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Michel Legris: «Je me laisse bercer par l’inspiration»
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Reynolds QUIRIN  |  27/05/2009


(Photo : Clyde KOA WING)

A 78 ans, le ségatier a le visage qui transpire la joie de vivre. C’est sans doute dû au fait qu’il voit la vie avec la même innocence que dans sa jeunesse. Il reste un homme qui sait apprécier les choses simples de la vie, comme le son de sa ravanne. Bien qu’il soit une légende vivante du séga, Michel Legris ne se voit pas en tant que tel. Pour lui, il n’est simplement qu’un homme qui partage son vécu et ses expériences à travers cette musique, héritage de nos ancêtres. Rencontre…
 
C’était très émouvant de revoir les chanteurs qui ont fait les beaux jours du séga lors du concert des pionniers du séga mauricien au Mahatma Gandhi Institute…

Vous savez quoi? Ce que j’ai le plus apprécié lors de ce concert, c’est de retrouver les créateurs du 45 tours. A l’époque, il n’y avait pas de cassettes et encore moins de CD. Ce sont ces tubes d’antan que nous avons repris lors de ce concert.

C’était l’occasion aussi de revoir Roger Clency, Marie-Josée Clency, Marclaine Antoine, Georgie Joe, Micheline Virasawmy. Ce soir-là, nous avons redonné vie à ce bon vieux séga, à cette musique particulière. J’en retiens de très belles choses.

C’est rare de nos jours d’entendre ce bon vieux son du séga typique…

Aujourd’hui, le monde a beaucoup évolué avec l’Internet ou encore les téléphones portables. Autrefois, il n’y avait pas tout ça. Il n’y avait que cette musique pour nous exprimer, pour partager nos aventures de la vie quotidienne. Maintenant, les gens chantent en français, en anglais, ils chantent du reggae, alors qu’à mon époque il n’y avait pas tout ça. Il n’y avait que cet héritage de nos ancêtres: le séga.

Je trouve normal de s’intéresser aux différentes influences musicales auxquelles nous sommes exposés de nos jours. Toutefois, je trouve dommage qu’on délaisse le séga typique… (Il joue quelques notes sur sa ravanne) Sa nou papa sa!

Vous parlez du séga comme un mode d’expression. D’où vous vient votre inspiration pour vos textes?

Guété li vini la… (Il se met à jouer de la ravanne et à interpréter une chanson parlant des pêcheurs) Voilà, c’est ça mon inspiration. Elle me vient à tout moment, comme à l’instant. C’est essentiellement mon vécu, mes expériences qui alimentent mon inspiration.

Mais quel temps accordez-vous à l’écriture de vos textes?

(Rires) En fait, je n’accorde pas véritablement de temps à l’écriture. Quand l’inspiration me vient, je me laisse bercer par elle. Et puis, les textes me restent graver dans la tête. Il n’y a pas d’écriture à proprement dit. Les textes me viennent comme ça et restent graver dans ma mémoire.

Et pour ce qui est de la composition de la mélodie…

En fait, le premier jet de mes textes, je les accompagne au son de la ravanne. Et c’est après qu’on travail avec les instruments. Pour «Mo capitaine» ou «Dalma Dalma», ça s’est passé comme ça: d’abord la ravanne et ensuite les instruments.

Donc même aujourd’hui, vous continuez à composer de nouvelles chansons…

Oui, c’est mon inspiration qui me guide…

Cela doit vous faire quelque chose de voir que, malgré toutes ces années, les gens se souviennent encore de vous, de vos chansons…

(Il affiche un grand sourire) Oui, cela me rend très heureux. Vous savez, toutes les musiques que je compose, tous les textes que j’écris, touchent le cœur des gens. Je pense que c’est pour cela qu’on se souvient encore de moi.

Et justement, quelle est la chanson, selon vous, qui a le plus marqué les gens?

Définitivement «mo capitaine». Peu importe le pays où je me trouve, les gens me demandent toujours de chanter «mo capitaine».

Comme vous parlez de «mo capitaine», d’où viennent les paroles en swahili qui y sont ?

A l’époque où l’île Maurice était une colonie anglaise, on trouvait des gens de plusieurs origines dans l’armée. Donc, on se faisait des amis venant d’Afrique, et chacun parlait un peu dans sa langue maternelle. C’est à travers ces rencontres et ces amitiés, que j’ai appris quelques expressions en swahili et que je les ai incrustées dans la chanson «mo capitaine» par exemple.

Vous avez connu un parcours exceptionnel à travers votre musique. Avez-vous des regrets? Y a-t-il des choses à changer dans votre parcours?

(Rires) Non, je n’ai aucun regret. J’ai fait mon chemin, et je suis très heureux de ce que j’ai accompli et de ce que je suis.

Voir aussi l'entretien en vidéo (Réalisation : Reynolds Quirin et Clyde Koa Wing)

    

Commentaires

Par:-AmbaAmba
Mari zoli ca ti interview là! vré même bizin retrouve nou sega typique, pa saki pé zoué are batterie, guitare elektrik toussa là. Bear in mind kan bann zancetre ti pé fair lappellation, tou dimoun pé vini et lerlà sega là koumansé: sakène rakont so zafer ki li so souffrans, so lespoir, so lamerdemen... kontinié zoué ek ravane, triang, maravane, etc pou ki nou léritaz na pa mort. Merci Missié Legris.
Par:-Sylvain J
M Legris est plus important que le Budget de Sithanen car a travers lui, la lutte quotidienne pour survivre sur notre Ile, dans nos familles et emploi sont exposes et nous sommes communique' calirement en plein affection humain. Il est notre Porte parole et celui d'une Communaute' qui a existe' sur notre Ile bien avant ceux qui se prenne majpritaire. Il represente la Communaute' fondatrice de la culture mauricienne et le grand lien a la cote Malgache et Afrique Australe. A travers lui nous reconnaissons des racines que beaucoup veulent nous denier. Atravers M Legris nous avons une identite', une culture ,une ''raison d'etre'', une celebration que '' nous sommes''. M Legris est le vrai Folkore de la joie et notre expression de vrai mauricianisme.
Par:-Raj Balloo
He is well respected at home and abroad for his innovative ideas in music.He is still giving us the best .I believe he should be honoured for his contribution to the Mauritian music industry.
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