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Kadress Pillay: “On ne peut pas demander à l’école d’être prête contre tous les imprévus»
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Béatrice Hope  |  27/08/2009

L’ancien ministre de l’Education revient sur la fermeture temporaire des écoles et ses implications.

Le monde scolaire est en période de congé forcé. En guise de rattrapage, on évoque les émissions éducatives télévisées destinées aux élèves. Croyez-vous en la pertinence de ces émissions?

Oui, ces émissions sont pertinentes dans la mesure où les parents ont quand même une base pour préparer un calendrier de travail pour leurs enfants pendant cette période de congé forcé au lieu de les laisser à eux-mêmes. Le ministère a sûrement sollicité le Mauritius College of the Air pour que ces émissions soient de qualité professionnelle.

A cause de la grippe A, on s’est retrouvé dans une situation d’urgence où on voit que l’école ne peut être le seul lieu d’apprentissage. A Maurice, on a les leçons particulières. Mais c’est un système vicié. Comment s’organiser pour que l’enseignement soit accessible en dehors des salles de classe?

C’est une occasion admirable pour les associations parents–enseignants. Elles peuvent saisir l’occasion qui leur est donnée pour démontrer leur engagement auprès des enfants quand les conditions sont exceptionnelles et difficiles. Les parents et les profs peuvent s’arranger entre eux pour que les camarades de classe se réunissent à tour de rôle chez les parents en présence de leurs enseignants pour le rattrapage. Bien entendu, les conditions sanitaires doivent être scrupuleusement respectées.

Il y a énormément d’appréhensions du côté des parents sur la capacité réelle de rattrapage de leurs enfants à la suite de cette fermeture temporaire des écoles. Croyez-vous que cette crainte soit justifiée?

Je comprends la crainte des parents. Bien souvent, nous demeurons enracinés dans nos habitudes et nous refusons de faire face à des situations nouvelles même si c’est la conséquence d’une situation d’exception. Il faut rester positif et essayer de faire le maximum possible pour encourager les enfants à coopérer avec tout le monde pour leur propre bien. C’est une façon de les responsabiliser.

Vous avez été ministre de l’Education. Pensez-vous que nos écoles soient physiquement prêtes pour affronter des situations comme celles créées par la grippe A?

On ne peut pas demander à l’école d’être prête contre toute les imprévues. Néanmoins, une prise de conscience est certainement de mise. Une préparation psychologique du personnel enseignant est possible par des exercices de simulation. Ces exercices peuvent indiquer le minimum d’arrangements infrastructurels et logistiques nécessaires. Je ne crois pas que nous étions préparées à faire face aux situations similaires dix ans d’ici, et je ne suis pas en mesure de vous dire si ces arrangements existent maintenant.

 

    
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