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Rachel de Spéville : une plongée au cœur des réalités mauriciennes

Elle a fait un stage de quatre mois au sein de la cellule ‘Culture &amp Avenir’ du Bureau du Premier ministre dans le cadre de la rédaction d’un mémoire universitaire qui propose une gestion du multiculturalisme à Maurice, le passage vers une société de l’interculturel pour consolider l’unité nationale.
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Rarement la rédaction d’un mémoire universitaire aura eu un aussi grand impact non pas sur le parcours intellectuel de son auteur mais surtout sur son évolution personnelle. C’est la riche expérience qu’a vécue Rachel de Spéville, responsable de projets chez Pamplemousses Production, dans le cadre d’un programme d’études en vue d’un Master 2 professionnel en Ingénierie des Échanges Interculturels à la Sorbonne-Nouvelle, Paris III.


Soudain, cette île Maurice qu’elle ne connaissait qu’en surface se présente comme une plate-forme d’analyse idéale qui, dans une large mesure, répond aux exigences de la démarche universitaire. Mieux le choix de l’île Maurice, comme champ d’expérimentation lui a offert, en même temps, l’opportunité d’effectuer une véritable plongée dans l’histoire de sa terre natale pour en découvrir toutes les nuances qui en font sa richesse.


« Je n’avais pas envisagé de revenir à Maurice après l’obtention de mon diplôme. Cependant, la rédaction de ce mémoire et les rencontres faites lors de mon stage au Bureau du Premier ministre m’ont offert de nouvelles perspectives. » Il semble que pour cette dernière, le retour au pays se soit imposé, à ce moment-là, comme une évidence.


Comme c’est souvent le cas, les études supérieures favorisent une ouverture d’esprit qui fait sauter certains archétypes. Ce conditionnement intellectuel peut aller jusqu’à amener les sujets à effectuer une véritable remise en cause de soi, de la société et du milieu dans lequel ils évoluent.


Rachel de Spéville confie qu’à la Sorbonne-Nouvelle, les débats autour de la pluralité culturelle mettent en scène deux écoles de pensées : le multiculturalisme d’un côté et de l’autre l’interculturalité. La première se décline comme une méthode qui juxtapose et institutionnalise les différences. La seconde favorise et encourage le vivre-ensemble en respectant la spécificité de chacun.


Maurice est par essence multiculturelle, reconnaît la jeune femme. Pour mieux cerner le modèle mauricien, Rachel de Spéville soumet une demande de stage à la cellule culturelle du Bureau du Premier ministre. Le risque que la demande soit rejetée est latent. Et pour cause. « Elle remet en question le multiculturalisme mauricien et propose une nouvelle façon d’appréhender la diversité culturelle à travers le prisme de l’interculturalité ». La demande est agréée. Elle est affectée au sein de la cellule « Culture &amp Avenir » dirigée par Alain Gordon-Gentil, conseiller du Premier ministre en matière culturelle.


Pendant quatre mois, elle fera face aux réalités paradoxales de cette société mauricienne, qui selon elle « semble tiraillée entre la volonté de transcender les appartenances communautaires et un retour notable du repli identitaire ». Ses observations autour des concepts de culture et d’identité la mèneront à mesurer le poids du cloisonnement communautaire et de la stratification sociale pour l’avènement du mauricianisme.


Cette démarche analytique lui permet de découvrir les rouages et la complexité du fonctionnement de son pays, du combat pour la reconnaissance identitaire de certains groupes, à l’ethnicisation de la politique, en passant par la prédominance des clubs et associations constitués sur la base de l’appartenance ethnique ou encore à l’inégalité des chances.


Ce stage s’est graduellement transformé en une véritable initiation pour la jeune fille dans une réalité mauricienne qu’elle ignorait de par les circonstances de sa vie sociale et familiale, qu’elle avait du mal à appréhender et dans laquelle elle voyait à peine une possibilité d’intégration réelle.


