Fort de ses 40 ans d’expérience, Dev Virahsawmy a lancé son manuel destiné à la formation des professeurs, «Bilengism morisien ek angle», jeudi dernier.
Jeter des passerelles entre l’anglais et le créole. Et améliorer le vocabulaire et la compréhension que les enfants ont des deux langues. C’est là l’objectif du nouveau manuel pour la formation des professeurs de Dev Virahsawmy. Bilengism morisien ek angle a été lancé jeudi dernier.
Un travail pédagogique basé sur ses 40 ans d’expérience de l’enseignement de la langue créole. Autant de travaux qui font dire à Dev Virahsawmy, membre de l’Akademi Kreol Morisien, que les quatre groupes de travail mis en place par cette académie sont «une perte de temps».
L’académie a été lance le jeudi 28 octobre dernier, au ministère de l’Education et des Ressources humaines. Elle est chargée des préparatifs en vue de l’introduction du créole comme matière optionnelle au primaire. L’un des groupes de travail s’intéresse à la graphie, sous la présidence d’Arnaud Carpooran.
«J’aurais préféré un comité ad hoc qui aurait soumis ses recommandations au ministre de l’Education. Le travail de ces comités, je l’ai déjà fait, j’ai d’ailleurs dit à ces comités que c’était une perte de temps, mais ils insistent. Je ne participerai pas à leurs travaux. Je n’irai qu’à la séance plénière.»
Le manuel propose des améliorations à la grafi larmoni. Dev Virahsawmy, fort de son expérience, apporte une graphie «standard», avec des choix précis. Exemple : la grafi larmoni donne deux possibilités pour la nasalisation d’«e». Cela donne au choix «in» ou «en». «C’est cause de confusions», souligne-t-il, «latrenn» pouvant devenir «latrinn». Pour Dev Virahsawmy, il est meilleur d’utiliser «enn» en toutes circonstances.
Des règles de grammaire simplifiées, un chapitre sur la traduction basé sur les similarités entre créole et anglais sont inclus dans le manuel. «En anglais comme en créole, le genre est déterminé par le sexe.
Il faut encourager la traduction, cela accélère la maîtrise du créole et de l’anglais.» L’auteur propose également un lexique d’environ 2 200 mots du vocabulaire de base du morisien. Traduits en anglais, ces mots approfondissent la compétence dans la langue de Shakespeare.
En conclusion, le manuel propose une traduction d’un extrait de la Bhagavad-Gita. A ce sujet, l’auteur confie que «c’est pour montrer que l’on peut exprimer le sacré, parol bondie en créole».
Aline GROËME-HARMON
Yvan Martial, un MC qui fait des vagues
Yvan Martial, journaliste et historien, était le maître de cérémonie (MC) lors du lancement de l’ouvrage signé Dev Virahsawmy. Selon les organisateurs, le MC a «dérapé». «Il n’était pas là pour exprimer son opinion. Il a décidé d’utiliser cette plateforme pour vomir ses idées réactionnaires de francophone francophile qui ne respecte pas le statut du créole. Il nous a insultés.»
De son côté, Yvan Martial affirme qu’il ne milite pas en faveur de la langue créole et qu’à ce titre, il a été «surpris» que l’on fasse appel à lui. Il a accepté, «parce que Dev Virahsawmy a insisté». Yvan Martial estime qu’en la circonstance, il a «essayé d’être respectueux envers []lui]-même et ceux qui []l]’ont invité».
Il a énoncé sa position concernant la langue créole : «Il faut laisser chacun libre de décider d’écrire ou d’apprendre le créole. Le plus grand tort que l’on puisse faire au créole, c’est de le rendre obligatoire. S’il y a des familles qui refusent que leurs enfants apprennent en créole, et j’en connais beaucoup, cela va les blesser inutilement. Laissons-leur la liberté de choisir.»
Selon Yvan Martial, il y a des textes écrits en créole qui s’adressent à des gens qui «comprennent l’anglais mieux que []lui].» «Ce n’est pas parce que l’on zézaie que l’on parle un bon créole. La langue créole est une langue qui refuse les mots abstraits.»
A titre d’exemple, Yvan Martial cite le travail de traduction en cours de la Bible. «Si c’est pour dire ‘splander bondie’, ou ‘laglwar bondie’, c’est peine perdue. Il faudrait aller vers des gens qui ont parlé le créole toute leur vie et leur demander d’expliquer ces notions. Sinon, comment est-ce que quelqu’un qui n’a jamais vu un agneau va concevoir l’agneau de Dieu ? Peut-être qu’on pourrait dire ‘tikabri bondie’ ?»
