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Vanessa Grimaud nourrit sa passion à Montréal

15 septembre 2015, 08:59

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Vanessa Grimaud nourrit sa passion à Montréal
Depuis ses années collège, au Lorette de St-Pierre et de Port-Louis, elle caressait déjà le rêve d’être nutritionniste. Aujourd’hui, elle a 27 ans et fait partie de l’ordre professionnel des diététistes du Québec. Vanessa Grimaud, ancienne habitante de Baie-du-Tombeau, nous raconte comment elle en est arrivée à faire partie des 3 000 nutritionnistes de la province de Québec.
 
Pour nourrir sa passion, la jeune femme a suivi des cours de Food Study pour le Higher School Certificate. Elle se souvient comment ses parents étaient fiers d’elle : «J’étais agréablement surprise de voir que j’étais classée septième au niveau national».
 
Puis elle s’inscrit à l’université de Maurice. Elle fait partie des 30 étudiants sélectionnés sur 800 candidatures. Mais c’est «une des périodes les plus dures de ma vie. C’était la première fois que l’université proposait des cours sur la science des aliments». Et ces cours sont plus axés sur l’industrie alimentaire que sur la nutrition elle-même.
 
On n’a pas les cours qu’il faut à Maurice pour être nutritionniste professionnel, déplore Vanessa Grimaud. Elle explique qu’avec ce diplôme, elle peut aspirer à devenir coordonnatrice ou gestionnaire en qualité dans une industrie alimentaire. Or, ce n’est pas ce qu’elle veut faire : «Moi, je voulais vraiment devenir nutritionniste. Si bien qu’à la fin de ma licence en 2010, je me suis demandée si j’étais vraiment faite pour ça». Cette année-là est aussi l’année du grand départ. Le 23 juin, son mari et elle quittent Maurice pour le Canada, après avoir fait des démarches pendant un an. Trois semaines après leur arrivée, elle saute sur la première offre d’emploi qui se présente à elle et travaille comme vendeuse dans un magasin. Mais les économies amassées à Maurice s’écoulent très vite. Notre interlocutrice décide alors de chercher du travail dans son domaine.
 
Mais n’est pas nutritionniste qui veut au Canada : «J’apprends vite qu’il faut être membre de l’ordre professionnel agréé.» L’ordre professionnel procède à l’équivalence du diplôme et l’informe qu’une seule de ses années d’études est reconnue à Montréal. Il lui faut faire deux années supplémentaires ainsi que des stages. «Un peu découragée», elle suit néanmoins des cours à l’université de Montréal pendant deux ans. En parallèle, elle travaille comme serveuse dans une résidence de luxe pour personnes âgées pendant le week-end.
 
Enfin, en août 2014, elle obtient son premier emploi dans l’industrie alimentaire. Grosse désillusion. «J’ai eu la claque de ma vie. Un amim’avait recommandée pour un poste d’assistante en affaires réglementaires. Ce n’est pas ce que je voulais faire au départ. Et aujourd’hui, je peux dire que j’ai détesté y travailler. Toute la journée, je ne faisais que réviser des documents sur l’ordinateur.» Finalement, on l’informe qu’elle n’a pas le bon profil pour ce poste – elle est trop dynamique. «Un coup très dur pour le moral !»
 
Alors, pour trouver un emploi et après concertation avec son mari, elle étend sa zone de recherche à tout le Québec. Elle obtient un emploi comme nutritionniste dans un hôpital à Thetford Mines, au nord de Montréal, à trois heures de route de chez elle. Elle prend donc un appartement sur place et ne rentre que le weekend. Elle travaille trois mois au pôle diabète. «J’ai su tout de suite que c’était la voie que je voulais emprunter.»
 
Son mari et elle décident de se marier religieusement et elle cherche à nouveau un emploi à Montréal. Elle obtient un poste dans un centre local de services communautaires et prend ses nouvelles fonctions en mai de cette année. «J’ai 200 patients. Nous sommes une petite équipe de sept personnes dans la région.»
 
Sa plus grande fierté ? Il y a quelques années, une patiente lui a confié que la consultation avec elle avait changé sa vie et sa manière de gérer son diabète. Cette patiente a déclaré à la nutritionniste : «Je mange mieux. Mon diabète est stable. Mon médecin et mon pharmacien n’en reviennent pas !»
 
Vanessa Grimaud est d’avis qu’il n’est pas difficile pour un Mauricien de s’adapter au Canada, et plus particulièrement à Montréal, sauf pour le climat. «Notre bilinguisme nous avantage beaucoup. Mais il faut toujours recommencer à zéro car c’est l’expérience canadienne qui prime ici.»