mercredi 23 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Les marchands ambulants et nous
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

Par:-  Nazim Esoof

On 08/12/2008

J’ai tourné la question dans tous les sens. Je n’ai pas trouvé de solution.

Après des années de décisions prises puis reportées, d’incertitudes et de postures empreintes de pusillanimité, les autorités, locales et centrales, semblent être décidées à prendre le taureau par les cornes. Du moins à la rue sir Seewoosagur Ramgoolam, plus connue comme la rue Desforges, à Port-Louis. Ils veulent évacuer des marchands ambulants.

Après s’être exonérées de cette responsabilité, ces autorités ne craignent même plus la confrontation. Les marchands ambulants ripostent évidemment. Le résultat, on le connaît, c’est le capharnaüm qui s’installe dans certaines rues de la capitale. Ainsi ce 6 décembre, les marchands ambulants de l’une des principales artères de la capitale sont confrontés à un ordre de la police leur intimant de débarrasser les lieux. Leur réponse: ils occupent la chaussée. Comment en arrive-t-on là?

Il fut un temps où les marchands ambulants fonctionnaient comme des arrière-boutiques des magasins. C’était nos magasins des accessoires. Ils récupéraient à des prix abordables et rendaient accessibles des produits de qualité inférieure. Graduellement, le marché s’est agrandi. De nouveaux opérateurs se sont installés. Une économie parallèle s’est mise en place. Pour une île qui ne s’embarrassait pas trop des questions de contrefaçon, le marché souterrain proliférait et prenait des ramifications inquiétantes.

Jouant des lobbies politiques, ces marchands se multipliaient insidieusement à travers l’île. Mais le gros du problème se trouve dans les capitales et, surtout, à Port-Louis. On raconte que certains ont fait fortune. On laisse entendre que des fonctionnaires en ont fait leur deuxième profession, qui serait d’ailleurs plus profitable que leurs emplois officiels. La figure du marchand ambulant devient graduellement un fantasme, un mythe. Les propriétaires des magasins, pour leur part, demeuraient impuissants face au phénomène.

Enfin, comme on est à Maurice, il ne faut pas oublier la dimension ethnique que prend le débat. A Port-Louis notamment, les marchands, pour la plupart, font partie de la communauté musulmane. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles, les élus de la région n’ont jamais pu les déloger. Ce sont des électeurs qui peuvent faire pencher la balance dans un camp ou dans l’autre. Aujourd’hui, ces marchands crient à la persécution. D’autant plus que, après de nombreuses années, la capitale a un Lord maire hindou. Cela ne pourrait être qu’une coïncidence. Il n’empêche cependant qu’on ne pourra faire taire les mauvaises langues.

Pour ma part, je n’y crois pas. Je pense que les enjeux sont plus profonds. Et si toute cette agitation autour des marchands ambulants, occupant une rue de la capitale, n’était qu’un signal voire un symbole. Aucun pouvoir ne prendra le risque de compromettre son rapport avec un électorat précis. Aujourd’hui, pour dire les choses comme elles sont, certains n’hésiteront pas à crier à la stigmatisation d’une communauté donnée. D’autres se lanceront dans des attaques sectaires et perfides. Enfin quelques-uns sortiront l’antienne que c’est un problème humanitaire qu’il faudra résoudre humainement…

La question de fond est évidemment celle de la place qu’on veut bien faire à la communauté des marchands ambulants à Maurice. Le précédent gouvernement avait tenté de construire des structures pour les caser. Rien n’y a fait. Ils préfèrent occuper les trottoirs. Essentiellement, c’est un marché parallèle. C’est le propre des économies en mutation. Il faut ramener dans le circuit ces personnes. Or, le circuit légal ne garantit pas autant de profits et présente des contraintes qui n’arrangent pas les affaires de nos marchands ambulants. Ils n’aiment pas remplir des formulaires!

Avons-nous encore besoin des marchands ambulants? Faut-il les récupérer dans un système plus sain et transparent? Je l’avoue. Je n’ai pas de réponse. Mais je sais qu’il faut changer les choses. A ceux qui ont prétendu pouvoir nous gouverner efficacement de trouver la réponse adéquate.

