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Shenaz Sooba : Tout pour rendre les femmes plus autonomes
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Shenaz Sooba : Tout pour rendre les femmes plus autonomes
Shenaz Sooba aime les risques. Après des années dans le secteur privé, elle a entamé une carrière dans le secteur public pour mieux aider les femmes à être autonomes. Ses mérites ont été reconnus à leur juste valeur au niveau régional quand elle a décroché le premier prix d’une catégorie spécifique lorsdu troisième «Gender and Local Government Summit » de «Gender Links».
Cette femme de 42 ans, conseillère au ministère du Travail, mariée à Siddick, comptable de profession et mère de Shahnawaz, neuf ans, est intarissable lorsqu’il s’agit de favoriser le développement personnel des femmes. Après sept ans comme purchasing assistant dans le textile, cette diplômée en bien-être de la famille et éducation de la population auprès de l’université de Kolkatta en Inde, décide de jouer son va-tout et de prendre de l’emploi dans le secteur public.
Comme cette habitante de la Cité-Martial à Plaine-Verte est soucieuse d’autonomiser les femmes, elle postule auprès du ministère de la Femme, rebaptisé depuis ministère de l’Egalité du Genre et est recrutée. Pendant 17 ans, elle s’active à ce ministère et épaule les différents ministres qui s’y succèdent. Consciente du fait que le centre social Gabriel Martial à la Plaine-Verte est surtout fréquenté par des hommes qui y jouent aux cartes et au carrom, elle décide de changer la donne en formant un comité de développement pour la localité qu’elle préside. Elle fait jouer ses contacts au sein de différentes instances du ministère et arrive à organiser pour les femmes de l’endroit des cours de formation gratuits en entrepreneuriat, dispensés par le NationalWomen Entrepreneur Council et d’autres organismes appropriés.
De 2006 à ce jour, elle a réussi à rassembler 600 femmes qui avaient déjà une certaine maîtrise de l’aiguille et à leur assurer une formation plus spécialisée en couture. Comme 150 d’entre elles étaient assidues, elles ont obtenu un diplôme. Sur ce nombre, une cinquantaine font de la couture et répondent aux commandes de boutiques, de ministères et d’écoles alors qu’une quarantaine ont demandé des cours plus poussés en marketing, en costing et en gestion. Shenaz Sooba s’est organisée pour qu’elles reçoivent les formations demandées et a obtenu pour le centre trois ordinateurs gracieusement offerts par le National Computer Board. Elle a aussi incité les plus casanières à se dépenser, notamment à faire de la natation à la piscine de Calebasses, à suivre des cours de tai chi, de fitness et d’aérobic et à aller faire l’ascension du Plateau colline située à l’arrière du centre social.
Convaincue du fait qu’un apport financier des femmes dans les revenus du foyer réduit la violence domestique, Shenaz Sooba a, de concert avec la mairie de Port-Louis, travaillé sur un projet de formation avec la municipalité de Port-Louis et Gender Links pour une cinquantaine de femmes vivant à Port-Louis et à sa périphérie. Projet intitulé «Kan fam travay, violans diminie». Les formations dispensées entre juin et novembre 2011 ont porté notamment sur le stylisme, l’application du henné, la fabrication de bijoux de fantaisie, la broderie sur tableaux et bien d’autres choses. Au final, ces femmes ont pu exposer leurs travaux pendant trois jours à la mairie et montrer leur savoir-faire au public.
Elle a aussi incité un groupe de femmes de Roche-Bois à se grouper en association pour animer un food court dans la localité. «Elles ont été enregistrées auprès du NationalWomen Entrepreneur Council et nous faisons les démarches pour qu’elles obtiennent un terrain et fassent une demande de financement auprès du Corporate Social Responsibility Unit du ministère des Finances».
Etant membre du Parti Travailliste depuis 1995 et pour se conformer aux exigences du nouveau Local Governement Act qui requiert que chaque parti politique aligne 30% de femmes aux élections municipales, Shenaz Sooba a organisé une série de formations sur la politique pour les femmes de toutes les circonscriptions de Port-Louis. Ainsi, 45 femmes ont suivi cette formation au centre communautaire Gabriel Martial.
C’est d’ailleurs pour ce projet qu’elle a obtenu le premier prix dans la catégorie Gender and Governance à Maurice et lors du troisième Gender and Local Government Summit, organisé à la fin avril dernier par Gender Links à Johannesburg en Afrique du Sud. Sa plus grande satisfaction est d’avoir réussi à faire plusieurs femmes de Plaine-Verte se lancer dans des micro-entreprises et obtenir la reconnaissance de leur famille. «Elles ont non seulement leur micro entreprise mais font aussi la fierté de leurs maris. Certains d’entre eux vont jusqu’à leur acheter des catalogues pour qu’elles puissent se perfectionner dans leur domaine de prédilection».
Shenaz Sooba ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et fera tout pour que les femmes de Port-Louis et de sa périphérie puissent se développer davantage et être autonomes.
Marie-Annick Savripène
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