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Jean-Claude de l’Estrac: «Moi, j’ai rêvé, je rêve encore: j’aurais voulu être le Lee Kwan Yu de Maurice»
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Jean-François Leckning  |  19/08/2009

La Sentinelle s’apprête à tourner une page importante de son histoire. Dans quelques mois, son directeur exécutif passera la main.

D’ici là, celui qui dirige l’express, 5-Plus, Lékip et Radio One entend livrer et gagner un dernier combat de taille. Au nom de la liberté de la presse, il s’est engagé dans une bataille juridique contre l’Etat, estimant que le boycott publicitaire dont sont victimes les principaux titres du groupe constitue un abus de pouvoir. Un combat qui sert les intérêts de toute la presse. Mais un combat, pourtant, que la dernière sentinelle de la presse mauricienne mène seul, sans le soutien d’une confrérie muette et indifférente à son propre sort. Il s’est confié au magazine People. Lexpress.mu reproduit ci-dessous l’entretien qu’il a accordé à Jean-François Leckning, à cet effet.


Après des années passées à transformer l’express, à donner un autre sens à la presse mauricienne, vous vous apprêtez à passer la main. La Sentinelle pourra-t-elle se priver d’un homme de l’influence de Jean-Claude de l’Estrac?

Oui. Et de belle manière. La réussite ultime d’un patron, je le crois vraiment, c’est d’assurer le succès de sa succession. Depuis deux ans, La Sentinelle s’y prépare. Après la gestion plutôt directive de celui qui est à la fois journaliste et gestionnaire, se met en place une formule plus collective. Et puis, nous nous assurons, depuis des années, que nos plus hauts responsables partagent effectivement les valeurs de l’entreprise. Pour l’institution que nous sommes devenus, c’est sans doute le principal.

Vous avez un avantage que votre successeur n’aura peut-être pas. Avant d’être un homme d’affaires, vous êtes d’abord un journaliste. Ne serait-il pas risqué de laisser La Sentinelle aux mains de quelqu’un qui n’a jamais écrit de sa vie? Comprendra-t-il, par exemple, que l’éthique journalistique ne peut succomber aux exigences du marché publicitaire?

Aucun souci, pour deux raisons. D’abord, toutes les publications continueront à être placées sous l’autorité de journalistes, de leurs rédacteurs en chef en premier lieu. La nouvelle structure prévoit que ces journalistes dépendront, en l’occurrence, de la Directrice des publications, Ariane Cavalot-de l’Estrac, et pas directement du directeur général. Ariane est d’une rigueur éthique qui donnera peut être quelques sueurs froides au futur patron de la Sentinelle.

Mais peut être pas. C’est la deuxième raison: le conseil d’administration de La Sentinelle va certainement s’assurer que le patron du groupe est un homme de culture qui comprend parfaitement les exigences journalistiques. Mais aussi les enjeux du marché publicitaire.

On dit à ce propos que votre remplaçant est déjà désigné. Denis Ithier, l’actuel COO, sera-t-il l’homme fort du groupe La Sentinelle l’année prochaine, ou rien n’est encore joué?

Strictement parlant, le conseil d’administration n’a pas encore pris de décision. Mais Denis Ithier est certainement bien en selle. Il a des qualités qui ont retenu l’attention des dirigeants du groupe. Mais ce qui préoccupe le conseil ces temps-ci, c’est plutôt la mise en place de la nouvelle structure. Elle tient justement compte du fait que Denis Ithier, s’il devait gérer La Sentinelle, ne vient pas de la profession journalistique, même s’il connaît bien le milieu, ses forces comme ses faiblesses.

Teddy Wan avait été pressenti pour prendre votre relève. Son départ précipité du groupe La Sentinelle n’a jamais été expliqué. Que s’est-il passé au juste? Un clash d’éléphants?

Oh non! Quel éléphant? Teddy Wan n’a pas été pressenti, comme vous dites, pour prendre ma relève. Il aurait certainement été considéré, le moment venu. Mais l’excellent financier qu’il est avait des vues qui ne correspondaient pas à la vision du groupe, et nous nous sommes séparés à l’amiable. A d’autres niveaux, nous avons aujourd’hui de bonnes relations d’affaires.

On a du mal à vous imaginer loin de l’express. Pas vous?