 

 


Commentaires

Par Andrew
Dec 10, 2008
Je suis un port-louisien et j'en ai plus qu'assez de cette situation... Je pense que c'est un probleme qui durera encore très longtemps. C'est la conséquence d'un laisser-aller des responsables au moment ou ce phénomène commençait a se manifester. Depuis, par effet de boule de neige, le phénomène est devenu trop grand et complexe pour être géré et stoppé. Aussi, connaissant la politique mauricienne avec 2 parties politiques qui s'alternent au pouvoir...un maire au pouvoir peut très bien interdire les ambulants, puis perdre les prochaines élections pour que son successeur (élu avec l'appui des ex-marchands et promesse électorales) vienne réhabiliter les marchands.
Par Requin & Poisson
Dec 09, 2008
Je pense qu'on est à faire un faux debat.IL faut soit OUI ou NON accepter les marchands ambulants quitte à perdre les elections mais il faut être courageux.
Par alain jeannot
Dec 08, 2008
Night markets might not work locally.Our culture is different.It has become a problem endemic to the capital coz it is the heart of all businesses during office hours. After that people just want to go home and take care of their family.Shopping is corollary to their job related movement in town,not the main reason for their presence in the streets of the capital. The hawkers simply need to cooperate and respect the rules of the game i.e the roads for the road users who pay taxes to run their vehicles and markets and other selling spaces for businessmen.
Par lionnet philippe
Dec 08, 2008
Regulate or not to regulate - Street Trading? Street - trading is a worldwide phenomenon. I have had close dealing with this sector on the street of Durban- South Africa. Option1: Paint a portion of the sidewalk - Mark it as a trading stand with a number - let the street trader obtain a permit for the particular stand at a fee. The permit number must corrrspond with the stand. number. Establish a proper warehouse and a squad of market inspectors with powers to confiscate goods offered for sale at places other than a lawful stand. This should not be a police function. Confiscated goods should be impounded in a warehouse. The lawful owner may be given back his goods once he has paid a penalty prescribed by the law. The penalty should increase after the 1st offence. Any perishable goods should be destroyed after inspection and condemnation by a health official. This should be covered by local municipal by-laws. Option 2. Throw the ball into the politician's court and let him come with a decision on how to regulate or let the mob rule.
Par alain jeannot
Dec 08, 2008
Aussi longtemps que va perdurer des situations qui portent à croire que les autorites sont sujettes aux pressions exercées par certains, l'ordre et la discipline ne vont jamais progresser dans le pays. Dieu sait si nous en avons bien besoin!!!
Par alain jeannot
Dec 08, 2008
Aussi longtemps que va perdurer des situations qui portent a croire que les autorites sont sujettes aux pressions exercees par certains,l'ordre et la discipline ne vont jamais progresser dans le pays.Dieu sait si nous en avons bien besoin!!!
Par Renaud
Dec 08, 2008
Ce probleme n'a que trop dure et je ne crois pas "que les autorités, locales et centrales, semblent être décidées à prendre le taureau par les cornes". Je crois plutot que les politiciens n'assument pas leurs responsabilites comme il se doit. Il faut une fois pour toute cesser d'appeler ces marchands "d'ambulants" car ils sont tout excepte d'etre ambulants, et regarder le probleme en face. Comme beaucoup ne trouvent pas de solution a ce probleme, je me permets de proposer a ce que certaines rues soient declarées pietonnieres a partir de 16 heures tous les jours pour permettre les "marchands ambulants" de s'y installer et de travailler jusqu'a tard la nuit comme cela se fait en asie (Singapore, Malaisie etc... )
Par Steve
Dec 08, 2008
Do as many Asian countries do, during the day you can have the streets for traffic circulation and at night close part of the streets and have night market. That would be fair for the owners of the shops along Desforge Street and the hawkers. Shoppers have choices when they want to shop.
Vos Commentaires open close
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus