jeudi 24 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Sam Lauthan: «Un mur existe entre la chaire et le trottoir»
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Jean-Pierre Bertrand  |  07/12/2009

Il annonce qu'il travaille sur un dossier qui s'intitule ‘Le jihad contre l’indifférence’. Pour lui, le temps presse. Il s’élève contre l’indifférence des associations, des mosquées et des organisations socioculturelles. C’est la raison pour laquelle Sam Lauthan décide de délaisser la chasse aux électeurs… pour se concentrer sur la chasse aux gothiques. C’est l’une des nouvelles missions qu’il s’est fixées.

Chasse aux électeurs-chasse aux gothiques, quelles sont les différences et les similitudes?

J’ai toujours fait de la politique dans un but social. Ce n’était jamais pour le pouvoir. C’est vrai que faire de la politique peut servir comme un levier pour faire plus pour le social. Pour la chasse aux gothiques, les médias semblent banaliser ce combat. Il y a visiblement une incompréhension au sein même de mes militants. Ils trouvent mon départ de la politique tellement ridicule et difficile à accepter, surtout avec la position que j’occupe dans la hiérarchie. Je vais quand même m’occuper du social à temps plein.

Je connais des cas où les enfants s’entaillent le bras et pour boire leur sang. Je connais des enfants qui pratiquent l’automutilation. Je leur ai parlé et ils m’ont répondu que je ne pouvais pas comprendre avant de dire que personne ne les aime: «la société nous a fait du mal, nos pères et nos mères nous cognent dessus, on nous fait mal partout, c’est pourquoi nous préférons nous faire mal nous-mêmes». L’un d’eux me disait que c’est un plaisir de voir couler son sang. C’est dommage de banaliser ces choses là. La situation est grave.

Quelle est l’ampleur du phénomène à Maurice jusqu’à lui accorder tout ce temps?

Je vais revenir en arrière à trente ans de cela. Je parlais du problème de la drogue, avant même que le Brown Sugar et le gandia fassent leur apparition. A l’époque, le père Robert Jauffret m’a beaucoup aidé. Et quand le Brown Sugar a fait son apparition, je me suis montré vigilant en me documentant immédiatement sur le sujet. A ce moment, Kadress Pillay, Julien Lourdes, Robert Jauffret et moi-même, nous mettions la population en garde. Si on ne l’arrêtait pas sur le champ, ses méfaits nous explosaient à la figure. C’est ce qui s’est passé. Malheureusement, nous avions raison. Idem pour le problème de la pornographie. Je demandais à ce qu’on prépare les parents à la sexualité en brisant les tabous autour, sinon la pornographie ferait des ravages. C’est ce qui s’est passé.

Et sur le gothique, je suis toujours le whistle blower. Je ne sais pas si l’histoire va se répéter, mais ça en a tout l’air. Je collabore quand même avec des parents et des enseignants. Le phénomène est étendu dans tous les collèges de l’île. Le fait qui m’a poussé à être plus agressif, c’est lorsque j’ai entendu que, dans une école primaire, l’école Raman Abdool à Plaine Verte, 10 enfants pratiquent de l’automutilation. Le plus jeune a huit ans. Je ne suis pas insensible à ce genre de problème. Je trouve cela extrêmement grave qu’un enfant de cet âge s’entaille le bras.

Il y a deux catégories de jeunes. Ceux qui suivent le phénomène de mode sans vraiment être imprégnés de la philosophie gothique. D’autres qui écoutent les chansons du mouvement. J’ai téléchargé une soixantaine de ce genre de musique. C’est du satanisme. Les mots qui reviennent, drogue, sexe, pornographie, sodomie, fellation, du sang, dépression, suicides…Les enfants sont exposés à cela avec le MP3 ou MP4 collé aux oreilles. Et les parents ne se doutent de rien. Le problème est très méconnu des parents et des autorités religieuses. Je l’ai dit au Parlement, le jeudi 3 décembre. Ni les parents, ni la plupart des chefs religieux qui ne sont pas on-line, ne savent pas ce qui se passe. Tandis que les enfants sont à jour.

Parlez-nous de ce ‘jihad’ que vous comptez lancer contre l’indifférence.

Je parlerai de la communauté musulmane où les filles se font tatouer la poitrine, s’entaillent les jambes pour écrire le nom de Marylin Manson. Elles dorment sur les croix inversées, c’est de l’antéchrist. C’est extrêmement grave. Jihad ne veut pas dire kamikaze et bombes, mais c’est plus dans l’esprit, c’est-à-dire foncer avec beaucoup de détermination, de courage et de bravoure pour briser l’indifférence. Car la société est malheureusement indifférente. Nous avons même sorti le slogan dans notre combat contre la drogue: «plus grave que la drogue l’indifférence». Sur le coup de l’émotion, nous avons eu une centaine de personnes pour la cérémonie à la mémoire de Marie-Ange Milazar, cette prostituée enceinte sauvagement agressée. Je vous garantis que si c’était à refaire dans un mois ou deux, on obtiendrait que le quart. Il faut en finir avec l’indifférence ou l’inconscience.

Ceux qui ont été victimes d’overdose ou du sida sont morts dans leur foi. Avec ce problème d’antéchrist, les gens meurent en ayant perdu la foi. C’est beaucoup plus grave. Pour moi, perdre la foi c’est plus que perdre la vie.

La société se montre-t-elle trop permissive, selon vous?

Permissive et inconsciente parce que les parents et les autorités religieuses sont dépassés par le développement révolutionnaire de la technologie informatique. Si les parents ne sont pas exposés, les jeunes par contre le sont.

Là où j’anime des réunions, la réaction des parents est la suivante: «vous avez raison, mais nous n’étions pas comme ces enfants de 14-15 ans quand nous avions leur âge». Je leur réponds que les temps ont changé. De nos jours, les enfants en pré-primaire ont leur portable, alors que nous savons que les clips pornographiques y circulent. Nous ne pouvons pas arrêter le progrès. L’Internet demeure néanmoins un outil qu’il faut savoir utiliser à bon escient. La réalité d’aujourd’hui, c’est que nos enfants sont exposés par les multimédias. Il devient de plus en plus difficile pour un jeune d’être jeune aujourd’hui. Idem pour les adolescents aujourd’hui. Par conséquent, il devient beaucoup plus difficile d’être parents d’un jeune ou d’un adolescent.
Sans faire le procès des parents, ni celui des enfants, nous réalisons que nos enfants sont exposés à toutes sortes de littératures et de musiques. C’est la cruelle réalité. Les parents en sont décontenancés. Nous menons une campagne de sensibilisation sans culpabiliser. Nous ne critiquons pas les autorités religieuses. Nous ne faisons que constater. Nous devons nous démarquer et être à l’écoute. Un mur existe entre la chaire et le trottoir. Nous voulons abattre ce mur pour laisser la place à un pont entre les institutions religieuses et la rue. Ce sont deux mondes différents qui se côtoient sans se connaître. Entre le dépôt des enfants à l’école et leur récupération l’après midi, il se passe beaucoup de choses que les parents ignorent. Je ne veux affoler personne, mais il faut rester vigilant.

Je voudrais mettre le débat sur un contexte religieux et spirituel. Je dis aux parents: si vous avez des adolescents, garçons ou filles, et vous pensez pouvoir les surveiller 24/24, vous rêvez. Il y a tellement de moyens pour échapper à votre vigilance. Par contre, en faisant leur éducation religieuse comme il se doit, c’est-à-dire mettre le respect de Dieu et l’Amour du prochain dans leur cœur, ce sera leur garde-fou, leurs repères.



 

    

Commentaires

Par:-xul spooky
c pas la faute aux jeunes s'ils sont devenus comme ça, c 'est parcequ'ils ne comprennent plus ce qui se passent autour d'eux, surement monsieur lauthan est totalement perdu par ce phénomène ben les jeunes encore plus... cette culture de haine qu'ils pronent, c ça qui leur donnent un refuge, c normal quand on a eu une journée de merde, on va aller se perdre dans des literatures ou musique morbides parce qu'on se connecte à cela, le livre ou le cd va pas te crier dessus parceque tes un bizaroid o contraire tu te sentira encore mieux d'etre un exclu. Ce n'est pas un combat contre cette culture car elle a toujours exister, mais plutot une maniere de canaliser ces jeunes vers quelquechose de constructif, je sais pas si mes mots toucheront quelqu'un ou personne mais jai dis cke j'vais a dire.
Par:-MoralScientist
Although the arabic word "jihad" simply means "struggle" and 99.9% of Muslims insist that the greatest jihad is against our own basest instincts (and who would argue that self-mutilating 'satanism' and other nihilistic practices are not part of our basest instincts?), I am myself prepared to agree with Andrew that, at this particular moment in history, we should avoid controversy by using the word "jihad" (let's use "struggle" or "lutte") even for a cause that is in every way as noble as "the greatest jihad".
Par:-zapata
All my respect to you Mr Lauthan ,hope the Almighty God help in your mission.
Par:-Andrew Twin
I really appreciate most of your views about how permissive or dormant we are concerning all the problems attacking our children. The only part that I am against is the use of JIHAD. For many people, this word means killing, terrorism and all so bad things attached to it. Apart from this , I am prepared to help you in this battle (NOT JIHAD )
Par:-HASSAN
SALUT- BON COURAGE ET QUE DIEU VOUS PROTEGE DANS VOTRE HUMBLE COMBAT- MERCI !!!.
Par:-MoralScientist
I bow very low, to salute you, Sir, for your profound wisdom in refusing to follow the Lider Maximo in his hate crusade against the Catholic Church.
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Rekha Issur-Goorah : “Where there is proposed reform, there is resistance”
It was an unpretentious, calm and down-to-earth registrar that we met to try and shed some light on the polemic which has rocked the university this week. She agreed to give her side of the story. A side which is little known.
 [7]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus