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Ali Mansoor, secrétaire financier
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Deepa Bhookhun  |  16/02/2010

Comment devient-on fonctionnaire, de surcroît secrétaire financier, quand on n’a ni travaillé dans la fonction publique, ni exercé à Maurice ?

Il existe un rapport du Pay Research Bureau (PRB) qui a été publié il y a plus de dix ans qui a créé le Senior executive service. Le système a été ouvert de façon à ce que des managers puissent être recrutés de l’extérieur.

Et pourquoi quitter un poste de lead economist à la Banque mondiale pour devenir fonctionnaire à Maurice ?

C’est Rama Sithanen qui m’a contacté quand il a su qu’il allait être ministre des Finances. Il m’a parlé de sa vision pour le pays et il m’a alors dit qu’il souhaitait que je l’épaule pour la mettre en oeuvre.

J’ai été impressionné par le projet -celui de faire de Maurice non seulement, un pays économiquement performant mais aussi une société plus juste. Ce sont des valeurs dans lesquelles je crois et même si ce n’était pas idéal de quitter Washington d’un point de vue familial - j’ai trois enfants dont un qui a vécu deux ans avec nous à Maurice et cela l’a rendu malheureux - j’ai quand même décidé de faire le pas.

Comment connaissez vous Rama Sithanen ?

Nous étions à la London School of Economics (LSE) ensemble. C’est un des économistes les plus intelligents que j’ai jamais rencontré.

Décidément vous aimez vous échanger des fleurs ! Il dit que vous êtes plus intelligent que lui.

(Rires…) Je ne sais pas si c’est la vérité ! Toujours est-il que j’ai beaucoup d’admiration pour son intellect et son intégrité.

Ce qui dérange avec Rama Sithanen et donc avec vous, c’est cette philosophie pro-FMI, pro-Banque mondiale, que vous partagez.

Il faut arrêter d’étiqueter les gens comme cela ! C’est trop facile. Je partage une philosophie avec Rama Sithanen. Nous voulons d’une société juste, où chacun a les mêmes chances. Comment faisons nous cela ? En ayant une économie qui ne marche pas pour que nous soyons tous également pauvres ?

Non! Nous avons besoin d’une économie qui a suffisamment de richesses pour que chacun ait sa part.

L’on vous reproche de vous laisser dicter par une équipe du FMI et de la Banque mondiale.

Pas du tout. Demandez à mes collègues et ils vous diront que parfois je suis trop dur avec la Banque mondiale ! Je leur dis souvent que nous n’avons pas besoin de leur argent - heureusement ! - mais de leur expertise. Je leur dis que nous avons besoin de comprendre ce qui a marché et ce qui n’a pas marché ailleurs pour pouvoir faire des choix éclairés et ensuite adapter ces politiques à nos réalités.

Est-ce le rôle d’un secrétaire financier d’énoncer des Human Resource guidelines pour la fonction publique ?

C’est au ministère du Service civil d’émettre les guidelines. Mais il faut travailler de façon collégiale car nous avons tous l’obligation de nous assurer que l’argent du contribuable soit utilisé à bon escient et qu’il y ait des résultats. Notre intérêt au ministère des Finances est de faire le lien entre le Programme Based Budget et le côté HR qui tombe sous la responsabilité du ministère du Service civil. Et non, ce n’est pas notre rôle de dire aux ministères ce qu’il doivent faire. Au risque de me répéter, le ministère des Finances n’a jamais donné des instructions à ce niveau.

Tout ce que nous voulions, c’était entamer un dialogue. Les discussions étaient co-présidées par le ministère de la Fonction publique.

Ce n’était toutefois pas votre rôle !

C’est vrai qu’idéalement, le ministère de la Fonction publique aurait pu prendre les devants. Avec le recul, ç’aurait été peut-être la meilleure chose à faire.

On vous accuse de ne pas connaître les «réalités mauriciennes». Qu’est-ce que vous ne comprenez pas exactement ?

J’aurai justement aimé comprendre de quelles réalités l’on parle! Quelles sont ces réalités mauriciennes dont on parle ? Que les Mauriciens n’aiment pas le changement? Je n’y crois pas un mot.

Quand vous prenez la décision de venir travailler ici en 2006, vous attendiez-vous à autantde difficultés, d’opposition et de dénigrement ?

En fait, j’ai eu une experience très positive avec mes collègues au ministère des Finances et dans les autres ministères. Contrairement à la perception, i’ai été agréablement surpris par le nombre de personnes travailleuses et dédiées que j’ai rencontrées dans la fonction publique.

Ayant dit cela, il y a toujours de la résistance au changement et j’ai eu à faire face à ce sentiment partout où j’ai travaillé.

Nous sommes pourtant arrivés à un point où ceux qui s’opposent le plus à vous et à vos idées, sont devenus plus bruyants. A tel point que le Premier ministre a pris parti pour eux.

Je suis très heureux que certains journalistes sérieux ont fait la différence entre la réalité et ce qui a été fabriqué ! Que les gens m’attaquent sur des choses que j’ai faites, je peux le comprendre mais qu’on ne vienne pas inventer des choses.

N’est-ce pas décourageant que le PM demande d’abandonner les HR guidelines ?

Vous savez, ma philosophie c’est que chacun doit faire son travail.

Vous ne pouvez pas faire l’impasse sur le fait que le bureau du Premier ministre ne vous a pas soutenu !

(Sourire…) Il y a eu de très bons articles dans la presse qui explique la portée des choses. Et je ne crois pas que ce soit nécessaire que j’en dise plus !

Avez-vous des problèmes relationnels avec les autres ?

Je crois que nous avons tous des forces et des faiblesses. L’une de mes faiblesses est mon impatience quand il s’agit de faire bouger les choses. Je crois qu’il faudrait que je sois plus patient dans ma façon d’approcher mes collègues.

Effectivement, cela peut parfois aider à éviter les mises en demeure !

La grande question est pourquoi quelque chose qui s’est déroulé en septembre dernier devient du domaine public maintenant. Il faut aussi savoir que le State Law Office a demandé à la personne en question de s’expliquer sur les accusations qu’elle a faites et qui restent du domaine général. Or, il n’y a toujours rien eu.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Alors qu’il prononçait un discours d’adieu en mon honneur, mon ancien patron à la Banque mondiale a remarqué que j’aimais les défis. Je suis ici principalement car on m’a fait une requête : celle de donner un coup de main à un projet dans lequel je crois. Si je peux continuer en ce sens, je le ferai.

L’objectif, je le rappelle, c’est d’amener une croissance économique pour éventuellement amener la justice sociale.

Est-ce à dire que cet objectif n’a pas été atteint…

Il y a un travail de longue haleine à faire mais les bases ont déjà été jetées.

Vous m’avouerez que cela est discutable !

Je crois qu’il faut attendre l’impact des réformes. Nous allons voir que les choses se sont améliorées mais pas assez. Ce qui importe c’est que dans ce travail de longue haleine, il y a une concentration de politiques visant à résoudre le problème.

Mais il faut attendre une generation pour voir la différence.

L’écart entre les riches et les pauvres se creuse partout à travers le monde car nous devenons un knowledge society. Ceux qui n’ont pas d’éducation sont désavantagés.

C’est la raison pour laquelle, au ministère des Finances, nous disons que quand nous donnons plus d’argent au ministère de l’Education, il faudrait qu’ils se donnent des objectifs. Améliorer le niveau de pass rate dans les écoles ZEP constitue un exemple !

 

    

Commentaires

Par:-avi
Bhai Mansoor, mo pa koner ki pou dire ou do. Ou donne moi l'impression ki si ou ek ou ministre finance pas ti pou la, maurice ti pou emba la mer zordi. ene sel zaffaire mo impressioner ar ou: ou ene intellectuel above all intellectuals in the country. Ou tou sel comprend ki manière bisin tire pays dan difé ek ou ministre finance in vinne couma ene pompier. Kan ou met difé, li li teigne. Arette fair madiggra do. Si mo ti gagne ou lapaye moi oussi mo ti pou cause sa langage ou koser la, Mo ti a content ou gagne ene 6000 roupies par moi après faire commentaire. Ou koner ki sanne la ki inn tire maurice dan difé? C'est sa bann travailleur ki sorti lacaz 4 heure du matin ek retourne lacaz 7 heures du soir. pa voyage par gros cylindrer couma ou ek ou intellectuel Rama. If you want to know whether the shoe pinches you've got to wear it dear. Be in the boot of others to know whether the boot fits. Ou koner ki kalité jus pe tirer ek bann pauvre travailleur pou fer ceinture maurice joine ensame. Arette koz bel bel philosophie lor l'economie. garde sa pou gallerie. Books never made the reader famous but readers make a book famous. Si ou comprend ou comprend.
Par:-cocorico
Mauritians ar used to easy life - at work, at home, in society. Work ethics have to change and therefore need for civil servants to be more cost-effective, produce more and ask for less "privileges" and "rights"only. Look at obligations also...
Par:-sen
Rama Sithanen et Ali Mansoor ..........Gratte mo ledos et mo gratte to ledos..ha ha ha
Par:-Bravo
When there is a work to be done...It has to be done. Its quite unfortunate that Office Bearers do not have the guts to do the right thing.It's very important that there are people made of the Stuff of Ali Mansoor to get things done.Why would someone waste time in going into laborious & roaring "Mise En Demeures" & end up with nothing more than "A tempete dans un verre D'eau"...They could have used this time to think on how they can improve themselves & their working habits & get Mauritius leaping in the Air.There is nothing as suxh as "Realites Mauriciennes".....If one has travelled & worked overseas....Its the same "Realites" all the world over. The finance team who is in place is doing the right things to get Mauritius To Leap in the air...Because they have already planned where Mauritius will land. I support all politicians & Civil Servants who do the right thing to get their part of their task done. We should not support those who make decision based on how they will win the next Elections or how they will cover their mediocrity by hiding behind "Les Realités Mauriciennes" or procedures or even less " les bienseances" - Double Direct Foreign Investment & keep having all Govt. Spending attached to Objectives & Targets.Get Mauritius leaping in the air.
Par:-democrate
Dans sa seconde interview de la semaine, Ali nous parle de deux principes de sa philosophie économique : primo, il faut créer de la richesse avant de la partager secundo, il faut amener une croissance économique pour éventuellement amener la justice sociale. Cela fait presque cinq ans que le gouvernement est au pouvoir et, à l’heure du bilan, on demande au petit peuple d’attendre que la richesse soit créée avant qu’il n’ait sa part. En d’autres mots, il faut au gouvernement un autre mandat de 5 ans pour pouvoir éventuellement partager la richesse. Mais n’est-ce pas Sithanen qui a dit que le gouvernement a réussi à renverser la vapeur après l’héritage catastrophique laissé par le MMM-MSM, que le pays a enregistré cinq ans de croissance consécutifs, que l’économie a eu une « récolte précoce » grâce aux réformes entreprises, que l’investissement direct étranger à Maurice a battu tous les records et que nos réserves en devises étrangères ont atteint des sommets sans précédent ? La richesse a été créée pendant 5 ans, mais le partage de la richesse pose toujours problème. S’il n’y a pas suffisamment de richesse pour partager avec tout le monde, pourquoi le gouvernement a-t-il été si généreux envers la classe possédante avec la réduction d’impôts et les millions de roupies accordées aux entreprises « en difficulté » à titre d’aide d’encouragement économique ? Le postulat d’Ali que la justice sociale vient après la croissance s’inspire de la philosophie de l’économie de ruissellement (trickle-down economics) si cher aux économistes néo-conservateurs. Selon cette philosophie, la classe possédante devrait avoir un retour maximal sur l’investissement, payer le minimum d’impôts possible pour pouvoir réinvestir le surplus ainsi dégagé et ne pas avoir à payer d’impôt sur les dividendes. Il s’agit de financer d’abord la consommation des classes aisées, laquelle transmettra une partie de la richesse aux travailleurs en permettant d’augmenter la production et de créer de l’emploi – les fameux effets multiplicateurs de la croissance. Or, il y a une alternative à ce modèle : permettre la croissance dans la justice sociale. La croissance est une condition nécessaire, mais pas suffisante du développement. Le partage doit accompagner la croissance par une politique fiscale équitable, une politique de revenu juste et un soutien ciblé aux groupes vulnérables.
Par:-Beurrrk
L'expertise de la BM, c'est pour les idiots!
Par:-Patriot
Good to market oneself and one's close benefactor with such a positive image for mere public consumption. The reality on the ground is so painful and heart-breaking. The plight of the poor means nothing to this duo. Both are lamentably prostrating to the ever greedy private sector. Its wishes are high commands for these 2 individuals in power. Over time they have been made the sacred Trojan horse of the barons. Now that the fate of one arrogant guy has been sealed this morning, there is between the line in this interview a begging plea to the PM to save his job. After 5 years he is still admittedly ignorant of but yet not innocent in the daily hardship of the mass. So what? Provided the barons are continually pampered and the media will have to follow suit for image building. Those who stubbornly refuse to see the sad plight of our people and continue to serve in utmost admiration the ever-lasting greed of a gang in the private sector and parastatal institutions, will sooner than later be booted out. Power corrupts, but absolute power corrupts absolutely … and blindly. Never imagine yourself as tout-puissant after a few successful budgets for the barons. Riding over the economic crisis unaffected as they claim is not the work of the 2 experts, but the hard work, sweat and tears of ordinary people. Wastage of public funds in parastatals is well known to both men. One notorious self-imposed little king has been generously distributing public funds as Pere Noel to his friends and guess what, undeserved promotion and lavish per diem allowances to some others...This reality also seems unknown to the 2 and only experts in savings and public sector discipline. Their selective but not innocent attack on civil servants at their mercy is in line with the hidden motive to exploit the poor and protect the rich. The poorer the nation, the more vulnerable and exploitable at will it becomes. The nation is just counting your days, guys. You are warned. The downfall will be very painful.
