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Cantines scolaires: Polémique autour des produits autorisés à la vente
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Jean-Pierre Bertrand  |  09/01/2010

La décision du ministère de la Santé de réglementer la liste des produits alimentaires autorisés à la vente dans les cantines scolaires fait polémique. En ce jour de rentrée, Aryamah Doomun (à droite sur la photo), nutritionniste en chef par intérim au ministère de la Santé et Bernard Betsy (à g), porte-parole des cantiniers donnent leurs points de vue.

Le ministre de la Santé a promulgué, à la fin de l’année dernière, des règlements qui limitent le nombre de produits alimentaires à être mis à la vente dans les cantines scolaires à partir du lundi 11 janvier. La polémique s’amplifie autour de la liste de produits autorisés de vente. Le ministère de la Santé dit agir pour régler le problème de mauvaise alimentation alors que les cantiniers affirment que la liste des produits autorisés est trop restreinte. Les nouveaux règlements intéressent  aussi les parents qui devront revoir le mode d’alimentation des leurs enfants quand ces derniers sont à l’école.   Lexpress.mu a voulu en savoir plus en interrogeant Aryamah Doomun, nutritionniste en chef par intérim au ministère de la Santé et Bernard Betsy, porte-parole des cantiniers.

Les produits alimentaires autorisés de vente dans les cantines en vertu des Sale of Food on Premises of Educational Institutions Regulations 2009, le règlement récemment promulgué, sont les suivants : Manioc (bouilli), Daal puris , Farata , Eau, Fruits (à l’exception de fruits cuits au sucre, confit  au sucre, cristallisés ou achards),  Idli, Maïs bouilli ou grillé, Noix (bouillie ou grillée), y compris amandes, noix de cajou, cacahuètes, pistaches, Crêpes, Pudding de pain, de manioc, de maïs, de semoule, ou de vermicelle, Pain fourré (ne  contenant aucun aliment  frit (deep fried), Pois chiche « gramme » (bouilli ou grillé), Poutou, Sandwich  (ne contenant aucun aliment  frit (deep fried), Patate douce (bouillie), Igname (arouille) bouillie.

Quelles son vos commentaires sur cette liste de 15 produits autorisés à la vente dans les cantines scolaires ?

Aryamah Doomun :   Cette liste entrera inévitablement en vigueur lundi prochain. Une mauvaise alimentation des Mauriciens en générale, a guidé la rédaction de cette liste. Il faut savoir que 15% des étudiants en primaire et secondaire sont en surpoids à cause d’une mauvaise alimentation. La carie dentaire concerne 70% des élèves en secondaire et 90% en primaire.

Les maladies cardiovasculaires touchent de plus en plus les jeunes. Cette liste est un moyen de prévention et également de guérison. Toutefois, nous restons ouverts à toutes propositions. Nous allons les recevoir, les analyser et, bien sûr, la décision ne sera pas prise immédiatement, encore moins, changer la loi pour modifier la liste.

Bernard Betsy : Le problème est simple cette liste de produits autorisés n’est pas variée et les enfants aiment la variété. On aurait pu avoir des céréales, des paninis, des soupes, des produits laitiers comme du fromage, des œufs, des pâtes (elles sont recommandées partout dans le monde entier), les brochettes, du poulet entre autres. En Australie, par exemple, le gouvernement recommande les produits laitiers pour combattre la carie dentaire. Ne pas offrir de produits laitiers sous prétexte qu’ils doivent être frigorifiés, est une erreur, puisque toutes les cantines qui se respectent sont munies de réfrigérateur.

Quel est l’impact des cantines scolaires sur l’alimentation des jeunes ?

Aryamah Doomun : Les cantines scolaires font partie intégrante de l’établissement scolaire. Il ne faudrait pas qu’elles soient en contradiction avec ce qui est enseigné dans les salles de classe. Si l’on enseigne aux élèves de manger équilibré, les cantines ne peuvent pas leur permettre d’y passer outre. La discipline commence au sein de l’établissement scolaire même. Je voudrais ajouter que les parents doivent prendre leur responsabilité. Un repas équilibré commence à la maison et la plupart de nos élèves arrivent à l’école avec leur déjeuner dans le sac. Les cantines viennent simplement compléter ce repas.

