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Les champions "made in China"

Les athlètes chinois écrasent une nouvelle fois les Jeux de Londres. La Chine fait des JO un rendez-vous majeur pour afficher sa domination au monde. À quel prix ?


Pour les Jeux olympiques (JO), la Chine a appris à compter en onces d''''or. N''en déplaise à Coubertin, l''empire du Milieu n''est pas là pour participer, mais bien pour gagner. Une rare occasion d''asseoir une influence autre qu''économique sur le monde. "Les Jeux olympiques sont une formidable occasion pour le gouvernement chinois de donner l''image d''une puissance montante pleine d''assurance, de force et de bienveillance", résume Xu Guoqin, professeur d''histoire à l''université de Hong Kong et auteur de Olympic Dreams : China and sports, 1895-2008.


Une usine à champions


Pour acquérir cette nouvelle aura, la Chine ne recule devant aucun moyen. Le pays est devenu en à peine 30 ans une usine à champions. Le système est au service de la découverte des futurs briseurs de records et dédié à leur entraînement. Les enfants sont repérés dès la maternelle, souvent sur des critères physiques. Quelques exemples : Ye Shiwen, qui a remporté l’or&nbsp dans le 400 mètres nage libre,&nbsp avait été remarquée pour ses&nbsp&nbsp grandes mains par sa maîtresse ( maternelle) qui l’avait&nbsp recommandée à l''école de sport de Hangzhou. La petite Shiwen intégrera l''établissement à six ans, avant de rejoindre l''équipe provinciale puis nationale en 2009.


La planification est parfois poussée à l''extrême, comme ce fut le cas pour le basketteur Yao Ming, programmé pour gagner. Les parents de l''ancien attaquant des Houston Rockets ont été "sélectionnés" pour mettre au monde un champion du panier. Les anciens joueurs de basket Fang Fengdi et Yao Zhiyuan, respectivement 1,88 mètre et 2,08 mètres, ont ainsi donné naissance à la future star de la NBA, qui mesurait 1,70 mètre à 8 ans et a commencé un sérieux entraînement dès 12 ans.


Une nation opaque et prête à tout


La réussite chinoise tient aussi à une concentration sans faille sur les disciplines qui peuvent marcher. En 2008, la Chine gagne 38 de ses 51 médailles d''or dans 6 sports seulement (plongeon, gym, badminton, tir, ping-pong et haltérophilie). Des domaines où elle n''hésite pas à investir dans des infrastructures dernier cri. À Pékin, le Centre national de gymnastique entraîne 400 athlètes venus de tout le pays dans un immense bâtiment étroitement gardé.


Au lieu de se faire accepter, la Chine alimente les suspicions d''une nation opaque et prête à tout pour un peu d''or. Le compte des médailles a explosé depuis les Jeux d''Atlanta, en 1996, au cours desquels la Chine a remporté 50 médailles. Elle en a deux fois plus à Pékin et arrive en tête du palmarès avec 51 médailles d''or contre 36 pour les États-Unis, qui totalisent, par ailleurs, 110 médailles tous métaux confondus. Aucun pays n''avait gagné 50 médailles d''or depuis l''URSS en 1988.


Aujourd''hui, l''opinion publique s''en mêle. "Le régime veut que sa population soit fière de ce que le gouvernement a contribué à accomplir pour les Jeux et pour le reste", note Xu Guoqin. Et cette reconnaissance est encore fragile pour ce système efficace, mais sans pitié. Rien n''est prévu pour les accidents de parcours. Ceux qui se blessent ou ne décrochent pas de podiums disparaissent dans la nature…


Source : Le Point.fr

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