Par:-Liberale...
Jobs for the BOYS that's why you are in your post and in Mauritius!!!!You are the chosen one by your friend the minister.That's Why you have been finally found out. Mauritius expects better from you than just acting as a CHAMHA for the minister.It does not pay to do the dirty work for anybody and I rest my case ....when we are talking about Who is the intelligent one...in my humble opinion both are in the same boat and deserve each other but not Mauritius...
Par:-FROM: PAIN AND PERPLEXITY
From: PERPLEXITY. Ali Mansoor, secrétaire financier. The myth of emotional intelligence. Reading the replies of the Financial Secretary, one discovers that his real ground understanding of his very own environment is dismally poor. Mr Mansoor statement reveals his ivory tower approach, for he himself remarks- J’aurai justement aimé comprendre de quelles réalités l’on parle!. Well listen to the private radios and their open conversation programme- the citizens keep telling about their life hardships, the bleak economic conditions in which they live the high rate of unemployment the yoyo prices of basic foods stuffs, and their difficulty to make savings,etc. The different social strata of the Mauritian society have been victims of tax rules, like charges on bank savings, and the NRPT. The financial secretary seems oblivious of the numerous radio programmes and press articles that relate to this subject. The Human Resource guidelines seem to target solely the ministries and conveniently leave out the parastatal bodies. Any reason for this selective approach? For truly those parastatal bodies that are administered by the Finance Ministry have their own laisser faire policy, where tax payers money are lavishly spent for non productive events. How many of the parastatal bodies have recruitment practices that only suit the interests of those in control. Such parastatal bodies have been showing huge budget deficits, and closer inspections show overseas missions and cocktails, and purchase of vintage cars absorbing gigantic funds. One feature of the parastatal bodies is that opacity and non transparency policies are held as maxims for every act, frequent absences of the director occur without any official notice, and again the offspring’s of board members get the highest paid salaries for newly created posts. Where the National Audit Report- that’s one legitimate concern that is should have received first priority. if anything good had come of the economic crisis, it had presented a society driven by unsustainable consumption with a "reality check". The economic downturn might lead to a new understanding of the true meaning of wealth. It is a sort of reality check, isn't it, which is always good for us. A reminder that what I think some people have called fairy gold is just that - that sooner or later you have to ask 'what are we making or what are assembling or accumulating wealth for? The funds of the stimulus package gone to friends of the political circle. Why do we keep pushing for best benchmarkings at the expense of everything else? Many have denounced the workings of the financial markets soon after the scale of the economic crisis started to become clear. People should not "spend to save the economy" but for "human reasons". We questioned the way of what is called "unbridled capitalism" had become. We questioned the government's plan to stimulate the economy with spending, warning that it was "a little bit like the addict returning to the drug". The "comforts and luxuries" people took for granted could not be sustained forever and forecast that civilisation would one day collapse. The State fat cats including directors must swap their desire to "make a quick buck" for a commitment to share their wealth. The stark reality in Mauritius is "great disparities" of is the gap between rich and poor. Those with power need to ensure that the poor are not disproportionately affected."What is required is a change of heart, of disposition, of attitude. Now dwelling on the ambition of Mr. Mansoor for indulging in pursuit of Emotional Intelligence. Avowing his right to choose this path for the values of democracy stay supreme. The Myth of "Emotional Intelligence"There's a new corporate term in use lately - "emotional intelligence." People are even being tested for their "emotional intelligence" levels. Is there any value in this? The very concept of "emotional intelligence" is preposterous. Your intelligence does not come from your emotions. Your intelligence is a consequence of your ability to think rationally, abstractly, and conceptually. If you read between the lines, what's called emotional intelligence sounds more like political intelligence. Politics, in this context, means the capacity to make friends and get along with others. Glorifying "emotional intelligence" elevates the ability to make connections and friends - at most, a sideline in a productive person's life - to the status of conceptual thought. It implies that if only there were more political Bill Clinton-types in the world. Imagine, for a moment, what such a world would be like. There would be no scientific or business geniuses to provide us with all the technology, medicine, cell phones, automobiles and the countless other things we enjoy. Instead, there would be hordes of sneering political types who know how to slap each other's backs and kiss babies. Civilization would quickly collapse. This is where the glorification of so-called "emotional intelligence" leads. It's a vicious error, and an entirely corrupt concept.
Par:-LOL
Je vous plains dans vos frequentations et votre discernement M. Mansoor. Rama integre et "un des économistes les plus intelligents que j’ai jamais rencontré". Vous etes de toute evidence tres influencable. Mais je ne m'attendais pas a ce que vous soyez aussi hypocrite!
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