voir avec la crise car ce phénomène dure depuis 2006.

Comment attirer  deux millions de touristes si l’on ne pratique pas un prix abordable au plus grand nombre ?

J’ai toujours exprimé mon scepticisme et même un désaccord fondamental avec cet objectif de deux millions de touristes et je maintiens ma position. Le temps m’a donné raison. Cet objectif est un non sens car pour le faire il faut doubler le parc hôtelier. Avons-nous des terres sur le littoral pour construire autant de nouveaux hôtels  afin de réaliser cet objectif ? Va-t-on prendre les plages dont les mauriciens ont besoin pour leurs loisirs ?

Il est plus raisonnable  d’optimiser les dépenses par touriste et minimiser l’impact sur l’environnement et nos infrastructures.

Peut-on éviter de tomber dans le bas de gamme ?

Evidemment que si l’on veut accueillir deux ou trois millions de touristes par an, on est obligé de tomber dans ce qu’on appelle le bas de gamme ou le tourisme de masse avec toutes les conséquences qui s’ensuivront.

Quel a été l’impact de la politique « All inclusive » sur le secteur touristique ?

Tous les repas et boissons sont compris dans un « All inclusive package ». Ce qui n’incite pas le touriste à sortir en dehors des murs de l’hôtel. Le restaurateur du village ou le chauffeur de taxi  ne gagne rien dans ce type de développement touristique. Cela est contraire au concept de faire partager les fruits du tourisme à un plus grand nombre.

Le pays n’en bénéficie-t-il pas ?

Avec le « All inclusive package », le voyagiste étranger se transforme en hôtelier, transporteur aérien  tout à la fois. Il pratique l’intégration verticale et s’en tire à bon compte. Est-ce bénéfique pour le pays et les opérateurs mauriciens ? Combien cela rapporte-t-il au pays en fin de compte ?

Quelle évaluation faites-vous de la politique « open sky » pratiquée depuis quelques années par Maurice ?
 
Dans le cadre des accords bilatéraux de transport aérien avec la France, l’ancien gouvernement avait ouvert de manière prudente notre espace aérien à Corsair, deuxième transporteur français désigné par la France. Mais depuis, on a laissé venir n’importe qui en période de pointe  pour prendre le beurre et ce sont les mêmes qui nous abandonnent quand il n’y a plus de beurre. C’est en fait une politique de charters déguisée.  Il n’y a aucune cohérence dans ce qui se fait actuellement. L’organisme régulateur, longtemps promis, doit pouvoir mettre bon ordre dans tout cela une fois pour toutes.

N’est-ce  pas normal que le produit touristique soit repensé à intervalles réguliers ?

Evidemment. Se remettre en question est une condition sine qua non pour survivre dans ce monde compétitif.

Depuis les états généraux du tourisme tenus en 2006 et la remise du plan stratégique 2009-2015 il y a presque un an de cela, le ministre n’a pris aucune décision sérieuse. Ce plan a coûté plusieurs millions aux contribuables mais aucune des recommandations qu’il contient n’a été mise en pratique.

Comment préparer l’avenir, alors ?

Pour préparer l’avenir, il faut commencer maintenant. Si on verse dans l’auto satisfaction on risque de se réveiller avec une gueule de bois et le bec dans l’eau. N’oublions pas la phrase de l’ancien S.G de l’Organisation Mondiale de Tourisme, Francesco Frangialli lors de sa visite chez nous en 2005 : « les peupliers ne peuvent pas monter jusqu’au ciel », avait-il dit.

La diversification des sources de touristes mauriciens a-t-elle donné des résultats escomptés ?

Comme c’est un travail de longue haleine, il faut continuellement se battre, s’ajuster aux nouveaux marchés et niches prometteuses. Malheureusement il nous manque  le leadership pour fédérer tout cela. Il n’y a pas non plus de travail d’intelligence économique et marketing.

Quelle orientation donner au tourisme mauricien ?

D’abord maintenir à tout prix notre accueil, privilégier la qualité, professionnaliser le service à tous les niveaux. Cessons de nous prendre pour le nombril du monde.  Oublions la quantité et le « running after numbers  ». Faisons peu mais faisons bien.


Et quid de la qualité du service ?

La formation professionnelle est à la traîne, il n’y a qu’à voir comment le service se dégrade de jour en jour. Etablissons des normes pour tous les secteurs et veillons au respect de celles-ci. Cessons de donner dans du superficiel à commence par ceux de qui l’exemple doit venir.

