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Lindley Couronne: “Droits humains, nous sommes sur la bonne voie”
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Nazim Esoof  |  18/05/2009

Etes-vous satisfait des prises de position du gouvernement mauricien sur la question des droits humains?

Il y a plusieurs éléments à prendre en compte avant de répondre à cette question. D’abord, il y a le fait que le gouvernement mauricien prend parfois des positions très progressistes, parfois assez rétrogrades. Ensuite, il faut que le gouvernement réalise un certain nombre de choses. Prendre conscience de certains faits nous permet de mieux faire entendre notre voix sur la scène internationale, voire influer sur les événements comme, par exemple, le fait de devenir éventuellement le 16e membre pour la réunion spéciale du Human Rights Council (HRC) des Nations-Unies sur le Sri Lanka. Nous pouvons être un petit pays mais nous devons être fiers de notre société civile, de notre modèle d’alternance politique et de la démocratie en général. Le fait que le HRC ait renouvelé notre mandat est déjà une bonne indication.

Et sur le plan local, comment voyez-vous la gestion du dossier des droits humains par le gouvernement?

Je pense qu’il y a deux types d’appréciations qu’on peut faire. Historiquement, Maurice a une conscience des droits humains. Maurice n’a pas attendu Amnesty pour développer cette culture des droits humains assez forte. Bien-sûr, en tant que directeur de la section mauricienne d’Amnesty International, je ne serai jamais satisfait à 100%. Je voudrais que les choses bougent plus vite.

Dans quelle direction?

Par exemple, sur le dossier des droits des femmes. De manière plus générale, étant conscient de ce qui se fait ailleurs, je pense qu’on a encore du chemin à faire. Evidemment, si nous nous comparons aux pays africains, nous sommes certainement des avant-gardistes. Nous ne sommes pas statiques. Il y a de bonnes initiatives qui sont prises. Le gouvernement ainsi nous a fait parvenir un Memorandum of Understanding pour propager la culture des droits humains dans le pays. Aussi, lorsque la police exprime son vœu d’une réforme, c’est un bon signe. Nous sommes sur la bonne voie.

Et quelle serait la destination finale?

La démocratie absolue. Mais c’est un idéal. Et comme tout idéal, nous devons toujours courir après la démocratie. L’important, c’est que ceux qui aspirent au pouvoir aient un idéal.

Quelle est votre appréciation de l’état des droits humains sur le plan international?

Je citerai seulement deux cas. Le premier a trait au Soudan. Nous demandons, à cet effet, l’extension du mandat de la rapporteuse des Nations-Unies au Soudan. Son mandat prend fin en juin 2009. Amnesty International est en train de faire un lobby en ce sens. Car la situation des droits humains au Darfour est extrêmement préoccupante. Le deuxième a trait à la Cour africaine de Justice et de Droits de l’Homme. C’est une Cour très importante car elle permettra de réduire les atteintes aux droits humains. Car même les Chefs d’État ne pourront jouir de l’impunité. Cela dit, j’attire l’attention du public sur deux faits. D’abord, même si les pays africains ont signé cette convention, ils ne l’ont pas encore ratifié. Ensuite, il faudrait que, sous l’article 8 (3) de la convention, les ONG, les citoyens et la société civile puissent avoir recours directement à cette Cour. Nous allons, à Amnesty International Section Maurice, faire un lobby auprès de la société civile pour que le gouvernement mauricien prenne position sur ces deux questions.


 

    
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