Commentaires
Betises
-Le pont entre le crole et le franais est vite franchi. Par contre je ne vois pas du tout de pont entre l'anglais et le crole. Apprendre le francais et parler le crole a du sens. RIEN d'autre n'en a.
Donc quand "Additional French" comme "Additional Maths" au syllabus?? On prendra soin d'exclure les neries de Cambridge et de s'aligner sur l'Alliance Francaise par exemple.
A Alan
Le pont entre le crole et le francais est si vite franchi qu'on saute la rue!!!
Ces ponts concrets entre crole et anglais
C'est une tendance au niveau mondial : on rejette les langues importantes comme le franais mais secondaires par rapport l'anglais. Dans le mme temps, on promeut des dialectes marginaux en s'appuyant sur l'imprialisme anglophone. N'oubliez pas que les malheurs d'Hati viennent du fait que le crole est la langue officielle.
alan
@Alan quand donc le "francais additionnel". Si pou cause francais be cause francais. L'anglais est une langue importante surtout cause de globalisation. Faire une prfrence du francais l'anglais serait de fermer toutes les portes pour les relations internationales.
Tribute to a scholar
Remembering the late Seewooparsad Gulab founder of Nightingale College Surinam
By Dev Luchowa
Up until 1976 or thereabout, secondary education in Mauritius from the age of 12 was not free and children had to pay for their education.
Sewooparsad Rajpal Gulab, an inhabitant of Martiniere, Surinam whose father was an Indian immigrant married into the Dulhansing family, brought many improvements to the education of children of Surinam and of the Savanne area of Mauritius especially for many poor children.
Gulab came up with the idea that all children should be given the opportunity to continue their education after the age of 12 whether they were successful or not in their primary school leaving 6th-standard exams. He recognised there were early and late developers and that all individuals were different in their own pace of learning, personal growth, and educational development and that they all had potential. His vision, thus, was to provide educational opportunities to many and especially to those who could not afford to pay for their secondary education, with the emphasis being on skills and knowledge to equip the student to adjust through a lifetime of social, political, economic, academic, and environmental changes. He encouraged parents not to worry about having to pay the monthly fee on time and reassured them that they could pay as and when they could afford some spare money.
The opportunity for Gulab to realise his vision came in July 1964, when he was working as an Arts Teacher at Lincoln College, Souillac. It is understood that the owner of Lincoln gave 1-week notice to shut its doors. Many students panicked. Gulab had managed to stave off any anxieties and reassured the parents of these students. Within that week on 1st July 1964, he took over Lincoln College and renamed it Nightingale College. Note that Gulab himself did not have any financial assets when he did so. He relied on the good nature of many of his colleagues who did it for free or on very little pay and on higher Form students who sometimes helped with the teaching. The College transferred to Surinam in 1970.
Because the college initially served a small student population of up to 100 with diverse academic abilities and diverse needs, it was also challenging in the face of competition, mockery, and prejudice from some nearby colleges to get consistent results at the beginning. But that very real challenge was a motivating factor for Gulab and his students to be more determined to succeed. There was emphasis on teaching students to be self-reliant by doing things for themselves and for others without too much interference and punishment from the teachers, and without being reminded. They were also encouraged to think independently, and come up with their solutions and strategies for dealing with new challenges. This became the main building blocks of the students self-esteem and confidence. There was the attitude of can do and "I never did this in this way before, but I can give it a try!
The ensuing result was that from the late 1960s, the college started to produce many successful students many of whom are now leaders in various occupations, professions, vocations, and ventures both in Mauritius and abroad.
It is unfortunate that Gulabs health deteriorated and he eventually died in the early 1990s. The college was taken over by the Mauritius Ministry of Education.
We would like to say a big Thank you, Mr Gulab.
The true foundations of who and what many of his students have become, he would deserve to share every honour they receive today. Many of his students were far from perfect students, and that some, more than once, sometimes brought him some pain and frustrations, but there is no doubt that they all want to show him their sincere gratitude for moulding their paths and for showing that there was nothing impossible. They will always appreciate Gulabs gentle and friendly guidance in his own true linguistic style. He continuously strengthened and inspired them, without which they would have never come to reach their moment. And let us all hope that in some way they have made Gulab proud.