Les revenus des grands groupes hôteliers sont en baisse. Est-ce un phénomène conjoncturel ?

J’espère pour eux que c’est le cas…

 

    

Commentaires

Par:-Mel
Je suis bien d'accord avec Mr José Arunasalom. Sans amalgames politiques, Il a demontré toutes les difficultés que notre industrie du tourisme fait face actuellement. Quand on pense a tout cet argent jeté pour faire construire ces hotels qui travaillent peniblement a peine 35% de la capacité en periode de pointe, c'est vraiment revoltant d'autant plus que ces hotels ont complement changé notre litoral et notre environment. Ces petites iles qui accueillent annuellement plus de 2 millions de touristes par an ont bien plus de la mer et le soleil a leur offrir dans le cas de singapour, l'attrait est sans doute le high-tech. Ce tourisme de masse ne rapportera rien de bon a maurice et on a bcp a y perdre.
Par:-ALEYAH
Effectivement, Arunasalom presente avec beaucoup de realisme la situation malgre ki kan li ti a la barre so resultat etait moins brillant. Neanmoins, mo pas pense qui XDuval est a la hauteur de la tache, sauf ki comme les autres ministres du gvt, li presente situation avec ene joli paquet cadeau. Bann dimoune ki contente zotte avec soi disant bon resultat sont certainement les quelques ami(e)s du ministres. Bann ki gagne joli contract. Ki fer l ICAC pas interesse li avec sa banne zafer la- Eski l'etat faire bien so boulot en controlant si bann contrat sous traitant pe bien attribuer????- Qui budget ministere tourisme, combien casse pe depenser dans l'europe lor chaque voyage- ki accompagne Duval. Bizin arete tout sa lor le dos contribuables mauriciens. PM bizin prend sa dossier la et commence passe en revue chaque minstre avant les elections- Bann moins performants bizin leve paké aller.
Par:-JeanPaul
Vue de France, l'analyse de Monsieur José Arunasalom est tellement vrai!!!
Par:-Patriot
Ou ti capav donne nou 1 ou 2 l'examples concrets cotte Xaxa fine casse paquet dan so Ministere? Si ou plait?
Par:-MI 5
Mr. Zoro, ou bisin alle pran renseignement avant kose nimporte . Sous mandat minis Arunasalom, croissance moyenne (average annual growth ) ti 14%. Et sa sans gaspillage fonds public couma zordi ena sous XDuval . Ale guette chiffres bureau statistique si ou pa croire. Et arete kose nimporte . Amene arguments. Talk sense matelot.
Par:-Jay
Bravo Monsieur Arunasalon,vous avez bien analysé le véritable problème qui affecte notre tourisme.
Par:-moissa
encore ene politique capituler de nos gouvernants. Combien de touristes Zaza veut par an?... deux a trois millions? Il est en train de faire tout le contraire de ce que son papa, le pere du tourisme mauricien, preconisait. Il n'est pas loin de se reveiller Gae gae pour foutre une raclée a Zaza pour ses gabegies lor gabegies...
Par:-balkis
i am confused. is xavier minister of tourism or minister responsible for bus stop painting?
Par:-zoro
Banne dimoune ki pas fine fouti faire ene croissance de 2 % dans tourisme quand pena crise international,pe vine critiquer.QUEL CULOT!
Par:-gerard
Bonhomme. Laisse piti la continuer travail. so travail pli bon ki ene gayan ene miko ene bodha le temps zot ti minis tourisme. zavier ene des meilleur minis tourisme ki fine gagner après gaetan laisse zournalis oussi faire so travail le temps pou dire ki sanne-la ena raison.
Par:-Raj
Allo Ti Gaetan, mo d'accord avec toi mo camarade, XDuval donne priorité pou banne zaffaire unitile au lieu li occupe a fond so travail. et li bien dommage qui banne touristes étrangers fine remarque sa. Ti ena 6 personnes ti reserve billet avec Air Mauritius à Genève et sa banne dimoune la ti pou supposer vine Maurice en janvier et kan banne la fine tander qui ena agression lors banne touristes, zot fine besoin rénonce zot voyage pou Maurice ala ce qui dimoune penser couma Maurice acceuille banne touriste. Après bien sur, dimoune pou plaigner qui pe ena assez touriste, li normal banne la pas pou prend risque pou alle dans la merde cote dimoune pe faner. Le regrettable qui nous pays pas aussi merveilleux couma zot faire publicité.
Par:-Ledodo
Maurice a longtemps refuse le touriste sac à dos ! Comment allier tourisme de masse et tourisme de luxe? Avec la mondialisation, faire connaître Maurice au plus grand nombre est une obligation. En revanche, Maurice doit rester select avec ses hotels de luxe.
Par:-Vinod
M. Jose Arunasalom a aujourd'hui tout a fait raison. J'espere que la population se rend compte de sa betise en ayant eu confiance en ce gouvernement. Enough is enough
