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Révérend Hui Li: «Une des premières leçons du bouddhisme est l’impermanence»
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Béatrice HOPE  |  30/10/2009

Le bonze était de passage dans l’île, du 26 au 28 octobre 2009. Il envisage d’ouvrir un couvent, à Maurice, pour y accueillir des orphelins.

La subsistance aux besoins de ces enfants, ainsi que leur éducation, seront prises en charge. La philosophie du Bouddha leur sera inculquée. Révérend Hui Li est très connu et respecté, notamment à Taiwan, en Chine, en Afrique du Sud et, généralement, dans le milieu bouddhique. C’est lui qui a établi, en 1992, pour le compte de l’ordre bouddhiste taïwanais, Fo Guang Shan, le premier et le plus important monastère et séminaire du continent africain, le Nan Hua Temple. Ce temple est situé dans la région de Bronkhorstpruit en Afrique du Sud.

Quelle école de pensée bouddhiste suivez-vous?

Je suis un disciple du Révérend Hsing Yun, celui qui a fondé le monastère Fo Guang Shan, à Taiwan. Je pratique le bouddhisme chan (en mandarin) ou zen (en japonais), qui est l’école de la contemplation méditative.

Que faites-vous dans la vie actuellement?

Depuis la fondation de Nan Hua Temple, j’ai aussi créé plusieurs centres en Afrique pour prendre en charge des orphelins. J’ai fait bâtir le premier Amitofo Care Centre en 2003. Aujourd’hui, j’en gère cinq : deux au Malawi, un au Zimbabwe, un au Lesotho et un autre au Swaziland. J’ai l’intention d’en ouvrir d’autres à travers ce continent. Environ 3 000 élèves résident actuellement dans les centres Amitofo. Ils sont âgés entre 4 et 15 ans. Nous avons adopté ces orphelins, dont les parents sont décédés du VIH/sida. Nous voulons leur dessiner un avenir.

Qu’enseignez-vous à ces enfants dans vos centres?

Ils y apprennent, entre autres, le mandarin, la méditation et le kung-fu. Pour l’instant, nous ne pouvons leur offrir qu’une éducation de niveau primaire. Mais nous passerons bientôt au secondaire.
 
Qu’est-ce qui vous a poussé à visiter Maurice?

J’ai finalement accepté l’invitation de la Révérende Shi-sen Miow, bonzesse qui vit à Maurice. Elle m’a invité à plusieurs reprises, mais je n’ai pas pu venir auparavant.

Comptez-vous établir un centre ou un monastère ici?

J’y pense. Au départ, j’imagine plutôt un couvent pour les orphelins. Toutefois, j’ai tellement à gérer avec la construction des centres Amitofo en Afrique… En plus, ce ne sera pas facile de faire des démarches ici parce que je ne parle pas vos langues. Il faut également que le gouvernement mauricien accepte de me donner un permis pour que je puisse construire ce couvent. Pour l’instant, je ne sais pas… On verra bien.

Le bouddhisme est présent en Afrique. D’ailleurs, le bouddhisme devient de plus en plus populaire dans le monde entier. Pouvez-vous expliquer simplement la philosophie du Bouddha?

Le bouddhisme a été fondé par un homme nommé Siddhârta Gautama. Il est donc le premier Bouddha.

Dans d’autres religions, c’est Dieu qui a créé la Terre. Mais Bouddha ne prétend pas qu’il l’a créée. Il ne nous demande pas de croire aveuglément en ses enseignements. Au contraire, il nous dit de les mettre en pratique afin de déterminer, nous-mêmes, s’ils sont vrais ou s’ils nous conviennent.

Une des premières leçons du bouddhisme est l’impermanence. Nous comprenons que tout change. Seul ce fait ne change pas.

Nous réalisons également que notre perception du monde, à chaque instant, est générée par la condition de notre cœur à ce moment précis. C’est ainsi qu’en 24 heures, l’être humain a eu plus de 1 000 pensées et autant d’états d’esprit. Il a expérimenté la joie, la colère, la tristesse... Et toutes ces sensations naissent du même cœur.

Une autre leçon est l’interrelation entre tout ce qui existe. Nous savons que chaque chose est constituée de plusieurs composants. Quand on dissocie les composants d’une chose, elle n’existe plus. Car tout est relié.
 
Mais un des préceptes fondamentaux de Bouddha est que, dans la vie, il faut être conscient de toutes nos pensées et nos actions. Elles s’accumulent et influent sur notre karma. C’est pour cela qu’il nous faut agir de manière juste. Du reste, «Bouddha» signifie «l’éveillé».

 

    
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