Mais moi aussi! J’ai passé près de vingt-cinq ans de ma vie à La Sentinelle. Au moment d’entrer en politique, en 1976, je suis déjà rédacteur en chef de l’express sous l’autorité du Dr Philippe Forget. Et je suis revenu en 1995, un peu en reconnaissance de tout ce que j’avais reçu dans cette université de la vie.

Mais il y a un temps pour tout. J’aspire maintenant à changer de rythme de vie. A retrouver une vie normale auprès des miens. C’est pourquoi j’ai voulu m’extirper de la gestion quotidienne. Vous savez, La Sentinelle, c’est près de 600 employés à Maurice, 150 à Madagascar, une dizaine de sociétés, une foule de projets. Mais en définitive, je ne serais pas très loin. En retrait. Pas vraiment à la retraite.

Vous parliez de Philippe Forget. C’est lui qui vous a appris votre métier?

C’est auprès de lui que j’ai fais mes classes, oui. Je suis arrivé à l’express à l’âge de 20 ans, incité par Lindsay Rivière, alors jeune reporter au journal. On se retrouvait souvent au  restaurant Ciel Bleu autour d’un mine bouilli, lui journaliste, moi agent commissionnaire, collaborateur occasionnel du journal. Je me souviens de ma première rencontre avec Philippe Forget. Au bout de l’entretien, il m’a offert d’entrer d’emblée à l’express. Je ne l’ai jamais regretté. J’ai tout appris du métier auprès de lui, la technique, mais plus encore les règles déontologiques, l’éthique. Et surtout le culte du pays.

On vous surnomme souvent le Rupert Murdoch mauricien. Est-ce flatteur ou, au contraire, mal approprié?

C’est certainement mal approprié. Doublement mal approprié. D’abord, je suis un journaliste qui est devenu gestionnaire d’un groupe de presse. Murdoch est un propriétaire-investisseur plutôt cynique.

Ensuite, La Sentinelle est une compagnie publique qui compte 500 actionnaires. Elle est gérée par un conseil d’administration élu par une assemblée des actionnaires. Ce conseil s’appuie sur un management qui jouit d’une grande autonomie. Et des rédactions indépendantes.

Le groupe a prôné une politique de diversification. Avec un produit phare, l’express, qui est dans sa courbe de maturité, la diversification est devenue une obligation de survie.


La Sentinelle s’est engagée dans une bataille juridique contre l’Etat, estimant que le boycott publicitaire dont sont victimes ses principaux titres est un abus de pouvoir… Jean-Claude de l’Estrac est-il un homme en colère?

Oui. J’ai horreur des abus de pouvoir. Je déteste ces pratiques de gouvernants qui se croient tout permis. Je suis peiné de voir que le Premier ministre laisse ternir son prestige dans ces coups bas à la petite semaine. Et puis, se battre pour faire respecter les règles, pour que chacun reçoive ce qu’il mérite, et mérite ce qu’il reçoit, est un beau combat. N’est-ce pas?


Ce combat n’est pas seulement celui de l’express. C’est le combat de toute la presse. C’est notre indépendance qui est menacée. Pourtant, je vous sens bien seul… Ou est passée la confrérie?

Etonnamment seul! Confrérie, dites-vous  J’ai plutôt vu des vacheries.

De manière générale, quel regard jetez-vous sur la presse mauricienne? On a parfois l’impression que la qualité n’est plus un critère. Il n’y a qu’à lire les journaux et écouter la radio pour s’en rendre compte… Ne recrute-t-on plus les journalistes en fonction de leurs facultés à écrire ou parler du bon français?

Je vous trouve sévère. Vous parlez de la forme, il faudrait évoquer d’abord le fond. Dans le fond, la presse mauricienne est aujourd’hui infiniment plus riche, plus pertinente et féconde que celle des années cinquante. Elle a évolué positivement, elle traite de nombreuses questions qui étaient totalement absentes de ses colonnes auparavant. Là où vous avez raison, c’est sur la forme. Il y a une explication à cela: hier, les journalistes étaient des littéraires, souvent des écrivains reconnus. Ils soignaient la forme, mais le fond des journaux restait médiocre.

Cela dit, la presse mauricienne doit se rendre à l’évidence: si elle entend atteindre le niveau international, elle devra investir beaucoup plus dans la formation. Et importer des talents.

A en juger par le nombre de titres disponibles sous les kiosques, on pourrait penser que notre presse se porte bien. Or, nous le savons tous, le marché est limité. N’y voyez-vous pas un paradoxe? A-t-on le droit de penser que certains produits sont autofinancés par des sources occultes et ont d’autres fins que de transmettre l’information?

La presse mauricienne ne se porte pas si mal. Mais je constate des évolutions qui devraient inquiéter les Mauriciens: il faut se poser des questions sur le rôle grandissant des investisseurs, étrangers et locaux. Leurs objectifs et leurs intérêts véritables. Leur influence politique.

Jusqu’à récemment, et à l’opposé de ce qui se passe dans le monde, la presse mauricienne était essentiellement une affaire de journalistes. Même quand ils ne sont pas propriétaires des titres, ce sont des journalistes qui ont fait nos journaux. Ce n’est plus tout à fait le cas. Des étrangers, inconnus des Mauriciens, sont aujourd’hui propriétaires d’un de nos quotidiens, quitte à perdre leur argent. Pourquoi? Des exemplaires du journal sont distribués gratuitement par une entreprise étrangère qui opère à Maurice. C’est troublant.


Par ailleurs, un grand groupe financier a acheté des parts importantes dans plusieurs médias. C’est strictement son droit, mais les lecteurs ont le droit de savoir. Il y a là une opacité que la presse mauricienne a été pourtant toujours prompte à dénoncer ailleurs, dans d’autres secteurs. A côté, La Sentinelle est un livre ouvert. C’est une compagnie publique avec un actionnariat très éclaté. Aucun actionnaire individuel, chez nous, ne possède plus de 8 % de parts. Et, plus important encore, une totale indépendance des journalistes.


Parlons d’héritage: aucun de vos trois enfants n’a suivi votre voie, ni dans la presse, ni en politique… Vous avez fait exprès de ne pas les encourager à aller dans cette direction ou, au contraire, c’est eux qui ont fait le rejet de la carrière que vous avez eue, ayant peut-être souffert, quand ils étaient petits, de vos absences répétées à la maison?

Ce serait plutôt à mes enfants de répondre. Moi, je n’ai pas le sentiment qu’ils aient vécu dans le rejet de quoi que ce soit. Parce qu’ils ont été partie prenante de nos combats. Ils avaient manifesté beaucoup d’intérêt pour ce que nous étions en train d’essayer de faire pour le pays. Ils ont connu tous les acteurs. Vous savez, ils ont vu défiler chez eux les Anerood, les Paul, les Cassam, les Dev, les Vishnu et tant d’autres. Je ne parle pas des intimes comme Jayen ou Zeel. Plus tard, ils ont vu Navin. La politique, s’ils s’y intéressent beaucoup moins aujourd’hui, c’est plutôt par déception…
L’absence, c’est vrai. Mais largement compensée par une épouse aimante et solidaire, une mère exemplaire qui a assuré. Quant à la presse, les dynasties sont vraiment rares.

Quand on est à la tête d'un groupe comme La Sentinelle, qu'on a été ministre pendant des années et siégé dans des comités de haut niveau, est-ce qu'on a encore des défis, des ambitions?

Oui, bien sûr! Et heureusement. Mais il ne s’agit pas d’ambitions personnelles…

Reste la présidence de la République quand même! Ceux qui vous connaissent, qui ont appris à lire dans vos pensées, savent que vous n’êtes pas insensible à cette possibilité. Au fond, quand on a eu le parcours qui a été le vôtre, c’est une aspiration légitime, non?

Parfaitement légitime. Mais je vais vous faire un aveu. Je n’ai jamais rêvé de la présidence de la République. En revanche, j’ai souvent pensé à ce que j’aurais fais si j’étais Premier ministre de ce pays. Oui. Je ne sais pas pourquoi vous excluez cette perspective. Vous pensez sans doute que certaines fonctions sont réservées. Hélas! Moi, j’ai rêvé, je rêve encore: j’aurais voulu être le Lee Kwan Yu de Maurice. Je connais notre pays, son histoire, sa culture, sa force. Je sais ce dont il est capable. Je sais qu’il est trahi par l’élite politique. Il faudra trouver la force d’accepter les choses que nous ne pouvons pas changer…

La présidence de la République, bien sûr que j’y ai pensé puisque des propositions m’ont été faites. La première fois, il y a même très longtemps. En tout cas, je n’ai jamais envisagé, moi, une présidence muette et inerte… Les Mauriciens trouvent ça génial. Pas moi.

J’ai l’impression que vous nous cachez quelque chose, que la politique finira par vous rattraper… Je me trompe?

Pas de la manière que vous l’entendez…

Et vous de quelle manière vous l’entendez?
 
Je blague. Mais c’est une manière de dire que je ne baisse pas les bras.  Et on m’entendra de toute manière…

Ou bien est-ce qu’on vous lira plutôt? Ecrire, finalement, c’est ce que vous savez faire de mieux. Mais vos éditoriaux, souvent percutants, se font de plus en plus rares. Vous vous lassez de tourner autour des mêmes questions?

Pas du tout. C’est juste une question de priorité. Je viens de vous dire ce qui m’occupe ces jours-ci. Je reprends bientôt la plume. En tout cas, je serais au rendez-vous de la prochaine campagne électorale.

Quand vous racontez l’île Maurice à vos petits-enfants, vous avez le courage de leur dire toute la vérité? Vous leur dites, par exemple, que la méritocratie n’a pas toujours cours dans ce pays, qu’il existe encore des inégalités? Ou vous leur laissez le temps de le découvrir eux-mêmes?

Ils en savent déjà plus qu’ils ne devraient à leur âge. Les enfants n’ont plus d’enfance. Ils sont jetés trop vite, bien trop vite, dans le monde cruel et cynique des adultes. Et comprennent tout assez rapidement. Le rôle fondamental des parents est de leur communiquer la force de lutter, les raisons de combattre, l’espérance du meilleur. Et chez nous, à la maison, le culte du pays nous incite à leur raconter combien, après tout, Maurice n’est pas l’enfer que l’on décrit…

L’enfant de mille races que vous êtes a-t-il puisé sa force et son intelligence de son métissage?

La force certainement, et cette conviction arrogante, je le concède, de pouvoir accéder à une forme de culture universelle, par la voie royale du sang et de l’esprit.

Dans un pays soumis à des influences aussi diverses et ou le repli communautaire est presque un réflexe peut-on espérer que le métissage deviendra un jour une norme?

Soyons justes. Le trait caractéristique de notre pays, c’est déjà le métissage. Le métissage culturel. Maurice est un pays à l’âme asiatique, aux plaisirs africains, aux prétentions occidentales. Il n’y a pas de repli communautaire en tant que tel, je vois surtout l’exploitation opportuniste des différences par tous les groupes pour extorquer des faveurs indues.

Une victoire du MMM et, par la même occasion, l’accession de Paul Bérenger, un non-hindou, au poste de Premier ministre, serait peut-être pour ce pays un signe d’espoir, la preuve que les mentalités changent. Vous y croyez, vous?

Les mentalités ne changent pas et Bérenger ne sera pas Premier ministre. Bérenger ne se présente personnellement d’ailleurs qu’en désespoir de cause. En panne de paravent. Et en attente d’un strapontin. Tant que les représentants politiques des minorités se comporteront eux-mêmes comme les faire-valoir des leaders de la majorité, ils conforteront l’idée de leur infériorité civique. Bérenger fait cela comme personne depuis quarante ans. Maurice doit bien être le seul pays multiethnique au monde où ce sont les minorités qui doivent sans cesse donner des gages à la majorité. Dans une démocratie ordinaire, c’est l’inverse. Dans une démocratie mature, ces notions de majorité et de minorité s’estompent, même si elles ne disparaissent jamais complètement.

Vous avez été victime, il y a quelques années, d’une rupture d’anévrisme. Quand on passe si près de la mort, a-t-on un autre regard sur la vie? La mort vous fait-elle peur?

Elle m’a fait peur, très peur… Je l’ai vue en face, je ne souhaite pas la revoir de sitôt…

C’est une question qui m’a été suggérée par un élément féminin de ma rédaction et je m’en voudrais de ne pas vous la poser: Le pouvoir donne-t-il du sex appeal?

Posez-lui la question. Et faites-moi savoir…

    

Commentaires

Par:-oliver
si j.c se lance dans la politik... c une victoire assuree... et jsui sure a 100% k'il fera le meyeur PM jamais eut juska present...... et jte shouaite bne chance pr tn procee.. vraiment il etai temp kun homme de calibre cme toi met un stop a cet abus de pouvoir ki devien de plus en plus chiant!!!!... tte l'ile maurice est deriere toi j.c
Par:-S.M. Malleck Amode
To the argument made by a commentator that " L'entrepreneur, le squatteur, le religieux et l'étudiant ont prouvé au fil du temps qu’ils n’ont pas la volonté de reconstruire l'état de droit mais veulent plutôt élire des politiciens qui les aideront à mieux corrompre les institutions", I reply, in the name of the hard-working people "NO! NO! and NO!" Yes, may people have, in the past, been subjected to such brutality and humiliation by the hyper-capitalists of a system that had once been "pourri et gangrene", that they seemed to have lost their motivation and drive and even taste for life. Yes, there used to be a time when the majority of politicians also felt that taking on these hyper-capitalists with the aim of democratising the economy would be too dangerous a gamble. The fear was that the hypercapitalists would easily cause a situation such as is at present taking hold in Honduras come about. The credit must be given to Anerood Jugnauth's Government of 1983, and in no small measure to serendipity (e.g. the Non-double Iimposition Tax Treaty with India) that new vistas of economic activity were opened up and new entrants in business enabled an initial wave of economc democratisation. But then, always happens, the ancien regime hyper-capitalists staged some kind of a wily countermove to restore the old order, at a time when the parvenus had lost the mettle of their social-democratic convictions. In that melee, the nearly knocked-out Labour Party arose like a sphinx and has now become a wonder that the most eminent statespersons of the world, ranging from Hu Jintao to Manmohan Singh to Hillary Clinton to Ian Khama, express their most sincere admiration. The people also are reacting accordingly. Yes, the Government's broadly-based and inclusive empowerment efforts should be mixed with a more demanding measure of discipline and hard work and skills-formation on the part of workers and youths and entrepreneurs alike. But it would be tragic to throw the healthy baby of a beautifully-blossoming economc democratisation with the bathwater of a thin, slightly-unclean foam of unequal opportunities and fast-declining corruption. Those who take advantage of the new opportunities while assuming their social responsibilities of discipline, productivity enhancement, mentoring of new entrepreneurs and sound corporate governance will flourish. As proof, Minister Boolell is seeking to catalyze the synergy of agricultural entrepreneurs and semi-skilled workers to implement the enormous agricultural investment and agro-processing industries that the land concession in Mozambique offer, while Minister Chaumiere highlights the thousands of jobs that are begging to be filled. About Mr. De L'Estrac, to be fair, he had been a good Minister and a good politician in his time, but the inevitable risks involved in sometimes-inescapable political tantric dances have hit him in a way that he may not have fully deserved, but to which he has allowed himself, unwisely, to become vulnerable.
Par:-A V
Quelle panache! Le culte du pays. Des mots qui résument toute une vie et qui devrait inspirer tous ceux qui nous gouvernent et ceux qui aspirent à nous gouverner. L'ile Maurice regrettera un jour le fait d'être passée à côté de la plaque et d'avoir presque ignoré l'existence d'hommes tel que J C de L'Estrac. Nous ne savons pas ce que nous avons perdus. Tel est le paradoxe, ce pays est à la fois béni et maudit.
Par:-MNC
C'est une grosse erreur que de croire qu'un Lee Kwan Yu aurait pu réussir à Maurice. Notre mentalité est différente. Nous sommes les mauriciens de 2009. Chez nous le fonctionnaire ne pourra trouver normal que son appartenance clano-ethnique n’arrive plus à lui garantir sa nomination ou sa promotion. L'entrepreneur, le squatteur, le religieux et l'étudiant ont prouvé au fil du temps qu’ils n’ont pas la volonté de reconstruire l'état de droit mais veulent plutôt élire des politiciens qui les aideront à mieux corrompre les institutions. Il nous faut prendre nos responsabilités: La corruption à Maurice n'est pas le fait des politiciens. Nous sommes un peuple de corrompus qui choisissent consciemment des politiciens pour qu'ils appliquent des politiques et prennent des décisions en notre faveur ou en faveur de nou banne. Noue construisons donc l'injustice car nous nous croyons qu'elle sert nos intérêts. Nous sommes satisfait de ce fonctionnement. La majorité des allemands croyaient de même lorsqu'ils avaient élu Hitler. Ils avaient eux aussi trouvé les moyens d'anesthésier leurs consciences quand l'Etat nazi spoliait lezot banne. Pour ensuite rendre responsable le monstre qu'ils avaient voulu, créé et utilisé. Si nos politiques étaient les vrais coupables de la corruption ils ne seraient pas réélus. Ayons donc le courage de reconnaitre que nous choisissons des corrompus en connaissance de cause, nous cachant souvent derrière une psychose sectaire ranimée ponctuellement à convenance. Car telles sont nos valeurs, notre culture. C'est ainsi que nous construisons notre bienêtre, que la génération précédente appelait "faire progrès". En mettant au pouvoir celui qui nous donnera le plus gros "boutte" au détriment d’autres. C’est une culture que nous célébrons car nous en sommes fiers. Et nous la transmettons à nos enfants. Et aux enfants de nos politiciens qui prendront la relève de leurs papas comme il se doit en féodalité, pardon, en démocratie mauricienne. Un Lee Kwan Yu mauricien … Pourquoi faire? Et puis quoi encore … des électeurs décents, la conscience personnelle, collective ? Soyez sérieux Jean Claude. Plus sérieusement. Félicitations pour ce que vous avez pu essayer.
Par:-Emiliano Z
"Lui au moins a le courage de dire NON à ce système pourri et gangrenné." Mo dakor ek Eric.
Par:-S.M. Malleck Amode
The following description of the situation in a country that has often been described by even its most severe Western critics as " a rare multiracil success" is worth reflecting upon: << The opposition coalition, headed by former Deputy Prime Minister Anwar Ibrahim, made huge gains in 2008 elections but is finding it difficult to bridge divisions between Malays in the Islamic Party (PAS), ethnically self-conscious Chinese and Indians in the left-leaning Democratic Action Party, and disgruntled moderate Malays and liberals of all races in Anwar’s Keadilan party. Indeed, the opposition reflects extremes of the racial and religious spectrum while the governing coalition, with all of its problems, still holds much of the middle ground.>> Would that not describe the situation of Mauritius? The passage appears in a New York Times editorail today about Malaysia. Who is to blame for the failure undeat UMNO's almost single-party hold on power? The ethnic obsessions not of Mahathir or Badawi or of Najib Razak, but of Anwar Ibrahim's would-be allies.
Par:-ERIC BAHLOO
Certains pourraient lui en vouloir d'avoir si bien réussi et accéder à ce statut de grand bourgeois. Mais lui au moins l'a fait à la sueur de son front. Mais pour l'avoir rencontré alors que je voulais moi-même intégrer ce grand journal qu'est L'Express et pour avoir eu la chance d'y faire publié certaines de mes réflexions politiques, Jean-Claude De L'Estrac est bien un Mauricen de 'Mille Races' avant d'avoir été ou d'être un Militant avec la connotation péjorative que certains des leaders mauves - et non les moindres - ont bien réussi de lui donner. S'il aurait voulu être le LEE KWAN YU de Maurice, j'aurais bien voulu moi être le De L'ESTRAC de la plume et de la politique. Lui au moins a le courage de dire NON à ce système pourri et gangrenné qu'est le nôtre avec la bénédiction vieille de 40 ans d'un Paul BERENGER et celle plus récente d'un homme prétendument plus moderne qu'est Navin RAMGOOLAM. Bravo Jean Claude De L'ESTRAC !
Par:-Stikfas.
Stikfas. La réussite ultime d’un patron, je le crois vraiment, c’est d’assurer le succès de sa succession.- Jean-Claude de l’Estrac. Reading the interview of Mr. Jean claude de L’Estrac I feel the same vein of character and equivalent like the Dalai Lama. (As "Ocean of Wisdom.”). He possesses personal modesty and moral certainty in equal measure. Combined with the scholarly precision of his language and his unqualified belief in the message of the equality of opportunities, those qualities make him reluctant to give glib answers to simplistic questions. They also enable him to express strong views in gentle language. It is a technique which allows him to describe his criticisms of ('manipulating the media ... habitually repressing criticism'). He could hardly have been more direct in his condemnation of Rupert Murdoch. At a time when mistakes are being admitted and errors of judgment exposed, didn't he think an apology was necessary. He does not. The Chief Editor described the Absolute Authority conscience in more theologically acceptable terms. 'He believes that they's answerable for what they do, and he respect that. He speaks of those being called to account. At the simplest level, the public - nations, electorates - watch for the results. Politicians take large risks. The reference to Singapore Mentor-Lee Kwan Yew- Anyone making decisions involving the lives and welfare of other people must answer. His dream for the advancement of Mauritius, he carefully enunciating each word. He always thought that the essence of judgment is simply to be face to face with the truth - and no escape. There was no doubt about Mr. de L’Estrac certainty. We will all be 'cognisant and conscious' beings, capable of suffering the torment of the truth about ourselves. It seemed - in my mind - astonishing that a man of such obvious intellectual sophistication should speak in such fundamentalist language. To the theme of: le repli communautaire est presque un réflexe peut-on espérer que le métissage deviendra un jour une norme? He accepted the severity of the criticism but refuted it with the insistence that 'unity is a principle. No one can doubt that it does. There is no shuttle diplomacy in the language. It’s bound to be, that's what human beings are- come through in a kind of faithfulness. It's not spectacular, it's not poetic, it's not grand, it's very human. But quite apart form that, all the layers of reference that every episode has, the multiples stories that go on, the skill with which all the balls are kept in the air I think is extraordinary, really skillful. Some people get a terrific adrenaline rush from conflict and public dramas, some people don't and I think you've just got to work at that and keep working at the idea that it is worth while understanding each other and that it is one of the things that Mr. de L’Estrac suggests one might do with each other. The political comparison is interesting, Charles Kennedy's style of leadership was questioned by one of his former speech writers who said that the party wants to be led rather than necessarily being chaired. What does Mr. de l’Estrac want? Does it want to be led? Or does it want to be chaired? Very interesting question. Somebody said yesterday in a discussion I was part of that people often talk about wanting leadership but they don't know what 'followership' means and often when people say 'give us firm leadership' they mean just play back to us what we want to hear and we'll feel better about it. But the notion that leadership might be trying to find perhaps a rather fragile common view that can pull enough people together to make a difference. I'm not sure that's quite so popular. Mr. de L’estrac he has got to stand up and say that certain things are true, that certain things matter, that certain things are priorities. He thinks that's leadership of a kind. What he hope is that people can see not that it's worth following, but that it's worth putting some energy and investment and even making some sacrifices for those values, those priorities. This is a very searching conversation. What are the real values here? What matters most in this world? What do people give their lives for? Mr. de L’estrac thank you very much indeed for spending some time with us today.
Par:-Estelle
Pour la jeune génération que je représente, voir des gens de bon calibre, partir, me rappelle combien il est difficile de ratraper et de trouver des hommes de bon gout et d'élègance pour prendre la rélève, et continuer sur ce chemin tortueux, qu'est la bonne information. Bonne chance pour la suite.
Par:-blunt truth
Jean Claude, rest rever mem!!!If someone like you dont know that democracy has aprice and that the singaporian model would never work for Mauritius due to 1: The religious composition of the the contry and related subtutleties 2. The geography of the country 3. The economical charasteristics of the the country whereby 75% of land and economical asset of the country is governed by some 4% of the population Mauritius is in Africa, and day by day its gaining on economic development wrt S.Africa. Some are striving to get the country to the next level, whilst other are doing their best to get through tax evation and other using political influence to benefit social housing which are built for the poor, steal state property and work wherever they want on the roads!!!And when someone take action...it all melt up to communalism...Its that mentality which need to be changed and the mentality of always criticising everything. And the last one is very supported by pseudo journalist in mauritius who take themselves to be pop stars and above the law and accountability...this is wat is taking mauritius aback!!!
Par:-James Brun
C'est dommage qu'il y a beaucoup de personnes très compétentes dans ce pays, mais elles n'ont pas les droits de le diriger car elles ne portent pas le bon nom ou sont nées dans la mauvaise réligion.
Par:-Emiliano Z
In terms of human qualities, in my book, Jean-Claude rates much higher than Lee kwan Yu, with Murdoch a distant third. Having said that, two things still stick in my craw: NEF's rapprochement with Ptr and Jean-Claude's fascination with the fascist Lee Kwan Yu. Maybe the pedestal was too big to begin with or i'm just reading too much into it.
