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Ashok Subron: “La MSPA a les moyens de payer»
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Nazim Esoof  |  27/11/2009

Le négociateur syndical des salariés de l’industrie cannière revient sur le conflit qui oppose ces derniers à la MSPA.

Qu’est-ce qui s’est passé en coulisses pour que la plate-forme syndicale des travailleurs des sucreries suspende le mouvement de grève?

Je dois d’abord mettre l’accent sur ce qui s’est passé sur le terrain. Il faut dire que les travailleurs, après bien des années, étaient réellement déterminés à braver l’illégalité de la grève que nous allions organiser. Parce qu’ils ont compris les enjeux. Ils ont compris que les droits garantis par l’ancien Tribunal d’Arbitrage Permanent étaient remis en question. Ils ont compris que la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA) faisait systématiquement du chantage avec eux pour annuler toutes les revendications. La MSPA voulait ainsi des négociations distinctes entre les usines et leurs employés respectifs. C’était clairement une stratégie de «divide and rule». Les travailleurs ont compris cette manipulation dont ils allaient être l’objet. Ils ont compris cet abus des travailleurs saisonniers. Pour toutes ces raisons, les travailleurs étaient prêts à aller en grève.

Qu’est-ce qui les a retenus?

Il faut dire qu’il y a eu une pression exercée par les syndicats sur le gouvernement. Nous avons fait comprendre la justesse de nos revendications et nous avons mis l’accent sur le fait que les droits des travailleurs ne sont pas respectés. Nous avons établi clairement qu’il faut remplir les conditions avant de débuter les négociations. Je tiens aussi à rappeler que Me Rex Stephen, pour les travailleurs, et les avocats de l’autre partie ont beaucoup négocié pour que les droits des travailleurs soient respectés. Car, il s’agit, quand même, des droits de quelque 5 500 laboureurs-artisans.

Quelle va désormais être, selon vous, la posture de la MSPA?

Je crois que le Tribunal a bien fait comprendre les enjeux et a rappelé à chacun ses responsabilités. Le Tribunal a rétabli le déséquilibre qui existe entre les travailleurs fragilisés dans leur position et des sucriers très puissants.

Quelles sont les informations que vous recherchez à avoir?

Nous ne demandons aucune information confidentielle. Nous voulons, par exemple, savoir combien d’exemption de taxes les compagnies ont bénéficié suite à la reconversion des terres. Nous voulons aussi savoir combien d’argent est dépensé sur les travailleurs et les hauts cadres? En termes de revendications salariales, nous estimons que la MSPA a la capacité de payer les travailleurs. Aujourd’hui, un travailleur de l’industrie cannière fait le travail de six employés. Il fait du sucre, du sucre raffiné, du sucre spécial, de la production d’électricité… Son travail apporte beaucoup de valeur ajoutée. Il mérite, en fait, deux fois plus que ce que nous demandons.

Quelle est la prochaine étape?

Précisons, d’emblée, que les négociations n’ont pas encore repris. Et qu’il faut que la MSPA remplisse nos quatre conditions avant que ces négociations ne débutent. Le ministre Chaumière s’est présenté comme facilitateur dans ce processus. Il lui faut, à présent, assumer son rôle et nous faire avoir les informations que nous demandons. Les travailleurs vont fixer un délai. Une fois les informations recueillies, nous aviserons s’il faut négocier ou déclencher un mouvement de grève. Un mouvement de grève qui, il ne faut pas écarter cette possibilité, risque d’être illimité, cette fois-ci.

    
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