Bernard Betsy : Un enfant ne passe pas plus de 4-5 minutes devant une cantine scolaire. Quel est le poids de ce temps sur l’alimentation d’un enfant. Le problème n’est pas chez nous. Les parents devraient prendre leur responsabilité dès la naissance de l’enfant. L’habitude alimentaire se prend en famille pas devant une cantine. Je vais être clair, il n’y a pas de désaccord entre le gouvernement et les cantiniers des établissements scolaires. Nous dénonçons tout simplement la révision de cette liste qui est trop restreinte.

L’introduction d’une liste restreinte de produits à être mis en vente dans les cantines ne risque-t-elle pas de porter préjudice aux cantiniers ?

Aryamah Doomun :  Je pense que la priorité est la santé des enfants. Elle est plus importante que le profit. Je le redis venez avec des propositions nous allons les considérer et si besoin, nous modifierons la loi. Mais ce n’est pas d’actualité puisque c’est un processus qui demande du temps. Cette liste n’est pas exhaustive, mais la rallonger n’est pas d’actualité.

Bernard Betsy  – Ce n’est pas vraiment un problème pour nous. Nous allons contre notre gré nous plier à la réglementation, pour ce premier trimestre. Lundi nous rencontrons la nutritionniste du ministère pour faire une proposition solide au gouvernement. Cela prendra le temps qu’il faudra, nous sommes habitués aux lenteurs administratives. Mais si rien n’est fait, d’ici jusqu’au deuxième trimestre, nous allons déterrer la hache de guerre. Nous sommes disposés à attendre mais il ne faudra pas exagérer. Les élections sont derrières la porte et nous allons faire entendre notre voix.

Comment comptez-vous sensibiliser la population ?

Aryamah Doomun : Nous effectuerons des causeries dans toutes les écoles en priorité. Nous avons également l’intention de passer à la radio et télévision nationale. Nous allons rencontrer les parents à travers les associations de parents d’élèves (PTA). Notre objectif, c’est que tout le monde soit au courant de notre démarche et comprenne notre position. Je ne comprends pas la révolte des cantiniers puisque nous les avons consultés en novembre de l’année dernière. Par exemple, concernant les daal puris et les faratas , ces produits sont à base de grains secs et de légumes et quelque part ce sont des aliments complets contenant toutes les richesses d’un plat équilibré. Nous comptons mener une campagne agressive pour faire comprendre cela aux gens.

Bernard Betsy : Nous savons avec qui nous avons affaire. Nous sommes et serons toujours sur nos gardes, nous ne le laisserons pas faire.

 

    

Commentaires

Par:-RN
Restriction ou pas...mecontent ou pas...deja une prise de consciense louable de la part des parents ainsi que et surtout les enfants. Si les 'gerants' des cantines sont pas d'accord,ils doivent tout simplement 'decamper' de l'ecole pour negocier d'autres 'business plus profitables ailleurs...
Par:-sharon ancharuz
Franchement,c'est une tres bonne initiative mais personnellement il manque beaucoup d'organisation je trouve que cela a ete trop rapide parce que frachement cette liste c'est ridicule parce que premierement il manque beaucoup de aliments nutritives notre corps n'aura pas tous les vitamines,minerals,ect...il faut mettre en vente des salades de fruits de legumes contenant un peu poulet,de jambon et de fromage;et des pates aussi comme des spagetille,pizza contenant sa salade a coter comme sa c'est tres equilibrer et sain pour la sante comme on le dis sur certaines channes pour enfants 5 FRUITS ET LEGUMES PAR JOUR OU NE MANGE PAS TROP GRAS TROP SALER TROP SUCREE IL FAUT FAIRE CELA ICI AUSSI ET SENSIBILISER PARENT ET ENFANT CONCERNANT LEUR ALIMENTATION
Par:-Sydney Lionnet
I cannot see the point in such restrictions as there is a "L'hotel mine" in every corner of the island with greasy food on its menu. Food poisoning is common in FLACQ as reported by this newspaper. Why does food supplied to scholars have to be restricted to the liking of some officials? . The health of the adult population can therefore be neglected, why does these officials not prescribe what should be on the menu of the various little restaurants over the island. This is a case of blatant double standard with an unknown agenda, immaterial whether the community is poisoned on a regular basis in Flacq.
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