Economie

Budget 2011: Les syndicalistes mécontents

Les syndicalistes ne sont pas du tout d’accord avec le budget présenté, le 19 novembre, par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Ils émettent des critiques contre les projets annoncés.


&nbspToolsiraj Benydin, président du National Trade Union Congress


«Nous ne sommes pas trop satisfait avec ce budget.&nbsp Nous n’y voyons pas d’idées innovatrices hormis les projets d’infrastructure et l’abolition NRPT, qui sont des travaux qui étaient déjà en cours et qui ont progressé sous la pression.


Pravind Jugnauth les applique que pour marquer quelques points.
Concernant la compensation salariale pour les travailleurs, nous jugeons qu’elle n’est pas suffisante.&nbsp De plus, ceux qui gagnent plus de Rs 30 000 sont exclus.


De plus, nous ne sommes pas d’accord avec le recrutement des senior officers par délégation de pouvoir. Il ne faut pas déléguer des chefs de département ou des chefs dans les ministères. Il y aura des abus. Il aurait fallu, au contraire, renforcer le pouvoir des commissaires et plus de transparence».


Atma Shanto, président de la Confédération Syndicale de Gauche-Solidarité


« Nous nous attendions que le ministre des finances révise sa décision sur le paiement de la compensation salariale de 3,2%, qu’il avait imposé durant la réunion tripartite d’avant hier. Malheureusement, le ministre des finances a maintenu sa décision. 3,2% de compensation salariale représente trois pains secs pour chaque travailleur.


&nbspLa population, en général, attendant une révision en baisse de tous les produits de consommation courante.


Malheureusement, il n’y en a pas eu. Une augmentation du prix des cigarettes et des boissons alcoolisées a été annoncée… En termes de création d’emploi, qui tourne autour de 7,5%, il n’y a eu aucune mesure. Concernant l’augmentation des centres de détentions et prisons, le recrutement de 500 policiers, il est clair que le gouvernement a l’intention de continuer à régner dans la répression.


Le ministre des Finances, Pravind Jugnauth suit le même chemin que l’ancien ministre des Finances, Rama Sithanen. Il a annoncé que la banque mondiale et fonds monétaire international conduiraient des études et feraient des recommandations. Quand Pravind Jugnauth était dans l’opposition, il avait critiqué et s’était opposé à la politique de Rama Sithanen, de la banque mondiale et du fond monétaire international. Mais aujourd’hui, nous avons été témoins qu’il n’y a pas de différence entre lui et Rama Sithanen.


Ce budget est une faillite totale de Pravind Jugnauth et de l’Alliance de l’avenir. Ce n’est que du blabla».


Radakrishna Sadien, président de la Confederation of Free Trade Unions


« La fusion de la Central Water Authority, de la Waste Water Management Authority, de l’Irrigation Authority et du Water Resources Unit est un prélude à la privatisation de l’eau. Donc, l’eau coutera plus cher.


&nbspJe ne suis pas d’accord avec la délégation de pouvoir afin de remplir certains postes vacants dans le secteur public par des ministères au lieu de la Public Services Commission (PSC).


Concernant le law &amp order. Au lieu des Rs 20 milliards sur une période de trois ans, l’installation de caméras de surveillance, le recrutement des policiers, je pense qu’une étude serait plus utile pour identifier la source des problèmes sociaux dans ce pays. Il faut plus de mesures de précaution q de répression.


Je crois que le budget demandait plus de mesures en profondeur. C’est plutôt un budget de continuité avec petites retouches».


Reaz Chuttoo, président de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé


«C’est un budget qui a une orientation bien précise – c’est la relance économique, la consolidation de la croissance. Donc,&nbsp beaucoup de mesures ont été prises dans ce sens. Au niveau du social,&nbsp il y a beaucoup d’effets d’annonce. Mais certaines se contredisent.


Il y a de grands problèmes sociaux qui n’ont pas été adressés. Selon les chiffres du Central Statistics Office (CSO) publiés hier, 70 899 travailleurs du secteur privé touchent moins de Rs 4500. Donc, le CSO a déterminé que le poverty line est de Rs 4581. Pour ses personnes là, nous avions proposé&nbsp d’allouer 1% au CSR et de partager l’autre 1 % équitablement entre les travailleurs. Le gouvernement a retenu notre idée mais il prendra 1 % qui devrait être partagé avec les travailleurs et l’a mis dans son budget pour le social housing.


Pravind Jugnauth a aussi annoncé que pour le certificat de moralité coutera Rs 100. Il a pris une mesure très immorale. Souvent ceux qui demandent un certificat veulent réintégrer la société et au lieu de leur donner un coup de main on rend leur vie plus difficile


Maintenant, il y a un autre problème au niveau judiciaire. On a annoncé le recrutement de huit nouveaux juges pour faire de Maurice un centre d’arbitration d’excellence. Mais qu’en est-il de la demande de la population en ce qui concerne l’aide légale, plus poussée? C’est ce qu’ils appellent la justice sociale?


D’un coté, ils veulent promouvoir l’éducation tertiaire en envoyant les jeunes mauriciens étudié a l’étranger. Leurs parents auront Rs 120 000 en exemption tax. Les parents de ceux étudiant à Maurice sont exemptés de Rs 80000. Mais quid des enfants pauvres qui ne peuvent se payer des études ? »


Vinod Seegum, président de la Confederation of Independent Trade Unions et président de la Government Teachers Union


«Nous ne pouvons pas commenter le budget en détails. Auparavant, nous devons étudier tous ses aspects et voir chaque dotation. Mais, à première vue, c’est un budget mi-figue mi raisin.


Dans le secteur de l’éducation, des mesures positives ont été prises. Des ordinateurs portables seront&nbsp offerts aux étudiants. L’allocation pour le School Certificate et du Higher School Certificate (HSC) a été augmentée. Mais il n’y a pas sur les cours de Bachelor in Education. Cela fait 22 ans que nous le demandons, aucun ministre des finances n’en fait mention.


Pravind Jugnauth a annoncé l’extension de l’Enhancement programme à la 3eme. L’Enhancement programme en 3ème et en 4ème q ne résoudra pas les 30% d’échec aux examens du Certificate of Primary Education (CPE). Pour résoudre le problème&nbsp d’échec scolaire, nous l’avons dit dans notre mémoire pré-budgétaire, il faut nommer un comité de haut niveau».


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