«Contrairement aux traditions multiculturelles anglo-saxonnes qui ont institutionnalisé la gestion du pluralisme culturel, en plaçant la rencontre des cultures seulement au niveau des ethnies. À l’île Maurice la diversité culturelle est appréhendée de manière très différente, puisqu’elle est au fondement même de la société. Lorsque l’on juxtapose l’ensemble des éléments qui ont jalonné le parcours et la formation de la nation mauricienne, il est évident qu’en dépit des limites et de la fragilité du multiculturalisme, nous avons toujours pratiqué l’apprentissage du vivre ensemble comme une finalité. La démarche interculturelle exprime non seulement une volonté d’instaurer un dialogue entre les cultures afin d’arriver à une interpénétration réciproque, mais aussi d’atteindre la tolérance et la compréhension d’autrui et de ses différences. Mais le vivre ensemble n’est jamais acquis, d’où le risque de vouloir l’institutionnaliser, car il s’agit d’abord d’une dynamique individuelle, c’est un mouvement du cœur pas de l’esprit », écrit-elle.


Désormais, pour Rachel de Spéville, l’interculturel ne sera plus une simple notion intellectuelle. Il va falloir trouver un juste équilibre entre le besoin d’affirmer son identité repensée, enrichie et recomposée par son expérience et la nécessité de tenir compte de l’évolution des autres.&nbsp
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Commentaires

Soobass de L'Av... | 06/24/12

"Je navais pas envisag de revenir Maurice aprs lobtention de mon diplme." Mo laisse ban lecteurs juge nivo de patriotisme.

coco | 06/24/12

bravo Rachel un tel stage a se merite et j en suis sr que le merite...

JH | 06/24/12

Vu tes commentaires, je ne suis mme pas sr que tu as lu l'article jusqu'au bout. La seule chose que tu as remarqu, c'est son nom et l'endroit o elle a fait son stage...il ne manquait plus que tu pointes le doigt sur sa blondeur !!! Lis donc sa thse et peut tre tu comprendras le fond de son sujet !

Yan Amar | 06/24/12

"... et SURTOUT, qui n'a pas le nom qu'il "faut" "... Si mo konpran bien saki hoho ape dire, se sa : dapre lord sa " Master 2 professionnel en Ingnierie des changes Interculturels la Sorbonne-Nouvelle, Paris III" la bizin en diplom nimport dan en lekol nimport e li pa posib ki sa piti la ena merit. Pa posib ki Alain Gordon-Gentil fin trouv so resers exepsionelma interesan pou devlopma kiltir dan nou pei me zis lacoz tifi la blan ! LOL Sirma so fami ban dayard PTR, non ? Lakoz li blan ki Finlay Salesse fin interese pou invit li dans "Dimanche Culture", alorss ? Sirma A. G-G. ek F.L. napa konpran narien dan kiltir e zot zizma pa bon, non ? Wi, bravo tou ban etidian ki kas pake tousel (parey kouma mo ti fer, mwa) me kifer bizin tir merit sa piti la ? Enn gran dimoune lontan ti dir: " A l'ile Maurice, on cultive la canne a sucre et les prejuges". Mo dakor ek sa bolom la, mwa.

marie | 06/24/12

ben...de toute evidence elle N"A PAS UN BON NOM cette jeune fille.., un nom ki passe mal en tous les cas! faut il qu'elle soit vraiment capable

Miachaka | 06/24/12

Tout le monde a besoin d'aide pour arriver dans la vie... pour certains c'est plus facile que d'autres car ils viennent de situation financire ou familiale privilgie. Toutefois ceux qui sont moins privilgis (comme moi) devront faire plus d'effort... c'est la vie! Mais personne ne peut atteindre son but tout seul!

james | 06/25/12

Encore et toujours communalisme ! C'est pas parceque cette personne ou une autres a un nom de famille ou es d'une couleur de peau precise qu'elle es avantager, cessez la victimisation ! Tout ceci es pathetique et c'est ce qui ralentit le progres de notre pays "arc -en-ciel". Honte a vous !