Par:-le sheriff
Les reponses de ce Monsieur sont fermes, coherentes et demontrent qu'il connait bien le dossier de l'industrie touristique. A l'opposé, nous voyons un XLD qui begaille et balbutine sur l'emission M6. Au fait, M6 a demontré les faiblesse de XLD il n'a rien dit de bon et d'impressionant alors qu'il ne cesse de parler comme si li enn grand casseur paquet. Bien Chagrin pour twa Xavier, maintenat tous les mauriciens connaissent ton incompetence et tes mensonges. Voila le prix de te faire entourer par des vauriens...Na pa Valayden et Allet ki pour tire twa dans sa bez la(meme s'ils ont apparu sur M6 sans rien dire de bon...)... sans oublier ki enna bann allegation contre certains politiciens concernant Subutex ...aster Navin bizin charier twa comm enn gros poid lourd...mo un peu sure ki li finn fatiguer avec twa et pou laisse twa tomebr. Salam XLD nou va zwenn dan karo kann.
Par:-Patriot
Bravo. Finally, someone in the opposition has got the guts to speak out loud and utter some sense for our tourism industry which is in deep agony as a result of the ‘amateurisme’ of XLD and his gang of merry-makers. With XLD, there was more of ‘gestes touille connaissance’ than a serious and professional approach to tourism development. Every lousy Tom, Dick & Harry appointed by the Minister wants to act as expert in international marketing. Jalsa campaign knows no limits. The destination has been left in abandon for years by XLD’s grave faults, tourism policy-making is a joke, strategic thinking for the sector has become non-sense, sustainable tourism development plan: Ki été ca? . What matters the most for XLD is the boys and girls are happy with highly paid jobs and contracts from public funds, the creole community duped with an illusion of well-being from his annual festival. XLD has also arranged to keep away true industry professionals (including those who helped him day & night when he was in caro cannes) from his office to favor a handful of petty-minded individuals with short term vested interests and a handful of relics of colonialism still in ambush within this industry. By force their big mouths have to remain shut these days for having been ‘complices’ to the downfall of this sector. Our tourism industry should now head to the ICU. As in other countries in times of crisis, Mauritius needs professionals to propel its tourism industry back to new heights as compared to this lamentable bunch of coco girls and boys who have brought it down to its knees. Wake up Mauritius, breathe the air of freshness in this industry, our children and future generations need us to act NOW !
Par:-Maxime D'Avrincourt
En effet, je suis entièrement d'accord avec les deux propos, l'Ile maurice ne doit pas venir comme La république Dominicaine ou comme les autres destinations comme on les appelait à l'époque destinations "Sac à dos", c'est à dire des touristes qui achètent un billet d'avion à prix super cassé et passe leurs vacances soit sur la plage ou des habitation de fortune. Virgin airline à supprimé son vol, preuve que ca ne marche pas. A mon avis je pense qu'avec tous les hôtels qui se sont construits à Maurice, il faut bien les remplir,mais Mr. Arnasalon a vu juste:le tourisme low cost entrainera des conséquences tels que drogue,prostitution,et délinquance...affaire à suivre...
Par:-Naresh
What a mess M6 has revealed to the public !. XDuval was making believe he is a good pilot for the tourist industry. But profesionnal people of the sector, be they foreigners or Mauritians know he has been quite mediocre in his approach .
Par:-TI Geatan
Tres bien dit. Xavier Duval croyait berner les gens. You can fool some people some time, you can't fool all the people all the time comme dit l'anglais et XDuval a pris pour son grade avec M6. XDuval doit s'occuper un peu plus de son ministere au lieu d'organiser des festivals, faire peindre des bus stops et nettoyer des canivaux. Il connaitra quels sont les problemes qui menacent le developpement harmonieux du tourisme.
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Rekha Issur-Goorah : “Where there is proposed reform, there is resistance”
It was an unpretentious, calm and down-to-earth registrar that we met to try and shed some light on the polemic which has rocked the university this week. She agreed to give her side of the story. A side which is little known.
 [7]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus