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A côté du quota


Une déclaration qui a fait « pschitt » . L’introduction d’un quota pour permettre à plus de femmes d’entrer en politique, annoncée par le Premier ministre à l’occasion de la Journée de la Femme, n’a suscité aucune réaction du public. Ni enthousiasme, ni réticence.


Une parfaite indifférence.


Pourquoi ? Ce n’est pas forcément un débat que les femmes apprécient. Le mot « quota » a quelque chose d’humiliant, parce qu’il renferme l’idée d’un statut de victimes demandant charité. Et puis, il y a ceux qui pensent qu’un quota transgresserait un principe fondamental de la République, laquelle ne fait pas de distinction entre les citoyens. D’autres encore se demandent s’il est véritablement utile : faut- il imposer une mixité quand on sent que la confi guration change petit à petit, les femmes députées étant à dix aujourd’hui ? Mais en réalité, notre indifférence, elle, n’a pas de raisons idéologiques. Elle tient au fait que nous n’accordons guère de crédit à cette annonce.


Navin Ramgoolam n’est pas très convaincant parce que sa déclaration s’inscrit d’abord dans le cadre d’une vaste farce à laquelle se livrent les leaders des partis politiques pour affi cher leur force, faire croire qu’ils sont sensibles à « la cause des femmes » , séduire cette partie majoritaire de l’électorat.


Une joute de récréation où s’échangent des « moi, j’ai fait avant » pour faire applaudir tous les « rezo fam » rameutés pour l’occasion. Ensuite, le Premier ministre n’est plus, lui- même, très cohérent sur sa volonté de réformer le système. Outre ses nombreuses promesses de comités, restées vaines, il cultive une certaine ambiguïté sur ses intentions. Il y a trois mois, à l’Assemblée nationale, il refusait l’idée d’introduire un quota pour les prochaines élections villageoises et municipales, et il défend aujourd’hui ce principe pour les élections générales.


Quelle est la logique ? L’indifférence générale reste cependant malheureuse.


Car aborder la question est nécessaire. Ce n’est pas d’une affaire de femmes qu’il s’agit mais de ressources. Notre classe politique est vieillissante. Nous sommes totalement dans le fl ou sur l’après- Bérenger et l’après- Ramgoolam, les deux principaux partis de notre échiquier. Si leurs dirigeants s’incrustent, c’est probablement que les nouveaux adhérents à ces partis sont insuffi sants en nombre et en qualité pour permettre l’émergence, parmi eux, de « dauphins » . Elargir la base élargira les chances de révéler des talents de leaders. Et pour avoir davantage d’engagé( es), il faut casser les mentalités, qui ne changeront pas naturellement. Notre société est ainsi faite que l’idée persiste selon laquelle la femme n’existerait que pour compléter l’homme et lui permettre d’être un bon citoyen en le soulageant des responsabilités éducatives et domestiques.


Il faut donc forcer un peu les choses.


Si Ramgoolam est vraiment sincère sur la question, il devrait sans doute agir en deux temps. D’abord, la proposition, rejetée, d’un quota de femmes pour les élections régionales est tout à fait pertinente. L’administration régionale est une responsabilité moins lourde quand on a deux autres vies, professionnelle et familiale, à mener, ainsi qu’une bonne école, une bonne entrée en matière. Elle convient aux femmes.


Ensuite, au lieu de « se pencher sur un quota » , le Premier ministre ferait mieux de se pencher plutôt sur la formule déjà toute prête qui résoudrait une partie du problème de représentation de la femme, celle recommandée par Rama Sithanen.


Une réelle réforme électorale répondrait en effet à l’ensemble de nos aspirations. La dose de 24 députés élus à la proportionnelle, ajoutée aux 62 députés élus en « fi rst past the post » , telle que proposée, devrait apporter la garantie d’un nombre raisonnable de femmes. Il n’y a pas besoin d’autres comités ni d’une autre réfl exion sur le quota. Si Sithanen y a travaillé pendant sept ans, il y a fort à parier qu’on ne trouvera pas mieux. Et il y a plus ou moins consensus entre les partis.


Pourquoi retarder encore la décision ? Répondant au député Steve Obeegadoo sur ses intentions de réforme, le Premier ministre déclarait : « What we want is coherent change, not piecemeal change. » Qu’il le prouve.


Mais plus largement, si tous les leaders politiques qui se sont donnés en spectacle cette semaine sont sincères, il faut qu’ils s’attaquent aux obstacles qui empêchent une représentation élargie de la femme. Au- delà du fonctionnement très masculin des partis et des campagnes, entre réunions nocturnes et vulgarités au micro, il faut revoir le cumul des mandats de députés. La politique, on le sait, est considérée chez nous comme le lieu par excellence de l’exercice du pouvoir.


Et s’y accrocher est naturel. Les postes clés sont réservés aux anciens, laissant peu de place aux nouvelles entrantes.


Forcer cette alternance, c’est une condition absolue pour une plus grande diversité.


La réforme, c’est notre priorité. Le reste n’est que beau discours. Voyez : sur 56 décorés de la République, sept femmes…
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Commentaires

Zola | 03/13/11

"un principe fondamental de la Rpublique, laquelle ne fait pas de distinction entre les citoyens", pardonnez moi Madame d'ou vous sortez ce concept? Ce n'est qu'une inspiration franaise qui mne ce pays dans une spirale vertigineuse et inutile.Pourtant vous vous etes souvent exprim "outside the box".. et puis la recommendation du Dr Sithanen, quand meme soyons serieux!

Clency | 03/13/11

Je suis contre cette proposition de quota et vous le dites si bien:c'est dgradant et humiliant.Des femmes travers le monde ont t chefs de Gouvernement sans quota.Alors pourquoi cette proposition ridicule Maurice?Marine Le Pen qui fait partie d'un groupe politique que beaucoup de Franais n'aiment pas ,fait actuellement trembler les Sarkozy et autres hommes politiques franais.

Lélio Wong | 03/13/11

Ceux qui se servent de la formule (1/2 + 1/2 = 1 ) ont prouv qu'ils sont vers la bonne voie. En Allemagne ( Bonne dirigeantes + bon dirigeants = Mres heureuse + Pre heureux = Familles heureuse ) Maurice tant qu'il y aura l'influence des socio-culturels qui minimisent restrictivement la comptence des femmes en les humiliant rester les subaltrnes des hommes, il n'y aura aucun changement. On a besoin d' un reformateur qui partage ses droits des reformatrices. Paul Brenger a fait le premier pas de rajeunir le MMM avec plus de femmes. Comme d'habitude Navin Ramgoolam vient au riposte mais encore une fois avec une fausse copie. En 2020 l'lectorat prendra une nouvelle forme et ce ne sera plus question de " berner les femmes". moins que Navin interdit l'mancipation et l'ducation de la femme. And the winner will be Paul, if he wants ! J'attends beaucoup de critiques. Le dbat est trs long.

Amelia | 03/14/11

Zola, I think you have got a point, we cannot go ideological when policies are concerned. French inspiration is indeed the last thing we should resort to. Quotas alone would not do much. It must be part and parcel of a package of other measures that can help to change attitudes.

Ouyouf | 03/14/11

"La rforme, cest notre priorit. Le reste nest que beau discours. Voyez : sur 56 dcors de la Rpublique, sept femmes" Bien trouv... But!!! Balle au centre.Je disais la semaine dernire que Navin ne travaillait qu' trouver des formules opportunistes pour toutes les occasions o il aurait prendre la parole. En voil un exemple... typique!

kirikiri | 03/15/11

avoir un quart de femmes l'assemble? Rien de plus facile- 3 mois avant le nomination day, tirer la courte paille, les 5 circonscriptions qui n'accepteront que des femmes comme candidates- on est sur d'avoir 15 femmes l'assemble lgislatives. Il suffit de changer les lois en consquences. Mettre des quotas par circonscription est moins sr car certains machos limineront systmatiquement les candidates.

Voters | 03/15/11

@Lelio Wong, I think you do not know the composition of the front benchers of the MMM.

Starbright | 03/15/11

As far as i'm concerned, the biggest creation God ever did is a woman.They are so gorgeous and if it was up to me, they would have been ruling the whole world.

Reader | 03/16/11

Public did protest but not the politicians neither did any other decision maker. They did not act probably because they have some political gains; remember the nomination of a vice president. Even some traditionally anti government journalists were blessed by the nomination; that same nomination which serves nothing to the country. Similarly, the equal opportunity act (which is a twin brother of the quota system and against meritocracy) but called by another name, rejoices many journalists because of which, they hardly write anything against to inform the public as required. I request the author to please refer to the reaction of the public when Navin made his announcement at link http://www.lexpress.mu/story/22039-a-cote-du-quota.html

Citizen Y | 03/17/11

Dear Reader,

I personally do not think that "meritocracy", or any other ideal, exists in a vacuum or in absolute terms. Synchronised policies are required to make it happen. Quixotism won't. Affirmative actions like time-bound quotas, are inevitable.

The bad news is we do not have strategic leadership within the political class. That is the real tragedy.

veekay | 03/17/11

les partis politiques doivent presenter plus de femmes lors des elections ,il n'y a pas lieu d'avoir des comites ou essayer de seduire la gente feminine.seulement le 08 mars qu'on entend les memes refrains, qu'il y a tant de juges femmes tant chef de cabinet femmes et que le secteur prive ne fait pas assez d'efforts pour avoir des femmes a la tete de leur entreprises. mais il faut pas faire de la discrimination, ceux ou celles qui meritent doivent avoir leur chance et il faut proclamer opportunity act