Rabin | 06/25/12

Le multicultiralisme doit englober toutes les communautes. Je pense que c'est un tres bon depart surtout d'une telle personne. J 'ai moi meme etait dans le Swan building ou il ya quelque 'floors' ou il y a que des blancs qui peuvent y entrer. C'est triste mais c'est la realite. At least there is someone who can come out and say it rather than always pushing 'it' under the carpet.

young | 06/25/12

Moi mo sino-morisien, mo fier demarse sa ti jeunesse peu importe so couleur. BRAVO

AD | 06/25/12

Si tous les mauriciens pouvaient penser comme toi, Maurice serait probablement a la tte du monde. Malheureusement, la connerie est sans aucun doute multiculturelle,... On ne choisit pas son nom, et cest dommage que de petits esprits rducteurs se limitent a juger les gens en fonction de leur nom ou leur couleur de peau.

ryo | 06/25/12

le problme n'est pas qu'elle soit d'une couleur ou d'une autre mais beaucoup d'autres personnes (acadmiques et autres consultez "Common denominators: ethnicity, nation-building and compromise in Mauritius" de Thomas Hylland Eriksen) ont dissert sur le sujet de multiculturalisme bien avant que Rachel de Speville ne l'ait fait. et que je sache les tudes de ces personnes n'ont pas t poursuivies par le PMO. aussi c'est la premire fois que j'entends parler de "stage" au sein du PM0. comment y soumettre une demande sans passer par un filet de contacts? ce n'est pas exactement du communalisme que d'avoir des contacts qu'on puisse utiliser a bon escient. l'entreprise de Mlle de Speville est louable mais ne faisons pas l'autruche: sans contacts au PMO, elle n'aurait pas pu faire ce stage. et de finir cette missive: j'ai recherche son mmoire en ligne mais je ne l'ai pas trouv.

nice | 06/26/12

Funny...i live abroad and sometimes i will find myself working with mauritians.. indian descendant, Chinese descendant or European descendant. The race isn't even remotely considered when we work together...all that we know is we are Mauritian and proud to be together.
Furthermore...it's funny to see how society is built. We have the same kind of people occupying some floors of some building where i work and don't "let anyone in"...only difference is they are all the same colour and race. I think race gives you an excuse to condemn someone...
I've seen rich indians not being nice to poor indians and outcasting them. I have seen rich caucasians do the same to poor caucasians. I have seen europeans not be nice to indians and indians to europeans. Only in 2 of those cases you can use race as a condemnation for their act...but in reality it has nothing to do. A bad action is a bad action and a good deed is a good deed...the race is just an excuse.
My 2c

marie Anne Menage | 06/28/12

BRAVO Rachel. C fantastique de lire un tel sujet, et si bien reherch, une ouverture desprit, c ce qui fait l 'Avenir. tu devrais donenr une conference a tes contemporains qui ont souvent besoin de cet elargissemnt d'esprit. Pas juste les contemporains lesp lus ags de mme. Plein scces a toi, et garde ce cap, c magnifique !

Gérard Delisle | 07/10/12

Cet article m'meut beaucoup.

Je dis ''Bravo'' Rachel de Spville. C'est par des gens comme elle que notre peuple deviendra une nation, une grande famille. Notre pays possde un immense potentiel. Son hritage venant de plusieurs continents , sa centralit linguistique, culturelle, gographique la met au coeur du monde. Ce qui parat, premire vue, tre des handicaps (sa diversit ethnique, son manque de ressources naturelles ) sont en somme des atouts qui forcent les Mauriciens trouver des solutions en eux-mmes.Leurs talents, leur sagesse sont de grandes richesses. Rachel redit ce profond conseil: ''C'est avec le coeur que l'on peroit bien. ''

anouchka | 08/08/12

message pour Rachel de Speville
Nous devons soumettre un dossier pour un ouvrage sur Rodrigues la Cellule CULTURE ET AVENIR et n'arrivons pas trouver la personne contact (depuis la France) pouvez vous nous crire ces prcisions sur notre adresse mail-merci d avance