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Amar Deerpalsing : « Il n'y a pas un réel désir pour aider les Petites et moyennes entreprises »
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Jean-Pierre Bertrand  |  31/01/2010

Le président de l’association des PME, revient sur les difficultés que rencontrent ces opérateurs. Selon lui, le secteur le plus productif du pays risque de ne plus l’être.

La Banque Mondiale a injecté récemment Rs 600 millions pour soutenir les PME, quelle est la somme mise à la disposition petits entrepreneurs, à ce jour ?

Absolument rien. Pas un sous à ce jour. On en parle depuis la lecture du budget de Mai 2009.

Est-ce que l’accès à ce financement demeure toujours difficile pour les PME ?

J'en ai parlé de cette quasi impossibilité d’accès au finance à toutes les autorités concernées depuis longtemps déjà. Rien n'a été fait concrètement malgré tous les discours de bonnes intentions de part et d'autres et malgré toute la panoplie de mesures annoncées sous le Stimulus et Additional Stimulus Package et encore ceux contenus dans les deux budgets de 2009.

Pourquoi l’aide n’arrive-t-elle pas aux PME ?

L’aide n'arrive pas aux PME simplement parce qu'elle est régie de telle sorte à ce que personne ne peut en bénéficier. La Banque Mondiale a conclu, dans son rapport, que les difficultés d'accès aux finances des PME freineront le développement du pays. Quarante pour cent des PME n'ont pas de facilités financières, alors que les PME constituent le secteur le plus productif. Ce secteur est porteur d'espoir, de croissance.

Pouvez-vous donner des exemples de ce que vous avancez ?

Ne pas allouer les ressources nécessaires au secteur le plus productif du pays relève du non sens. Je vous donne quelques exemples: il n’y a pas un seul bénéficiaire pour l'aide de la DBM proposée à ceux qui font moins de Rs 5 millions idem pour le Additional Stimulus Package, pas un seul bénéficiaire à travers les banques le Mauritius Approach, où les banques ont mis Rs 300 millions à la disposition des PME, seuls quelque dossiers ont été considérés malgré l'apport des garanties par l'Etat et les formulaires dûment remplis par des Chartered Financial Analysts (CFA) qui sont des professionnels.  Le Manufacturing Adjustment and SME Development (MASMED) pour les PME a été retiré alors que les grosses boites, elles, continuent à en bénéficier.

Pourquoi n’alloue-t-on pas des ressources à ce secteur, alors ?

Il n'y a pas un réel désir d'alléger les difficultés des PME malgré tout les bienfaits de ce secteur qui génère 43% des emplois malgré la crise financière qui a infligé un coup de massue à ce secteur très fragile.

Quelle serait la solution pour que cet argent arrive plus facilement aux entreprises ?

Une réelle volonté politique et de la bonne foi du secteur bancaire. La façon d'opérer de notre secteur bancaire est indécente à plus d'un titre.

Le conseil des ministres a donné son aval pour la mise en œuvre d’un plan stratégique de Rs 3,1 milliards pour les industries et les PME n’allez-vous pas rencontrer le même problème ?

Attendons voir. Il y a 100 000 PME à Maurice, et le bon sens, en cette année électorale, dicterait d'autres discours de bonnes intentions ou encore d'autres panoplies de mesures. Ce qui m'intéresse c'est de savoir si ce serait des discours creux et malveillants et des fausses promesses comme ce fut le cas jusqu'à présent, ou s'il y a vraiment du concret.

Quelle est la bonne stratégie pour rendre les PME plus compétitives ?

Il est déjà le secteur Le plus productif du pays d'après le rapport de la Banque Mondiale « Investment Climate Assessment 2009 ». Mais il ne le serait plus s'il le secteur ne se modernise pas davantage. Le financement est le facteur clé de toute forme de modernisation.  

    
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