Par:-MM
To begin with, I should admit that JCL is an exceptional man with an IQ above average. If he was borned in marority cast, he would probably have been the PM of Mauritius. However, he is the amoung the rare Mauritians who has put interest of the country first and then his interest. Amoung the few Mauritians who has fascinated me, he is one. He is a man who can make something happen out of nothing because he his a true man unlike our politicians who are garbage. It is unfortunate that mother nature gives us this kind of son every 100 years. JCL you are the man and have made history.
Par:-democrate
Jean Claude fait preuve de naïveté ou accorde « the benefit of the doubt » au PM lorsqu’il dit que celui-ci laisse ternir son prestige dans ces coups bas à la petite semaine. Fin observateur, il aurait dû déjà savoir que le PM contrôle tout comme un autocrate. Rien ne lui échappe. Ce qui se passe relève de son ressort. Le boycott publicitaire de l’Express est un acte délibéré décidé en haut lieu. Le PM peut renverser cette situation s’il le veut, mais il ne le fera pas parce qu’il n’aime pas la presse indépendante. L’Express est le seul journal qui ose critiquer. Les autres journaux dits indépendants se perdent dans des démarches équilibristes qui ont émasculé leur faculté de critique. Ils ménagent la chèvre et le chou pour se montrer indépendants politiquement, mais ce faisant ils ont abandonné leur droit de critique objective.
Par:-navin
Mauritius must never become like Singapour.Also Mauritius can never be like Singapour because it has no indigenous population. Lee Kwan Yu's motivation to create a modern country was to,in his mind at least,to show that it can be better than Malaysia.The citizens of Malaysia are not particularly welcome in Singapore.That is why Singapore is trying day and night to create its own fresh water supply ,cutting its dependency on Malaysia for that precious liquid.Singapore's ambition to fly Concorde never took off ,because Malaysia vetoed it.Singapour under Lee Kwan Yu has turned over backward in order to please Europe and the US A. Temasek its original name has been a trading post as far as as the year 1250. Singapour has known one of the worst communal violence in the history of mankind.Minorities communities in Singapour are just that with practically no say in the running of the country.The current President was the sole candidaye for the 2005 presidential election.All the other candidates were disqualified for not having the right qualities.According to whom? Dynasty is the essential ingredient of Singapourain democracy..Singapour enjoys the reputation of not being corrupt.One would sincerely hope that this is true.Mauritius has its own characteritics and cannot and should not be compared to any other country.Non authoritarian,with a free press.With its weaknesses too.
Par:-Maitre du jeu
Homme de principle, JCdL l'a demontre plusieurs fois. Je ne mentionnerai que 3 exemples: Apres son excellente performance en tant que maire a Beau Bassin Rose-Hill, l'electorat de cet endroit n'elit pas en 1994. JCdL, comme il l'avait promis, abandonne la politique. Deuxiemement, JCdL demissionna, il ya a quelques temps, en tant que president du comite pour la democratisation de l'economie, ceci suite a son desaccord avec la facon de faire du gouvernement actuel. Mais JCdL, oui les hindous ont peur d'un non-Hindou comme PM; main ainsi avait peur l'electorat du no 19 lorsqu'il a vote contre vous, ce meme electorat qui jure une fidelite aveugle a Paul Berenger.
Par:-sesa
Jean-Claude de l'Estrac est un de nos plus grands professionnels que notre pays Maurice a produit. Fin journaliste et stratège politique, c'est lui qui a été l'inspirateur du programme gouvernemental et le véritable architecte de la victoire du MMM-PSM de 60-0 en 1982. Homme de culture et maintenant gestionnaire habile, il a su moderniser et mettre La Sentinelle en orbite vers le futur. Sa contribution pour le pays est énorme et il est un modèle a suivre surtour qu'il est un grand démocrate et il continue, même seul, à défendre la liberté d'xpression, la liberté de la presse et la démocratie à Maurice. Tous ceux qui aiment notre pays et les vrais patriotes doivent le soutenir.
Par:-Zozo Conde
Dream on, Jean-Claude, be it in colour or black and white.
Par:-jacko
Mauritius will never be like Singapore. Either it be Top-Down or Bottom-Up (Top = Govt .. Bottom = civilians) ..it never will be like Singapore. First, politicians in mtius are so corrupted. (2) most politicians don't care about the country. ..the list is never-ending.
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