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Le Front commun en faveur de l’avortement poursuit son combat pour toutes les femmes

20 juin 2012, 20:00

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Le Front commun en faveur de l’avortement poursuit son combat pour toutes les femmes

Le Front commun en faveur de l’avortement estime que la dépénalisation partielle de l’avortement ne suffit pas. Il s’agit désormais de trouver une solution pour les milliers de femmes que la loi ne protège pas.

Le Front commun en faveur de l’avortement, qui a soutenu jusqu’au bout les amendements autorisant l’avortement dans des cas spécifiques, a tenu une conférence de presse-bilan ce mercredi 20 juin. Une semaine après que l’Assemblée nationale eut approuvé la dépénalisation partielle de l’avortement, le front commun salue ce qu’il qualifie de « victoire partielle » dans un combat mené par plusieurs générations de féministes.

Elles ont salué le niveau des débats malgré quelques écarts de langage de certains députés et une campagne frôlant la violence des « lobbies réactionnaires et obscurs » qui se sont opposés à ces amendements. Lindsay Collen, une des animatrices du front, souligne avec force qu’il y a une prédominance de discours séculaires lors des débats. Elle considère cette avancée historique comme une victoire inattendue sur « les forces irrationnelles ».

Le Front commun se prépare à mener une autre bataille. Il s’agit maintenant de trouver une solution pour les milliers de femmes qui ne sont pas couvertes par les amendements adoptés. Toutes les associations membres du front commun estiment que le progrès accompli n’est pas suffisant. Toutefois, le front commun a d’abord l’intention de veiller à une mise en œuvre pratique efficace des nouvelles règles autorisant l’avortement dans des cas spécifiques.

Ainsi, le Front commun se réunira une nouvelle fois dans deux mois pour évaluer la mise en œuvre des nouvelles réglementions. Il s’agit de s’assurer que les procédures imposées ne soient pas trop lourdes et que les femmes en détresse se sentent en confiance pour se rendre dans les centres de santé.

Une fois cette étape franchie, le Front commun compte entamer un autre combat : étendre la décriminalisation de l’avortement à toutes les femmes qui souhaitent se faire avorter pour une raison ou une autre.

« Nous sommes tous d’accord que cette loi ne suffit pas. Nous avons choisi de soutenir un projet de loi qui est bien loin de ce que nous recherchons. Beaucoup de femmes continueront à se faire avorter dans la clandestinité en risquant une lourde peine de prison », explique Lindsay Collen.

Une position soutenue par la Nursing Association (NA). Bagooaduth Kalloa. Le président de l’organisation syndicale martèle que les infirmiers ne souhaitent plus se retrouver face à des femmes mourant après avoir un avortement pratiqué dans des conditions inacceptables.

« Nous souhaitons que l’avortement soit totalement décriminalisé dans un avenir proche. Il s’agit avant tout d’un problème de santé publique », affirme ce professionnel du secteur médical.

Partageant cet avis, Vidya Charan, présidente de la Mauritius Family Planning & Welfare Association (MFPWA), estime que la loi amendée ne résoudra pas le problème d’avortements clandestins. Elle plaide en faveur du droit de toutes les femmes d’avoir accès à un service de soin sécurisé et de qualité sans condition.

Les autres associations du Front commun dont la Mauritius Alliance of Women, Women in Networking (WIN), entre autres, se sont toutes félicitées de la petite victoire en faveur de la femme mauricienne avant de plaider en faveur d’un élargissement de loi.

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