Société

Hôpital Victoria : Une salle réservée aux mamans convertie en dortoir pour infirmières

Elles n’ont aucune intimité. Et sont contraintes d’allaiter leurs nouveau-nés en public. C’est la situation dans laquelle se trouvent de nombreuses femmes à la Nursery et la Neo Natal Intensive Care Unit de l’hôpital Victoria, Candos. Pourtant, une salle leur avait bien été réservée après la rénovation de l’établissement, en avril dernier. Mais celle-ci a été convertie en dortoir pour les infirmières…


«Je n’ai aucune intimité ici», lâche Nazima. Le nouveau- né de cette jeune maman est à la Neo Natal ICU. Elle explique qu’elle doit extraire son lait pour ensuite le mettre dans un tube pour alimenter son bébé. «On n’a même pas une pièce pour le faire. On nous a cédé un petit couloir, qui donne sur une porte que les médecins utilisent sans arrêt. C’est gênant d’être exposée ainsi aux yeux de tous. Il y a également les X-ray Technicians, ainsi que les pères ou des Attendants qui passent par cette porte», ajoute-elle.


Le couloir «alloué» aux mamans est d’une superficie de 3 x 6 m², et ne peut accueillir que quelques personnes. Tandis que le dortoir des infirmières pourrait accueillir plus d’une dizaine de mamans.


De plus, une Charge Nurse explique que les mamans doivent prendre leurs enfants de la Nursery, puis passer par un couloir utilisé par tous, avant d’accéder à la pièce où elles allaiteront. Résultat : ces derniers sont dès lors plus exposés aux infections. Pour un médecin de l’hôpital Victoria, la situation est affligeante. «Comment peut-on laisser ces mères s’exposer ainsi dans un endroit aussi étroit et presque public ?»


Alors qu’on encourage l’allaitement, dit-il, «ces mamans sont dans une situation délicate ici». Notre interlocuteur indique qu’avant la rénovation de l’hôpital, «les mamans avaient une salle pour l’allaitement». Et d’ajouter : «Le ministère avait prévu une pièce pour elles, mais les infirmières du Labour Ward l’ont prise pour en faire leur dortoir, avec l’accord des administrateurs de l’hôpital.»


Ravin Kumar Domun, directeur de l’hôpital, dément, pour sa part, le fait que les infirmières se soient appropriées la pièce en question. «Notre hôpital date de plus de 100 ans et l’infrastructure est très limitée. Il y a un manque de places, mais on essaie de faire de notre mieux pour améliorer la situation.» Il estime que «la place qu’on a allouée aux mamans est suffisante car environ quatre mamans donnent le sein à leurs enfants».


Il conteste également le fait que le lieu soit accessible au public. «Je pense que chacun d’entre nous doit être responsable. Une maman qui allaite son enfant doit fermer la porte…»