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Bruno Raya: «Un peuple sans culture, c’est comme un arbre sans racine»
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Sarah Onno  |  29/08/2009

Le leader de Otentikk Street Brothers revient sur le parcours de son groupe qui célèbre ses 17 ans ces jours-ci.

 

Bruno Raya, considérez-vous avoir atteint vos objectifs en ces 17 ans ?


Non. Pas du tout. Je considérerai que j’ai atteint mes objectifs quand je serai dans ma tombe. Il nous reste encore beaucoup de travail à faire et c’est pourquoi le thème de notre concert cette année est «Insisté Persisté pou ki nu Existé».

Nous n’oublions pas nos fans parce que, sans eux, nous n’aurions pas avancé durant ces années. Je dois dire que sans nous aussi, ils n’auraient pas appris la dure réalité des problèmes dans notre île. OSB n’est pas qu’un groupe musical, mais aussi un groupe social qui partage et fait connaître tous les maux de notre société. Nous formulons des critiques constructives à l’encontre des injustices que nous voyons autour de nous. C’est ce que nous faisons depuis que le groupe a été lancé, le 26 août 1992.

Justement, vos morceaux ont parfois choqué certaines personnes. On disait même que vous alliez avoir des ennuis avec les autorités…

C’est vrai. A l’époque, il y avait une seule radio, il y a encore une seule télévision (il précise en grimaçant), il y avait beaucoup de censures sur nos morceaux. Les textes que nous écrivions étaient toujours avancés et explicites. On nous censurait parce qu’on pensait que nous disions trop et que nous exagérions. Mais c’était en fait un message de vérité que nous faisions passer et qui choquait. Aujourd’hui, tout le monde confirme nos dires. Je pense aussi qu’OSB continue de vivre dans le cœur des gens car tout ce que nous avons dit dans nos chansons s’est avéré vrai.
Je me rappelle, nous avions un morceau qui s’appelait Virus, dans laquelle nous parlions des problèmes dans les banlieues de façon très franche. La radio nationale nous avait censurés. Mais aujourd’hui, ce morceau passe sur toutes les ondes car on a compris que le problème existe bel et bien et s’aggrave de plus en plus.

Quel est essentiellement votre combat?

Notre combat, c’est de faire passer notre message par la musique. Nous combattons la négativité, les fléaux qui font du mal à notre société. Nous combattons surtout pour faire respecter la créolité de tout un chacun dans la société. Encourager les gens à respecter toutes les religions et cohabiter dans l’harmonie ensemble. Nous voulons promouvoir l’unité mauricienne dans un système où certains politiciens adoptent le dicton: «diviser pour mieux régner.» Nous rassemblons pour mieux faire prospérer une île Maurice moderne.

Votre musique a surtout attiré beaucoup de jeunes. Quels sont vos projets pour l’avenir, surtout en rapport aux jeunes?

Nous étions le premier groupe à commencer un certain style de musique (Ragga créole) dans l’océan Indien à notre époque. Je constate avec plaisir qu’il y a beaucoup de jeunes qui se sont inspirés de ce style pour faire leur propre morceau et, grâce à ces jeunes, la musique évolue beaucoup ici. Nos projets visent à essayer de trouver d’autres idées pour mieux promouvoir ce que nous faisons.

De nos jours, il y a un nouveau combat des artistes mauriciens. Tous militent pour qu’on les reconnaisse. Ils ont d’ailleurs voté des résolutions lors de la Journée des artistes. Mais, en même temps, nous voyons que rien n’a été fait pour respecter leur demande. Qu’en pensez-vous?

C’est dommage que jusqu’à ce jour, notre pays ne fait toujours pas confiance à ses artistes. On ne croit pas en notre culture, mais plutôt en celles des autres. On croit que la culture des autres à plus de richesses. Mais c’est totalement faux. Et la personne qui est à la tête du ministère de la Culture à Maurice, cette personne n’a aucune notion de ce que la culture veut dire. Je ne crois pas qu’il comprend la culture mauricienne. A part lire les discours déjà rédigés par ses subordonnés, je ne vois pas ce qu’il fait. Il y a des choses qui viennent du cœur et il y en a d’autres qui existent seulement sur les pages qu’on lit. Ce sont deux choses différentes. Tant qu’il n’y aura pas des personnes qui aiment vraiment la culture et qui croient en la capacité des artistes mauriciens au ministère de la Culture et au sein de l’Etat, ce sera dur de faire avancer la culture.

Ce qui est également dommage, c’est le fait que le potentiel est là. Nous avons produit de grand noms comme Eric Triton, Linzy Bacbotte, et, du côté du reggae, OSB a joué sur le plus grand podium en Europe, le Summer Jams, en 2007. Cela démontre que nous avons le potentiel. Ce que certains ne réalisent pas, c’est que quand un artiste part à l’étranger pour jouer sa musique, c’est surtout le pays qu’il représente. Par contre, il y a des gens qui tiennent de beaux discours. Mais lorsqu’il faut passer aux actes, il ne se passe rien.

