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La situation des squatters de Dubreuil bientôt régularisée

Rosemarie Anne Perrine peut enfin entrevoir son avenir avec un peu de sérénité. En effet, cette mère de famille, qui vit sur les terres de l?Etat dans un logement de fortune à Dubreuil, verra bientôt sa situation régularisée. Comme les quelque 187 autres occupants, elle a fait parvenir son nom aux députés de Curepipe-Midlands pour obtenir la location à bail du terrain où elle s?est installée. Déjà raccordés aux réseaux de la Central Water Authority (CWA) et du Central Electricity Board (CEB) depuis près de trois ans, les squatters pourront pousser un ouf de soulagement.

Interrogé hier, le député de la circonscription, Gérard Paya, a confirmé qu?il a entamé des démarches auprès du ministère du Logement et des Terres pour que ces squatters obtiennent leur bail avant la fin du mandat gouvernemental. ?On a promis à ces squatters entre six à sept perches de terrain. Leur cas devrait être régularisé vers mars prochain?, déclare le député.

La nouvelle, à Camp-Boolell et aux abords des appartements de la National Housing Development Company à Dubreuil, a fait l?effet d?une traînée de poudre. Des opportunistes ont cherché à en profiter en érigeant des maisons de fortune sur les terrains concernés. ?Nous avons eu beaucoup de mal à identifier les vrais squatters des squatters improvisés. Un certain nombre de maisons construites sont vides. Il ne s?agit donc pas des vrais squatters?, affirme Gérard Paya.

Le député a rencontré d?autres difficultés dans l?attribution des baux.?Nous avons eu des cas de couples vivant en concubinage. Cela pose un problème légal. Qui va être responsable du lopin de terre ?? souligne-t-il. Ces considérations d?ordre technique retardent pour le moment le processus de location à bail des terrains.

De plus, le sol est humide, la boue fréquente, car la région est constamment arrosée de pluie. Le coin est presque coupé des zones d?activité économique, bon nombre d?habitants ne trouvant de l?emploi que dans les champs de légumes, de thé, ou dans la construction des maisons.

L?époux de Rosemarie Anne travaille, lui, dans la manutention des barres de fer. Mère de trois enfants, âgés entre un et trois ans, elle habite une demeure en tôle.

Du carton pour couvrir le sol

Ce sont d?autres squatters qui lui fournissent l?électricité pour bouillir l?eau, faire fonctionner le réfrigérateur et la chaîne hi-fi. D?origine rodriguaise, Rosemarie Anne s?est mariée avec un Mauricien avant de s?installer à Dubreuil. Une installation jusqu?ici bien précaire. Dans son chez-soi de fortune, le sol rocheux est recouvert de cartons pour éviter toute blessure. Il n?y a que deux chambres. Elle dort avec ses trois enfants et son mari dans la même pièce... Mais pour les maisonnettes installées sur ces lopins de terre, Gérard Paya est rassurant : une fois les squatters régularisés, ?un plan de construction? leur sera proposé.

Chez Radha Montadoo, autre squatter, on se réjouit également de la régularisation. La petite maison, à l?arrière du centre polyvalent de Dubreuil nouvellement inauguré, est déjà équipée en fourniture d?électricité, de téléphone et d?eau.

Les Montadoo viennent d?acheter des matériaux de construction. Ils n?attendent que le feu vert du gouvernement pour bâtir en dur. ?On a remis des photocopies de notre contrat de mariage civile, notre carte d?identité. On attend toujours?, déclare la mère de famille.