
Mario Ng Kuet Leong, gynécologue de profession a innové le monde culturel à Maurice.  Tandis que d’autres ont traduit le séga en hindi, en bhojpuri, lui a choisi de proposer notre patrimoine en mandarin.  Rencontre avec cet homme, un passionné de son pays…
«Je suis Mauricien avant d’être d’origine chinoise». En voilà un pour qui le sens d’appartenance à son pays compte davantage que son appartenance à sa communauté.  Et il a même trouvé le moyen de concilier les deux en étant le premier Mauricien à avoir repris des ségas en mandarin.  Mario Ng Kuet Leong, gynécologue qui exerce dans le privé est âgé de 60 ans.  Il s’est déjà fait un nom dans la profession et s’est aussi démarqué sur la scène musicale locale.
Mario Ng Kuet Leong a passé la grande partie de sa vie à Quatre-Bornes.  Ses parents tenaient une petite boutique du nom de «Le St-Esprit Store»,  située non loin du collège Saint-Esprit, où il a d’ailleurs fait ses études secondaires.  A l’âge de 19 ans, il quitte Maurice pour des études de médecine, au Canada.
«Mon frère aîné était déjà établi au Canada. J’ai fait mes 12 années d’études en médecine loin de Maurice, mais je n’ai jamais cessé de garder un œil sur ma patrie», affirme-t-il.  Il raconte qu’il se faisait un devoir de venir régulièrement rendre visite à sa mère qui était déjà veuve.  Mario a perdu son père à l’âge de 15 ans.
C’est après ses études que Mario Ng Kuet Leong rencontre Brigitte, une Allemande qui deviendra plus tard la mère de ses quatre enfants.  «Elle faisait un stage en gynécologie au Canada quand on s’est rencontré. Ayant complété mes études, je songeais à rentrer à Maurice pour travailler», poursuit-il.
Cependant au lieu de prendre l’avion, comme tout le monde, et de rentrer au pays, il décide de se rendre à Londres et de parcourir toute l’Afrique en camion, jusqu’à Johannesburg.  « Ce voyage m’a pris trois mois et demi mais je ne le regrette pas.  Ensuite, j’ai été contraint de prendre l’avion de Johannesburg pour venir à Maurice», raconte-t-il avec un grand sourire.
Il reste un peu plus d’un an à Maurice et travaille dans le secteur privé.  Entre-temps, les choses se précisent avec Brigitte.  «Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas», lâche-t-il en riant.  Mais là encore, ce passionné de voyage fait part à sa copine de son envie de découvrir les pays de l’ouest des Etats-Unis.  C’est ainsi qu’il se retrouve en Californie  Il y trouve un emploi, y pratique sa spécialisation et passe trois mois à découvrir le pays.
«C’est à cette période-là que je me suis senti vraiment Mauricien.  Quand j’étais en Amérique et que je parlais de mon île, personne ne savait que Maurice existait.  On croyait que j’étais Vietnamien ou Chinois.  Et c’est grâce à cette expérience qu’est né mon désir de faire connaître mon pays davantage», poursuit-il.
Après avoir passé quelques temps en Californie, il part pour l’Allemagne rejoindre Brigitte et apprend la langue du pays…en trois mois seulement.  Malheureusement, juste au moment, où il était fin prêt pour travailler en Allemagne, il apprend que sa mère est très souffrante.  Il rentre à nouveau à Maurice avec Brigitte pour s’occuper d’elle.
En 1987, il épouse sa bien-aimée, en Allemagne.  Il se met à travailler à la clinique de ses beaux-parents et il y restera sept années.  Il aura ainsi la chance de suivre les trois grossesses de son épouse.  «J’ai moi-même pratiqué l’accouchement de mes trois premiers enfants qui sont nés en Allemagne», dit-il avec fierté.
Il avait ouvert une petite clinique en Allemagne et  comptait en faire de même à Maurice.  Sa femme souhaitait que les enfants soient scolarisés à Maurice. «Mon aînée, Nathalie avait six ans et elle parlait l’allemand, l’anglais et un peu de français et c’est là que l’on s’est dit que l’on devrait se lancer dans la médecine, à Maurice», se souvient le gynécologue.
Et cette fois, c’est Brigitte qui s’occupe des trois enfants à Maurice.  Elle ne travaille pas.  Lui, est en Allemagne à gérer sa petite clinique  Deux ans et demi plus tard, le couple ouvre sa clinique privée à Quatre-Bornes.  L’institution opère toujours sous le nom de «St. Esprit Clinic».  Mario et Brigitte y pratiquent les toutes nouvelles technologies, comme la grossesse in-vitro.. «Et Matthieu, mon benjamin est né à Maurice, à la clinique», soutient-il.
Entre-temps, il s’était intéressé à la culture chinoise et chérissait l’idée de faire de la publicité pour son île natale.  «C’est la diversité de culture qui fait la richesse de notre pays et je voulais promouvoir le pays dans son intégralité grâce à ma culture chinoise », affirme notre interlocuteur.
C’est ainsi qu’il se met à jongler avec l’idée de faire usage du séga.  Il se met ainsi à traduire trois morceaux de Claudio Veeraragoo notamment Mo ene ti mauricien, Amba Piyie Filao et Jhoom Bharabhar en mandarin, langue qu’il contemplait de très loin, jusqu’au jour où ses enfants se mettent à en parler couramment.
«Encore une idée de ma femme que d’envoyer mes enfants en Chine pour qu’il connaissent leurs origines. Au départ, je trouvais que c’était une perte de temps et d’argent surtout, mais les enfants sont rentrés, riches d’expérience et ils ont surtout appris la langue.  Je me sentais un peu ridicule de ne pas les comprendre», lâche-t-il.
Mario consacre alors deux années à l’apprentissage de la langue de ses ancêtres.  Mais outre sa compilation de séga, il monte aussi une chorale et une troupe de danseurs.  Il ne se contente pas de donner des représentations à Maurice uniquement.  Les artistes se déplacent tous pour Meixian, en Chine.
Le séga mandarin cartonne.  Et deux semaines après leur retour à Maurice, le médecin et sa troupe sont invités à participer au China Town Food & Cultural Festival.  Du coup, il enregistre son séga et le commercialise.  Les recettes sont destinées à la crèche des Sœurs de la congrégation des Filles de Marie qui se situe à côté de la clinique St-Esprit.
Avec un tel palmarès, Mario Ng Kuet Leong à de quoi faire la fierté de ses quatre enfants,  Nathalie, qui suit les traces de ses parents et qui fait des études de médecine au Canada, Virginie est à Toronto et se prépare à devenir psychologue.  Sébastien qui a brillé dans la compétition internationale d’élocution anglaise à Londres et le benjamin Matthieu est au collège du Saint-Esprit.
Commentaires
Mario Ng Kuet Leong
What a guy?What a Mauritian?Congratulations to Mario Ng Kuet Leong and family,for this superb and exhilarating parcours1
mario ng kuet
voila la preuve vivante que le mauricianisme exite toujours bon courage mario continue
Mario
Sa ene vrai mauricien sa. No chip on his shoulder like most Mauritians of various origins!!
Mario Ng Kuet leong
I am proud of you Mario. you are real, nothing fake about you a down to earth guy.All the best in your future endeavor
Sga mandarin
J'adore et je suis fier qu'il y ait les Mauriciens (des VRAIS) comme vous,cher docteur. Pour 2 raisons - parceque depuis que je suis enfant je ne supportais pas qu'on me demande "ce que j'etais" (entendez par la de quelle communaut, de quelle religion); je suis de toutes les communauts et de toutes les religions et deuxiemement pour votre sga en mandarin que j'avoue ne pas encore avoir cout mais que je vais m'empresser de faire et surtout de partager. Vous devez surement le savoir, le Mahatma Gandhi disait toujours qu'il laissait les fenetres de sa maison grandes ouvertes afin de laisser pntrer la culture des autres". Merci.
Sega Sinoi
Bravo Mario. Mari serye. Kot kapav ast CD la ?
Ena 10 zan de cela mo ti organiz enn gran konser dan Curepipe pou MBC ek mo ti prezant enn sega sinoi ekri e sant par Mme Lam Shang Leen. Selman pa ti enrezistr enn CD. Domaz. Bravo enkor