
Les autorités mauriciennes étudient l’éventualité d’intenter un procès à Boskalis pour avoir corrompu des responsables de la Mauritius Ports Authority.
La firme néerlandaise Boskalis pourait être traduite en justice dans le cadre de l’affaire de corruption alléguée à la Mauritius Ports Authority (MPA). Cette éventualité fait suite à l’enquête ouverte par le Central CID sur les pots-de-vin supposément versés par la firme spécialisée dans les travaux portuaires à l’ancien président de la MPA, Siddick Chady. Un contrat pour des travaux de dragage, évalué à Rs 537 millions avait été octroyé à Boskalis en 2006.
Un des directeurs de l’entreprise, Pieter Boer figure déjà parmi les personnes censées avoir commis le délit de blanchiment d’argent en faveur de Siddick Chady et de Prakash Maunthrooa, ancien directeur de la MPA et conseiller de Boskalis au moment des faits allégués.
Paradoxalement, si Boskalis fait face à des poursuites pour corruption à Maurice, ce n’est pas une aussi mauvaise nouvelle pour elle. Cela lui évitera des poursuites pour le même délit en Hollande. Si elle est poursuivie aux Pays-Bas et qu’elle est trouvée coupable, elle va automatiquement se retrouver sur la liste noire des entreprises interdites à participer aux appels d’offres publics dans les pays de l’OCDE.
C’est au Directeur des poursuites publiques (DPP) de décider si Boskalis sera poursuivie ou non. Selon une déclaration du Premier ministre mauricien à l’Assemblée nationale, des preuves ont été obtenues au siège de Boskalis, en Hollande, suite aux demandes des autorités mauriciennes auprès d’Amsterdam de confirmer si la société a bien versé de l’argent à Siddick Chady.
Toute cette affaire a été mise au jour par l’hebdomadaire Samedi Plus, en juillet 2008. La Commission anti-corruption avait alors initié une enquête contre Siddick Chady. Un autre ancien président de la MPA, également nommé sous un gouvernement travailliste, Gilbert Philippe, avait été appréhendé.
La demande des autorités mauriciennes auprès d’Amsterdam quant à la collecte de preuves au siège de Boskalis ayant tardé, les accusations retenues contre Siddick Chady avaient été rayées en février 2011. Mais le passé l’a rattrapé, Amsterdam étant finalement parvenue à avoir accès aux dossiers de Boskalis il y a quelques semaines.
Ce qui a mené à d’autres arrestations à Maurice. Boskalis se trouve, depuis, sous les feux de projecteurs. Elle est déjà sous le coup d’une enquête pour corruption en Uruguay et en Argentine : une de ses filiales, RioVia, est soupçonnée d’avoir corrompu des officiels de ces pays. Elle voulait que le contrat qui lui avait été octroyé pour le dragage du Canal Martin Garcia dans la Rivière de la Plata, soit étendu.