jeudi 24 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Loto: Portrait d’un joueur invétéré
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Jean-Pierre Bertrand  |  06/01/2010

Jean-Marie Perrine habite  Port Sud-Est, à Rodrigues. Il est l’un des heureux gagnants du dernier tirage du Loto du samedi 2 janvier. Mais avant d’empocher les 3 millions de roupies, Jean-Marie Perrine a dépensé plus de 2 millions aux divers jeux de hasard, tant il est possédé par la fièvre du gain. Voici son histoire.

Jean-Marie Perrine a 57 ans il est séparé de sa femme qui lui a donné six enfants. Trois d’entre eux sont à Rodrigues, deux sont à Maurice et une fille vit en Suisse. Il essaie tant bien que mal de gagner sa vie à travers des petits boulots qu’il cumule dans la cour de certains particuliers. «C’est en allant jouer toutes les Rs 100 obtenues dans la matinée du dimanche, après avoir effectué un petit boulot, que j’ai appris la bonne nouvelle», affirme-t-il.
Avant de devenir millionnaire, la vie n’a pas été tendre avec lui. «J’étais un enfant maltraité et je n’ai jamais connu une vie facile. Je n’ai rien fait d’illégal, mais j’ai dû apprendre à me battre et j’ai dû jeter mon dévolu sur le jeu pour m’en sortir», ajoute Jean-Marie Perrine.
Cet analphabète de Port Sud-Est a travaillé pour le gouvernement pendant une partie de sa vie pour nourrir sa famille. Mais il faillira plusieurs fois à cette tâche à cause de sa dépendance au jeu. «C’est presqu’un vice chez moi, je touchais 6,000 à 7,000 roupies par mois, et souvent je dépensais le tout au jeu. Ma famille n’avait rien à manger pendant tout le mois. Cela s’est produit plusieurs fois. J’ai souvent demandé de l’argent pour jouer. C’était l’enfer pour rembourser cet argent puisque je ne gagnais que très rarement», avoue-t-il sans aucune gêne.

Jean-Marie Perrine est conscient de son état de dépendance. «Ma fille qui se trouve actuellement en Suisse refuse de m’envoyer de l’argent parce qu’elle sait que je vais tout dépenser au jeu, ce qui n’est pas faux», dit-il presqu’en rigolant.

A la question : que fera Jean-Marie de son argent ? Voici sa réponse : «J’ai toujours rêvé d’avoir une voiture. J’ai eu six mobylettes. Mais mon plus grand rêve, c’est de posséder une voiture. J’aimerais bien améliorer ma situation et celle de mes enfants. Je compte acheter deux maisons à Maurice pour chacun de mes fils. Et à Rodrigues, je vais investir dans un restaurant», révèle-t-il.
Mais chasser le naturel, il revient au galop. « Je ne vais pas arrêter de jouer. Je ne vais tout de même pas jouer les 3 millions de roupies, mais je vais continuer. C’est plus fort que moi», avoue-t-il. «J’ai beaucoup prié et je pense que Dieu m’a exaucé. Mais je vivais un enfer. J’étais dans un problème financier critique et la chance m’a souri à temps. Vous savez, je n’ai pas toujours fait de belles choses parce que je suis un accro du jeu. Je me suis souvent retrouvé dans une situation de surendettement à cause du jeu. Que voulez-vous, j’en suis devenu dépendant», dit-il sur un ton grave.

Tous les zougadères n’auront pas la même chance que Jean-Marie Perrine. Il est une des rares personnes gagnées par le vice du jeu à s’en être sorti, pour le moment, par un concours de circonstances favorables. Devrons-nous trouver là un sursis ? L’avenir nous le dira. En attendant, pour le joueur pathologique qu’est Jean-Marie Perrine, la vie n’aura de sens qu’après avoir touché un plus gros lot… et pourquoi pas la cagnotte  de… Rs 50 millions !

    

Commentaires

Par:-tachou
Eh beh Mr Perrine a bien de la chance. La chance ne surgit qu'une fois mais pas deux. Donc c'est le moment d'arreter de jouer avant que c'est trop tard. A bon entendeur salut.
Par:-Titine
J'ai bien rigoler en lisant ce texte. Mais franchement,... c'est un vrai massacre. Ce monsieur a bien besoin d'être traité. Et il n'est malheureusement pas le seul.
Par:-Julaybib
Je me demande si la lotterie Nationale va aider ce joueur pathologique comme elle prétend sur ses brochures. En tout cas, son «hotline» ne marche jamais.
Par:-Yul
C'est dommage et on n'a qu'à compter les semaines ou mois où il reviendra à son point de départ- soit endetté comme toujours. Quel cercle vicieux quand la tentation est toujours là et grandissante. Tout compte fait, contente pour lui et le fait qu'il va aider ses enfants mais les statistiques démontrent qu'au lieu de faire fructifier leurs gains ou avoirs, les heureux gagnants pensent qu'ils gagneront plus en jetant l'argent dans le jeu.
Par:-jean
un conseil monsieur, arreter de jouer,la chance pas vine deux fois.laisse la chance pou les zottes.
Par:-Baltazar
Le zougadère gros gagnant n'est pas loins de retourner à zéro ou même en arrière avec un pire surendettement. Le jeu n'est pas seulement un vice mais une maladie psychique très grave. Mr. Perrine ! allez vous faire soigner.
Par:-rechard
Quoiqu'on en fasse, l'argent provenant des jeux du hasard ne profite jamais à quiconque. C'est de l'argent façile qui n'a pas été acquis à la sueur du front. Donc, c'est toujours l'argent du labeur propre qui nous procure la bonne santé et une vie saine.
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Rekha Issur-Goorah : “Where there is proposed reform, there is resistance”
It was an unpretentious, calm and down-to-earth registrar that we met to try and shed some light on the polemic which has rocked the university this week. She agreed to give her side of the story. A side which is little known.
 [7]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus