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Riambel-African Town : la vie continue malgré les pénuries d’eau et d’électricité

29 septembre 2016, 15:45

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Riambel-African Town : la vie continue malgré les pénuries d’eau et d’électricité

A l’annonce de la régularisation des familles de squatters à African Town en 2015, celles-ci espéraient des lendemains meilleurs. Un manque de communication a fait qu’elles n’ont toujours ni eau, ni électricité.

Cette promesse du ministre du Logement et des terres avait mis du baume au cœur de plusieurs habitants de cette cité ouvrière. Etre régularisés pour eux signifiait obtenir des lettres d’intention devant leur permettre d’être raccordés aux réseaux de la Central Water Authority (CWA) et du Central Electricity Board (CEB). Sur les 66 familles de squatters vivant à African Town, 53 ont obtenu cette lettre. Mais une année après, elles n’ont toujours ni eau, ni électricité. La faute à personne, si ce n’est un manque de communication entre les autorités et elles sur les procédures à suivre. Une situation qui handicape lourdement leur quotidien.

«Depi inn regilariz nou, pa narnien mem! Nou ti pense nou pou resi gagn dilo ek couran», dit Marie-Claude Lejuste, qui se tient à l’entrée de la cité, un bras plâtré alors que de son bras valide, elle tient son petit-fils. Elle peste contre le fait qu’elle doive se débrouiller comme elle le peut au quotidien avec un seul bras, sans compter qu’elle doit aussi s’occuper du petit, et tout cela sans eau courante. «Ou bizin pran ou seo ek al kot dimounn pou ranpli delo dan seo, sarye li ek vinn la», dit-elle. Elle nous conseille de nous rendre à la Cité de Dieu, lieu où d’autres femmes se rencontrent pour évoquer leurs difficultés. Nous nous y rendons.

«Moi, j’ai trois enfants et je vais recueillir de l’eau chez les voisins de l’autre cité. Ce n’est pas toujours facile car les gens ne veulent pas toujours nous en donner autant», raconte Sanieta Montaigu. D’autres arrivent à raccorder un tuyau à un robinet à partir de la première cité, moyennant paiement. Cependant, c’est un luxe que très peu d’entre eux peuvent se permettre. Ceux qui n’ont pas les moyens, se contentent de puiser une eau impropre à la consommation d’un trou creusé dans le sol. «Cette eau sert à faire la lessive et la vaisselle», dit Sundery Croutche, justement rencontrée sur place. Elle puise ainsi de l’eau depuis quatre ans.

Plus loin, des femmes sont assises sur des rochers à l’ombre d’un arbre. Réticentes au départ, les langues finissent par se délier. «Asoir enn problem pou dormi. Bizin alim labouzi», dit l’une. d’entre elles. «Avek zanfan li pa fasil», renchérit une autre. «Koumadir nou inn tass dan lepok lontan isi»

Le témoignage de Pamela Françoise est le plus touchant. Sa fille diabétique suit un traitement d’insuline mais ne peut faire ses injections régulièrement car elles n’ont pas de réfrigérateur «Nou oblize gard so insuline kot dimounn. Ena fwa dimounn-la inn sorti, nou pa gagn fer so pikir», dit-elle

Un malentendu

Aux ministères du Logement et des terres et de l’Intégration sociale, on explique que la balle est dans le camp des squatters ayant reçu leur lettre d’intention. «Le ministère du Logement a régularisé la situation de 53 familles et par rapport à l’accès à l’eau et à l’électricité, celles-ci doivent faire leurs démarches auprès de la CWA et du CEB pour être connectées. Nous l’avions déjà indiqué», soutient une source.

Toutes les familles n’ont pas mal compris. Sanieta Montaigu dit avoir été aux bureaux du CEB et de la CWA mais ignore pourquoi la connexion tarde à se faire. Les autres familles n’avaient pas compris quelles étaient les procédures à suivre pour être raccordées aux réseaux. Conscient du malentendu et du calvaire vécu par ces familles, un conseiller de Surinam, Vassen Caroopoonen, a soumis le nom de ces 53 familles au CEB et à la CWA pour que les connexions soient faites au plus vite.