Je dis qu’il faut prendre en compte les artistes avant qu’il ne soit trop tard. Laissez s’exprimer la musique parce qu’un peuple sans culture, c’est comme un arbre sans racine…

Mon message est le même que Kaya, mon frère que j’aime tant et qui est venu avec la même idéologie. Quand Kaya chantait (il chante) «mo pep to racine pé brilé», l’île Maurice vibrait sans comprendre ces mots.

Aujourd’hui, c’est ce qui se passe, nos racines brûlent et il faut sauver le peu qui reste si nous ne voulons pas ressembler au peuple allemand dans les années 40 sous la dictature de Hitler: un peuple meurt sans culture.

Aujourd’hui, nous ne pensons qu’au développement économique sans regarder en arrière (il chante): «Nous pé guet zis divan nou pa pé mazine sa li pa bon pas bon, ki pou arriver divan si par derryer a pé souffer man, la mo pé pose question.»

 

    

Commentaires

Par:-Carinette
Avan tou enn grobravo a Bruno ek OSB kip fer enn extra gros travay pou ki la realite ban simp morisien dan paret.... Parski si pena sa a travers la misik enn ta zafer res kasiet, zot montre nou cart postal mem. Apre mo pense ki Bruno ena rezon lor enn point fondamental: Tant ki pou ena ban incompetan ki pou okip les arts et la kiltir artis pou touzour pati ek zame pa pou gagn so plas. Fode enn dimoun konn valer l'art pou ki realis valer artis.
Par:-miket
well brother its nice to help our brothers and sisters ,may the Lord help you,remember our brother Kaya also wanted to do so,so please check the train in which you´re in,who´s driving it,is it going where you really wanna go.if not please jump........,i love all my brothers and no wanna loose them as Agathe or Kaya.pray and may God blessyou always.michael ....Germany.
Par:-HKG
Comparer notre pays avec l'allemagne Nazi, on voit bien le niveau intellectuel et de bétises de Bruno Raya! Ca commence a bien faire de voire des 'artistes', pour vendre plus de Cds cracher jour et nuit sur un pays et ses habitants. Je ne vais pas perdre plus de temps avec celui la car je n'ai pas que ça à faire!
Par:-Sabir
Tout d'abord, un grand bravo a Bruno et a la troupe d'OSB pour tant d'annees au service de la culture mauricienne. C'est connu et reconnu, je n'apporte rien de nouveau, mais je en peux m'empecher de faire la remarque: nous ne savons pas apprecier la qualite de nos artistes. J'ai eu la chance de voir plusieurs groupes mauriciens en europe, et je n'ai pas de mots pour decrire la fierte que cela me procure de voir les foules qu'ils attirent. Je me rappelle d'un certain concert de OSB a la fusion Festival dans le nord de l'allemagne, ou ils nous ont servi une performance tellement touchante que les gens autour de moi, aprrenant que je suis mauricien (car je ne pouvais m'empecher de gueuler dans la foule ma fierte d'etre mauricien), sont venus me dire ô combien ils trouvaient la musique mauricienne sympa et riche (il faut souligner que le public present etait majoritairement electro, et donc peu expose aux rythmes tropicales). M'enfin, la liste est longue, OSB encore a Berlin, Cassiya a 2h du matin dans une petite discotheque a Bordeaux en 2000, et mon tout premier concert mauricien hors de nos eaux, Ras Natty Baby a la fete commerciale de Saint-Louis en 1992 (je me trompe peut etre de la date exacte), tellement de passion dans la musique. Ce sont eux nos meilleurs ambassadeurs!! Apportons leurs la reconnaissance qui leur est dûe, avant qu'il ne soit trop tard, nous avons deja fait l'erreur fatale avec Kaya!!!! Encore bravo, et vivement le prochain concert d'OSB a Berlin....
Par:-marclints
c'était au terrain de foot de tamarin il ya deux ans. nous étions qqs étranges étrangers au milieu d'un public chaleureux et convivial, nous partageammes un concert mieux servi par le public que par la techno. Et puis à SAKIFO MORIS l'an dernier et à La REUNION cet hiver austral ERIC TRITON. Quand donc les artistes et pas uniquement les musiciens seront ils soutenus par les autoritées ??? Nos artistes se sont battus et j'ai le premier président des Lundis d'Hortense, association sans buts lucratifs. Depuis plus de 30 ans...
Par:-sylvain j
bRUNO rAYA A BIEN DIT ET C'EST BIEN VRAI....la culture nous unie et nous identifie et nous emanticipe....nous somes sure et plus confiant avec marchant avec le development parrallel a notre Culture.....bien vrai mots de Bruno....''''un arbre sans racine...une communaute'' sans ame
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